Si les bourses européennes se sont bien comportées, ce n’est pas le cas ni du marché américain ni surtout des marchés asiatiques ce matin. La chute de 23% des actions Intel après la clôture et le recul de 7% des actions Amazon, qui consomment elles aussi leurs liquidités, ont fait baisser de 1,4% les contrats à terme sur le Nasdaq 100 et entraîné les fabricants de semi-conducteurs asiatiques dans une dégringolade.
Les Bourses européennes ont terminé en nette hausse jeudi, portées par les résultats trimestriels des entreprises, tandis que les annonces de la Banque centrale européenne (BCE) semblent avoir conforté les espoirs des opérateurs quant à une approche modérée de la part de Francfort, visant à freiner l’inflation sans nuire à la croissance. À Paris, le CAC 40 a terminé en hausse de 1,05% à 7.970,00 points. À Francfort, le Dax a pris 1,36% et à Londres, le FTSE 100 a avancé de 0,26%. L’indice EuroStoxx 50 a fini sur un gain de 0,64%, le FTSEurofirst 300 a gagné 0,77% et le Stoxx 600 a progressé de 0,82%. La BCE a, comme prévu, laissé jeudi son taux de dépôt inchangé à 2,50% après deux hausses plus tôt cette année, sans exclure un nouveau relèvement des coûts d’emprunt en décembre mais se montrant prudente quant aux risques pesant sur la croissance. Renault, qui a fait état jeudi d’un chiffre d’affaires supérieur aux attentes au troisième trimestre, a grimpé de 6,9%, en tête du CAC 40. TotalEnergies, qui a fait état jeudi d’un résultat net en forte hausse pour le troisième trimestre dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, a pris 1,1%. Société Générale a quant à lui grappillé de 0,74%, après un bénéfice net trimestriel supérieur aux attentes. Également à Paris, Pluxee a en revanche plongé de plus de 16% après avoir annoncé ses objectifs pour 2027 et « un scénario de réajustement plus étendu au Brésil ». Ailleurs en Europe, Shell, qui a enregistré au troisième trimestre son meilleur bénéfice net ajusté depuis 2022, s’est octroyé 2%.
Le SMI a terminé en hausse de 1,21%. Le podium du jour se compose de Sandoz (+4,4%), Amrize (+3,2%) et UBS (+2,9%). Le spécialiste des génériques et biosimilaires a rattrapé ses pertes de la veille, à l’issue d’un troisième trimestre décevant. L’action de l’ancienne filiale américaine d’Holcim (+2,6%) a renversé la vapeur en cours de séance, après avoir occupé un temps la lanterne rouge, au lendemain de la publication de résultats mitigés au troisième partiel. Le fournisseur américain de matériaux de construction a également abaissé ses perspectives pour l’exercice en cours. Les autres principales capitalisations du marché, les géants pharmas Novartis (+2,4%) et Roche (0,7%) ont aussi été recherchés. Celui de l’électrotechnique ABB (+0,3%) a aussi fini en zone verte. Dans le camp des perdants, le bon Lindt (-1,1%) a fini lanterne rouge derrière SGS (-0,9%) et Sonova (-0,6%).
Les rendements de référence de la zone euro ont reculé jeudi après les annonces de la BCE. Celui du Bund allemand à dix ans a perdu environ 2,5 points de base à 3,3579%, tandis que celui du titre à deux ans, le plus sensible aux anticipations sur les taux, a abandonné 5,6 points de base à 3,0495%. Aucun répit en revanche pour la dette souveraine française, le rendement de l’OAT à dix ans terminant la séance sur un gain de 3,5 points de base à 4,9146%.
