En Europe, l’environnement macro-économique reste marqué par une croissance modérée, avec des indicateurs d’activité en décembre toujours hétérogènes selon les pays et les secteurs. Aux Etats-Unis, l’économie demeure dans l’ensemble résiliente et dans les économies émergentes, la dynamique économique est restée favorable.
Europe
En Europe, l’environnement macro-économique reste marqué par une croissance modérée, avec des indicateurs d’activité en décembre toujours hétérogènes selon les pays et les secteurs. La dynamique demeure fragile, reflétant à la fois le resserrement monétaire cumulé des dernières années et une demande intérieure en demi-teinte. Le marché du travail a cependant continué à faire preuve de résilience, ce dont témoignent les chiffres de l’emploi globalement solides. L’inflation, proche de l’objectif de la BCE, a poursuivi sa trajectoire de normalisation. La banque centrale a maintenu l’ensemble de ses taux directeurs inchangés, confirmant la stabilisation de sa politique monétaire. Au Royaume-Uni, la Banque d’Angleterre a réduit son taux directeur de 25 points de base à 3,75%, après une baisse plus marquée que prévu de l’inflation et des signes de ralentissement de l’activité et du marché du travail. L’incertitude politique a persisté dans plusieurs grands pays européens, du fait des interrogations sur leurs trajectoires budgétaires, tensions de nature à fragiliser les perspectives de croissance.
Dans ce contexte, les marchés obligataires européens ont évolué de manière contrastée, sur fond de hausse des rendements souverains et de différences marquées en termes de performance selon les segments de crédit. Les obligations souveraines allemandes ont sous-performé sur le mois, les rendements des Bunds à plus longue maturité atteignant leurs niveaux les plus élevés depuis plusieurs années. Les titres à 7–10 ans ont ainsi enregistré une hausse de rendement de 17 points de base, atteignant 2,76% à fin décembre. Ce mouvement a en outre été influencé par l’évolution à la hausse des taux longs américains. Dans ce contexte, le segment Investment Grade a affiché une performance légèrement négative (-0,14%), pénalisé par sa sensibilité aux mouvements de taux, malgré des spreads globalement stables. À l’inverse, le Haut Rendement a enregistré une performance positive (+0,35%), soutenu principalement par l’effet de portage et par un environnement technique qui lui reste favorable. Le rendement du marché corporate européen s’établit en fin de mois à 5,29%.
Etats-Unis
Aux Etats-Unis, l’économie demeure dans l’ensemble résiliente. La majorité des indicateurs continuent de signaler une dynamique de croissance robuste. Dans le même temps, l’inflation a confirmé son ralentissement en décembre, même si certaines données ont été encore partiellement perturbées par la fermeture des administrations fédérales. Dans ce contexte, la Fed a abaissé son taux directeur de 25 points de base, le portant dans la fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%. Cette décision a contribué à ramener les coûts d’emprunt à leurs plus bas niveaux depuis fin 2022, alors que le marché du travail connaît désormais un réel ralentissement, certes progressif. Sur les marchés des matières premières, les prix du pétrole ont reculé d’environ -2% sur le mois, pénalisés par une situation d’offre excédentaire persistante et par des signes d’affaiblissement de la demande. Le dollar américain s’est déprécié de -1,1% par rapport à son panier de devises principales, portant son recul à -9,4% sur l’ensemble de l’année 2025. Cette évolution s’inscrit dans ce contexte d’assouplissement monétaire et traduit un appétit accru des investisseurs pour les actifs risqués, réduisant la demande pour le billet vert. À l’inverse, l’or a progressé de +2,9% sur le mois, atteignant un nouveau record historique, et a terminé l’année en très forte hausse (+65%). Sur le plan géopolitique, la capture de Nicolás Maduro au Venezuela par les forces spéciales américaines a remis les enjeux de défense au premier plan. Cet événement a été suivi par de nouvelles déclarations de Donald Trump concernant sa volonté d’annexer le Groenland, ce qui a contribué à alimenter un climat géopolitique plus tendu et une vigilance accrue des investisseurs face aux risques internationaux.
Les marchés obligataires américains ont affiché des performances mitigées en décembre, dans un environnement de forte volatilité des rendements des bons du Trésor. Les mouvements ont été hétérogènes tout le long de la courbe des taux. Les rendements à court terme ont reculé en fin de période, tandis que les maturités longues ont progressé. Les rendements souverains à 7–10 ans ont ainsi augmenté de 15 points de base pour atteindre 4,06% en fin de mois. Cette configuration reflète la combinaison de plusieurs facteurs, notamment la baisse des taux directeurs, la modération des pressions inflationnistes et les données mitigées sur l’emploi. Les marchés du crédit corporate ont quant à eux plutôt bien résisté. Les spreads se sont globalement resserrés. Ils évoluent à des niveaux proches de leurs plus bas observés depuis de nombreuses années, traduisant un environnement technique qui a été très favorable pour la classe d’actifs, allié à une perception du risque de crédit toujours stable. Le segment Haut Rendement a largement surperformé l’Investment Grade sur le mois, avec des performances respectives de +0,60% et -0,26%. Celui-ci a bénéficié en effet d’un portage plus élevé et d’une sensibilité moindre à la hausse des taux longs. En fin de mois, le rendement du marché corporate américain s’établit 6,56%.
