Le «Korea Discount» désigne la tendance des investisseurs à valoriser les actions sud-coréennes à un niveau inférieur en raison d’un manque de confiance dans la gouvernance des entreprises. Désormais, le pays souhaite redorer durablement son image sur les marchés financiers grâce à des réformes. Son modèle: le Japon.
Par Carsten Roemheld, stratégiste marchés financiers
La Corée du Sud fait partie des économies les plus avancées d’Asie. Le pays est fortement exportateur, possède un secteur industriel diversifié et affiche une compétitivité mondiale dans des secteurs clés tels que les semi-conducteurs, l’électronique et l’automatisation. Pourtant, les actions cotées en Corée du Sud subissent depuis de nombreuses années une décote marquée. Les analystes parlent alors du «Korea Discount». Celui-ci ne résulte pas de doutes quant à la solidité opérationnelle des entreprises, mais reflète plutôt des réserves institutionnelles vis-à-vis de leur gouvernance.
Actuellement, les critères selon lesquels les investisseurs internationaux évaluent l’Asie évoluent. Au-delà des perspectives de croissance à court terme, des vertus telles que la discipline financière, la gouvernance d’entreprise et un cadre institutionnel solide gagnent en importance. Le Japon fait ici figure de référence.
Ces dernières années, le Japon a justement cherché à réduire de manière ciblée les décotes structurelles. La Bourse de Tokyo a accentué la pression sur les sociétés cotées afin qu’elles utilisent leur capital plus efficacement, réduisent l’excès de liquidités et communiquent de façon plus transparente. Les droits des investisseurs ont été renforcés et le dialogue entre entreprises et acteurs du marché s’est intensifié. La gouvernance d’entreprise est alors passée d’une formalité à un véritable levier de création de valeur.
Désormais, la Corée du Sud se trouve à la même croisée des chemins. La dynamique économique reste élevée, les secteurs stratégiques bénéficient de la vague mondiale de l’IA et de nombreuses entreprises figurent parmi les meilleures au monde sur le plan opérationnel. Reste à savoir si la force industrielle pourra, grâce à des réformes institutionnelles, se traduire durablement par une valorisation boursière plus élevée.
La réforme sud-coréenne: plus d’obstacles, moins de contraintes
Par le biais d’un programme «Value-up», le gouvernement sud-coréen tente précisément d’atteindre cet objectif. Les ambitions sont similaires à celles du Japon: discipline du capital, hausse des distributions, meilleure prise en compte des actionnaires et plus de transparence. La différence réside cependant dans la méthode. Au Japon, on applique le principe du «Comply or explain»: les entreprises doivent soit appliquer les recommandations, soit justifier les écarts. Grâce aux exigences légales de la Bourse de Tokyo et aux critères stricts d’admission, ces recommandations sont effectivement mises en œuvre. La Corée du Sud mise pour l’instant davantage sur le volontariat et les incitations.
Pour les acteurs du marché, cette différence est déterminante. Au Japon, lorsque les attentes sont clairement formulées et suivies, la confiance s’installe. Si elles restent, comme c’est le cas jusqu’à présent en Corée du Sud, non contraignantes, le scepticisme domine et la décote persiste.
S’y ajoutent des spécificités structurelles dans la composition de l’actionnariat et la gouvernance d’entreprise. Les puissants conglomérats familiaux, appelés « chaebols », façonnent l’économie sud-coréenne. Un régime fiscal avec des droits de succession élevés favorise, lors des transferts générationnels, de faibles valorisations, tandis que les dividendes sont relativement fortement imposés. On constate alors une tension : alors que les réformes visent à valoriser les entreprises, les principaux groupes d’actionnaires tirent profit de cours bas. Tant que cela ne change pas, les experts n’anticipent pas la disparition du «Korea Discount».
Sur les marchés financiers, le rallye des actions sud-coréennes au second semestre 2025 a été porté par un afflux soudain de capitaux internationaux. Principalement, quelques valeurs du secteur des semi-conducteurs comme Samsung Electronics et SK Hynix en ont profité. Début 2026, la dynamique boursière reste concentrée sur quelques poids lourds des semi-conducteurs, de l’automatisation et de l’industrie. La capitalisation boursière des actions sud-coréennes a récemment dépassé celle de la Bourse allemande, soulignant ainsi l’attention accrue des investisseurs internationaux. Néanmoins, le boom des grandes valeurs masque le fait qu’une réévaluation large et structurelle n’a pas encore eu lieu.
La puissance technologique ne suffit pas, à elle seule, sur les marchés financiers. Le «Korea Discount» montre que les investisseurs accordent autant d’importance à une gouvernance fiable qu’aux perspectives cycliques. Le Japon a démontré comment des réformes peuvent instaurer la confiance. Pour la Corée du Sud, la capacité à résoudre les conflits d’intérêts entre grands actionnaires et investisseurs minoritaires sera déterminante.
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