Les marchés américains ont cédé du terrain jeudi, pénalisés par la chute d’Alphabet et les nouvelles déceptions dans les logiciels, qui ont ravivé les inquiétudes concernant la rentabilité des investissements dans l’intelligence artificielle après trois séances de répit. Les résultats d’entreprises ont toutefois provoqué une importante rotation sectorielle, permettant aux valeurs défensives de largement surperformer les géants technologiques, dans un contexte de statistiques économiques toujours solides. Dans ce contexte, le S&P 500 recule de 0,30% à 7 720,4 points, le Dow Jones de 0,25% à 52 342,6 points et le Nasdaq 100 plonge de 1,38%. La principale déconvenue est venue d’Alphabet (-13%), qui a pourtant enregistré une croissance de 25% de son chiffre d’affaires au troisième trimestre, à 127,6 MdsUSD. Les éditeurs de logiciels ont également subi une sévère correction, avec ServiceNow (-27%) et Fortinet (-26%) particulièrement malmenés après leurs publications trimestrielles. La défiance s’est également propagée aux semi-conducteurs, après des résultats de Samsung accueillis froidement en Corée du Sud. Micron (-5%), Nvidia (-1%) et AMD (-2%) reculent, tandis que Marvell Technology plonge de 14% après des informations de Bloomberg évoquant un possible rachat du spécialiste des équipements optiques Lumentum (+1%). Les déceptions ne se limitent toutefois pas à la technologie, puisque Caterpillar (-9%) a également été sanctionné malgré des bénéfices supérieurs aux attentes et un carnet de commandes record.
Aux Etats-Unis, l’aversion au risque, dans un contexte de craintes liées à l’IA, pousse les investisseurs à se réfugier dans les obligations: le rendement des Treasuries à dix ans perd 4,6 points de base à 4,9989%, tandis que celui du titre à deux ans abandonne 6,9 points de base à 4,6663%.
L’euro est tombé à son plus bas niveau face au dollar depuis mai, avant de s’inscrire en hausse de 0,11% sur la séance, autour de 1,1163 dollar. L’euro a reculé de 0,23% face à la livre, à 0,834. Le dollar a reculé de 0,13%, à 0,827 franc suisse. Le yen japonais s’est déprécié de 0,04% face au billet vert, à 157,87 yens pour un dollar. Le dollar néo-zélandais était stable, à 0,5625 dollar, après avoir chuté de près de 2% à la suite de la décision surprise prise mercredi par la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande de maintenir ses taux à 2,75%.
L’or au comptant reculait de 1,1%, à 4 024,10 dollars l’once. L’argent au comptant a reculé de 2,7%, à 52,51 dollars l’once, le platine a chuté de 3,5%, à 1’479,20 dollars, et le palladium a cédé 0,7%, à 1 004,11 dollars.
Ce matin en Asie : Le Nikkei reculait de 2,8%, après avoir chuté jusqu’à 3% plus tôt dans la séance, pénalisé par les poids lourds des équipements pour semi-conducteurs Advantest et Tokyo Electron, qui plongeaient respectivement de 9,1% et 5,6%. L’indice composite de Shanghai, principal baromètre des actions chinoises, a ouvert en baisse de 1,3%. L’indice Shenzhen Component a reculé de 2,4%. L’indice de référence KOSPI (Korea Composite Stock Price Index) reculait de 5,3%. Le KOSPI a reculé de 18% depuis le début du mois, après deux mois consécutifs de hausse. Le fabricant de puces Samsung Electronics a reculé de 5,93%, tandis que son concurrent SK Hynix a perdu 8,58%.
Le cuivre à trois mois de référence sur la Bourse des métaux de Londres (LME) reculait de 0,25%. Parmi les autres métaux du LME, l’aluminium progressait de 0,13 %, le zinc reculait de 0,19 %, le plomb cédait 0,1%, le nickel gagnait 0,8% et l’étain abandonnait 0,48%.
Les contrats à terme sur le brut Brent ont gagné 86 cents, soit 0,75%, à 115,74 dollars le baril. Les contrats à terme sur le brut West Texas Intermediate (WTI) américain ont progressé de 72 cents, soit 0,71%, à 102,72 dollars. Sur le mois, le Brent était en passe de terminer en hausse de près de 14%, tandis que le WTI s’orientait vers un bond de 15%, pour clôturer au-dessus de 100 dollars pour la première fois depuis avril.
Les contrats à terme sur le blé à Chicago ont progressé pour la deuxième séance consécutive vendredi, les exportations américaines vigoureuses et les informations selon lesquelles la Chine s’intéresserait à des achats de blé américain ayant interrompu un recul qui avait ramené les cours plus tôt dans la semaine à leur plus bas niveau depuis près de quatre mois. Les contrats à terme sur le maïs ont légèrement reculé et le soja est resté inchangé, la récolte américaine en cours pesant sur les cours en injectant de nouvelles disponibilités sur le marché.