La stabilisation de la croissance économique américaine dans un contexte de relance budgétaire et monétaire sans précédent a soulevé des questions sur la probabilité d'un retour de l'inflation. Jim Cielinski, responsable mondial de la gestion obligataire, et Andrew Mulliner, gérant de portefeuilles obligataires, tous deux membres de l’Investment Strategy Group (ISG) pour la gestion obligataire, expliquent pourquoi ils n’anticipent pas de risques significatifs de flambée d'inflation dans les prochaines années, tout en soulignant que des hausses à court terme sont possibles et que les investisseurs doivent vérifier la diversification que leur portefeuille obligataire procure.

Points importants

  • L’inflation a longtemps été une préoccupation secondaire, mais les investisseurs se demandent à présent si les mesures de relance budgétaire et monétaire historiques pourraient entraîner un retour de l’inflation.
  • Selon nous, il est peu probable que l’inflation augmente de manière importante dans les prochaines années. Il faudra en effet du temps pour que le chômage recule et que la demande de biens et de services dépasse l’offre. En fait, le produit intérieur brut (PIB) des États-Unis ne devrait revenir aux niveaux d’avant la pandémie qu’en 2022.
  • Des hausses de l’inflation à court terme sont toutefois plus probables. La faiblesse des rendements des bons du Trésor américain ne compensant guère les risques associés, les investisseurs devraient se concentrer sur la génération de revenus et la diversification de leurs portefeuilles obligataires.

 

Jim Cielinski, CFA
Responsable mondial de la gestion obligataire

Pour la plupart des investisseurs, l’inflation a longtemps été une préoccupation secondaire. Depuis plus de deux décennies, l’inflation des prix à la consommation (IPC) aux États-Unis oscille autour de 2 %, et bien qu’il y ait eu quelques écarts importants par rapport à cette fourchette, tant à la hausse (en 2008, une envolée des prix du pétrole a fait bondir l’inflation au-dessus de 5 %) qu’à la baisse (après la crise financière mondiale, l’inflation a chuté à – 2 %), l’inflation moyenne est obstinément demeurée en dessous de l’objectif. La décennie qui s’est écoulée depuis la crise financière mondiale a en effet été dominée par les banques centrales du monde entier qui ont essayé de relancer leurs économies et de ramener leurs taux d’inflation vers l’objectif fixé en abaissant les taux d’intérêt et en les amenant parfois en territoire négatif.

Andrew Mulliner, CFA
Responsable des stratégies Global Aggregate et Gérant de portefeuille

Le choc inattendu provoquée par la COVID-19 a incité la Réserve fédérale américaine (Fed) à ramener son taux principal directeur à zéro pour la deuxième fois depuis 2000 (après l’avoir fait au cours de la crise financière mondiale) alors que l’IPC chutait d’environ 2,4% à 1,2%. Les banques centrales ont lancé des politiques d’assouplissement quantitatif sans précédent dans tous les pays développés. Elles ont procédé à l’achat direct d’obligations pour injecter des liquidités sur les marchés financiers et assouplir les conditions financières à la fois pour le secteur privé et pour soutenir les crédits destinés à l’économie réelle. Consciente qu’elle n’a pas réussi à atteindre son objectif d’inflation jusqu’à présent et que sa politique monétaire semble de moins en moins efficace, la Fed a mis sa crédibilité en jeu et a confirmé sa promesse d’atteindre son objectif de stabilité des prix. Au cours de l’été, elle a annoncé qu’elle allait modifier son objectif de 2 % d’inflation pour une moyenne à long terme de 2%. De plus, la Fed s’est engagée à agir pour optimiser les opportunités d’emploi, délaissant son approche précédente qui consistait à fixer une attente de niveau d’emploi maximum soutenable. La subtile différence entre l’ancienne et la nouvelle approche a confirmé que la Fed n’avait pas l’intention de «ramer à contre-courant» de l’économie et de relever à nouveau les taux d’intérêt si l’inflation s’approchait de 2 %. À l’opposé, elle attendrait que l’inflation atteigne réellement ce niveau ou peut-être même le dépasse un peu. En bref, la Fed est passée à une posture de réalité où seule une hausse de l’inflation avérée déclencherait une réaction.

Dans l’intervalle, les gouvernements ont mis en oeuvre des programmes de relance sans précédent, injectant des milliers de milliards de dollars dans leurs économies. Les économies s’étant stabilisés au fil des mois, les investisseurs ont commencé à se demander de plus en plus: où va finir tout cet argent? L’assouplissement quantitatif extraordinaire et les dépenses budgétaires historiques entraîneront-ils un retour de l’inflation?

 

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