Emergents
Dans les économies émergentes, la dynamique économique est restée favorable en décembre. La hausse des bénéfices demeure soutenue au niveau des entreprises, tandis que le renforcement progressif de la croissance du PIB mondial et l’assouplissement de la politique monétaire dans de nombreux pays ont contribué à améliorer les perspectives. Dans ce contexte, même des chocs géopolitiques significatifs, comme les événements récents au Venezuela, ont eu un impact étonnamment limité sur les marchés.
Les flux d’investissement à destination des marchés émergents ont nettement rebondi pour atteindre 36,7 milliards de dollars en décembre, après des sorties de 5,4 milliards enregistrées en novembre. La dette a constitué le principal moteur de cette reprise, avec 29,4 milliards de dollars d’entrées. Sur le crédit, les obligations Investment Grade ont affiché des performances quasi stables (-0,04%), tandis que le segment Haut Rendement a enregistré une performance plus solide (+0,89%), bénéficiant également d’un effet de portage attractif et d’un resserrement des spreads de crédit. En fin de mois, le rendement du marché obligataire émergent s’établit à 7,31%.
Entreprises en vue
PeopleCert Wisdom (EU)
PeopleCert, fournisseur britannique de certifications et d’évaluations basées sur des examens pour les qualifications en informatique et en langues, a émis 300 millions d’euros d’obligations senior garanties à échéance 2031, afin de refinancer ses échéances 2026. Ce refinancement coïncide avec l’acquisition transformante de City & Guilds pour 150 millions de livres sterling. L’intégration de City & Guilds devrait plus que doubler le chiffre d’affaires de PeopleCert, bien qu’elle augmente l’effet de levier d’au moins 1,5x, ce qui porte le ratio d’endettement total à environ 4,0x. Cette acquisition s’aligne parfaitement sur la stratégie de PeopleCert, en étendant sa présence à de nouveaux segments de certifications et de qualifications. Avant l’acquisition, PeopleCert bénéficiait d’un solide flux de trésorerie disponible, soutenu par un modèle léger en actifs et des marges élevées. Après l’acquisition, la génération de trésorerie devrait rester stable, avec une possible accélération à partir de l’exercice 2027, à mesure que l’intégration de City & Guilds sera réalisée. Si cette intégration se déroule comme prévu au cours des deux prochaines années, l’entreprise pourrait à nouveau réduire rapidement son endettement.
Coty (US)
Coty, important groupe américain de cosmétiques, a annoncé la cession de sa participation résiduelle de 25,8% dans Wella à KKR et prévoit d’utiliser le produit de cette opération pour réduire son endettement. Coty percevra un paiement initial en numéraire de 750 millions de dollars, ainsi que 45% des produits d’une éventuelle introduction en bourse de l’activité, après atteinte du rendement préférentiel de KKR. Le mois dernier, Coty a publié des résultats décevants, avec un recul de -18% de son EBITDA ajusté au titre du 1er trimestre 2025/2026, sur un chiffre d’affaires net lui aussi en baisse, de -6% (-8% à périmètre comparable). Le levier financier à fin septembre s’établissait à 3,7x. Toutefois, le management a indiqué anticiper une forte génération de trésorerie au cours de la seconde partie du 1er semestre, qui permettrait de ramener le levier à 3,5x. Soutenue par la cession mentionnée ci-dessus, l’entreprise a également réaffirmé son objectif de réduction du levier net à environ 3,0x à moyen terme.
Aegea (EM)
Aegea, la plus grande entreprise brésilienne de distribution d’eau et de traitement des eaux usées, a déposé une demande auprès de la Commission brésilienne des valeurs mobilières (CVM) afin de convertir son enregistrement d’émetteur de la catégorie B vers la catégorie A, une démarche qui lui permettrait d’accéder à la cotation en bourse. L’actionnariat actuel est composé d’Equipav (52,7%), de GIC (34,3%) et d’Itaúsa (12,9%). Plus tôt, Aegea avait publié des résultats solides pour le 3e trimestre 2025, avec des hausses en glissement annuel de 24% de son chiffre d’affaires net pro forma et de 29% de son EBITDA ajusté.
Date de rédaction : 12/01/2026
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