Métaux, actions, taux... toutes ces classes d'actifs ont payé en 2025. Dans un environnement géopolitique instable, les métaux précieux ont affiché les meilleures performances. La palme revient à l'argent et ses 148% de progression. Les actions mondiales ont de leur côté affiché une troisième année de hausse consécutive, mais cette fois avec une sous-performance des Etats-Unis. Enfin, les obligations affichent leur meilleure année depuis 2020, dans un contexte de baisse des taux des banques centrales.
Matières premières
Energie : le pétrole a lourdement chuté en 2025, lesté par un excès d’offre. Malgré de nombreuses tensions géopolitiques, les inquiétudes concernant un surplus d’offres ont dicté la tendance. Les deux principales références mondiales, le Brent et le WTI, ont cédé 18,60% et 20% en 2025. La dynamique de l’offre explique cette chute des prix. L’OPEP et ses alliés (OPEP+) ont augmenté leur production de 2,9 millions de barils par jour depuis avril 2025 alors qu’en parallèle, la production américaine se maintient à des niveaux élevés. L’année 2025 a pourtant connu de fortes perturbations géopolitiques. Les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient ont menacé les chaînes d’approvisionnement. En juin, les tensions entre l’Iran et Israël ont perturbé le détroit d’Ormuz. Plus récemment, le président Donald Trump a ordonné un blocus des exportations vénézuéliennes. Toutefois, ces événements n’ont provoqué que des sursauts temporaires. Le marché considère que l’offre mondiale suffit à compenser ces risques, d’autant plus que le marché n’a jusqu’à présent jamais été confronté à une réelle perturbation des approvisionnements.
Métaux précieux : contrairement au pétrole, les métaux précieux ont enregistré des performances historiques en 2025. La médaille d’or revient à l’argent, dont le cours a bondi de 147%. Cette envolée s’explique par la double nature du métal : valeur refuge et matière première industrielle. La demande reste importante sous l’effet des besoins accrus pour les panneaux solaires et l’électronique. Le classement de l’argent comme minéral critique aux États-Unis a également renforcé l’intérêt des investisseurs. Parallèlement, le marché fait face à des stocks faibles et à une offre insuffisante, créant une tension sur les prix. Le millésime 2025 est également exceptionnel pour l’or, qui a progressé de 64,60% en 2025. Il s’agit de la plus forte progression annuelle du métal jaune depuis plus de 40 ans. Plusieurs facteurs ont alimenté cette hausse. Premièrement, la chute du dollar américain, rendant l’or plus attractif pour les détenteurs d’autres devises. Deuxièmement, les achats des banques centrales, qui ont massivement acheté de l’or pour diversifier leurs réserves et réduire leur dépendance au dollar américain. Par ailleurs, les tensions internationales persistantes ont renforcé le statut de valeur refuge du métal. Enfin, les baisses de taux d’intérêt, actées et anticipées, continuent de soutenir les cours, car l’or ne verse pas de rendement et profite donc d’un environnement de taux bas.
Métaux industriels : le cuivre confirme son rôle central dans nos sociétés modernes. Le « baromètre » de l’économie mondiale a vu son prix progresser de 43% pour atteindre 12’510 USD la tonne métrique à Londres (prix cash). La demande est tirée par deux moteurs structurels: le développement des centres de données pour l’intelligence artificielle (IA) et l’expansion des énergies renouvelables. Du côté de l’offre, des accidents majeurs dans des mines en Indonésie, en République démocratique du Congo et au Chili ont perturbé la production. Dans ce cadre, l’offre mondiale peine à suivre la demande. Le contexte politique américain a également joué un rôle clé. La menace de Donald Trump d’imposer des droits de douane de 50% sur les importations de cuivre a provoqué une ruée des importateurs américains pour sécuriser leurs stocks, accentuant la hausse des prix.
Produits agricoles : le secteur agricole a connu une année 2025 difficile. La majorité des produits terminent l’année en baisse. L’augmentation de l’offre mondiale et une demande souvent atone expliquent cette tendance générale. Les cours du blé (-8% en 2025) et du maïs (-4%) ont perdu du terrain à Chicago, lestés par une production et des stocks mondiaux qui restent élevés. Le soja (+3,60%) s’en sort mieux grâce à un réchauffement des relations diplomatiques entre Pékin et Washington, qui a permis une reprise des importations chinoises de soja américain.

Macroéconomie
Macro : si les droits de douane de Donald Trump ont fait craindre le pire pour la croissance mondiale au printemps, l’année 2025 se termine bien. Les Etats-Unis continuent à afficher une croissance solide, avec l’IA comme principal moteur. L’Europe résiste plutôt bien, tandis que la Chine devrait atteindre son objectif de croissance de 5%. Alors que le commerce avec les Etats-Unis a nettement diminué, les exportations vers le reste du monde ont soutenu l’activité. L’environnement macro reste soutenu par des banques centrales accommodantes. Bank of America en a recensé 157 cette année parmi les 100 plus importantes. La Fed a baissé ses taux trois fois en fin d’année, et la BCE quatre fois au cours du premier semestre. En revanche, la Banque du Japon est dans une dynamique opposée. Elle a remonté les taux deux fois en 2025 dans une logique de normalisation de sa politique monétaire. Les baisses de taux des banques centrales ont favorisé la performance des obligations (qui montent lorsque les taux baissent). L’indice de référence de Morningstar qui suit les obligations d’Etat et investment grade a affiché une hausse de 7,3%, soit la meilleure année depuis 2020. Du côté des cryptos, l’année a été mouvementée. Portée par une administration américaine pro-crypto, le Bitcoin a franchi la barre des 125’000 dollars début octobre, avant de chuter sur le dernier trimestre, pour terminer l’année en repli d’environ 7%.