Alors que la saison des publications de résultats du premier trimestre 2022 bat son plein, les publications des GAFAM, ces mastodontes américains de la tech, reflètent à merveille les difficultés que traverse l’économique mondiale.

Par Clément Inbona, Fund Manager et Olivier de Berranger, CIO

 

Clément Inbona
Clément Inbona, fund manager

Conflit en Ukraine, hausse des salaires, difficultés d’approvisionnement, règlementation accrue, hausse du prix de l’énergie: chacun de ces obstacles a impacté directement une ou plusieurs sociétés de ce quintet majeur.

GOOGLE, le géant de la publicité en ligne, a souffert directement du conflit en Ukraine avec la suspension de ses services publicitaires en Russie. Mais c’est aussi l’ensemble du marché européen qui pèse sur ses revenus publicitaires. Car comme dans toute période d’incertitude, les budgets communication sont la première variable d’ajustement pour diminuer les charges des sociétés.

APPLE, la firme de Cupertino, a publié un chiffre d’affaires au-delà des attentes mais a revu ses ambitions pour le deuxième trimestre pour deux raisons principales. La première vient de l’Empire du Milieu, actuellement confronté à une vague sanitaire mettant à mal la digue « zéro Covid » érigée par le pouvoir central. Ainsi les mises sous cloche de Shenzhen, la Silicon Valley chinoise, puis de Shanghai, empêtrée dans une véritable pagaille navale, font-elles craindre des difficultés de production et de transport pour les mois à venir. Pour APPLE également, la décision de se couper du marché russe, est déjà, dommageable économiquement.

Olivier de Berranger
Olivier de Berranger, CIO

FACEBOOK, rebaptisé META il y a peu, réussit à renouer avec la croissance de ses utilisateurs mais déçoit sur ses résultats. Encore un acteur qui souffre du ralentissement du marché publicitaire européen. Ce trimestre, META peine principalement à cause des nouvelles règles mises en place par APPLE visant à protéger les données de ses utilisateurs, le ciblage publicitaire devient alors moins précis et donc moins efficace. Sur l’année 2022, le groupe estime que cela le privera de la bagatelle de 10 milliards de dollars de revenus. Bien que cette règlementation ne provienne pas d’un acteur public, nous constatons le risque que celle-ci fait peser sur des entreprises de cette taille.

AMAZON, coincée entre une hausse des coûts salariaux et l’augmentation des coûts de transport, affiche des pertes au premier trimestre. Certes, celles-ci sont largement liées à un investissement infructueux dans le « Tesla des camions » – RIVIAN, mais l’activité de distribution est en souffrance au sein du groupe et l’oblige à revoir à la baisse ses prévisions pour 2022.

Enfin, MICROSOFT, dernière lettre de l’acronyme GAFAM, mais sans doute première par la qualité de ses résultats au premier trimestre, continue de bénéficier du courant porteur de la numérisation pour sa plateforme de cloud Azure. LinkedIn, porté par un marché du travail en tension, voit ses revenus en hausse de 34%. Par ailleurs, la division de produits informatiques physiques Surface croît de 11%.

Si ces acteurs font face à des difficultés microéconomiques, la macroéconomie ne leur est pas non plus favorable en ces temps agités. Le mouvement de hausse des taux affecte mécaniquement l’attractivité de leur valorisation à la baisse. Depuis le début de l’année, la baisse du cours de ces cinq entreprises équivaut peu ou prou au double de la baisse du S&P 500. Mais le succès de ces géants s’est bâti sur l’innovation et la croissance, et les voies pour en retrouver le chemin semblent nombreuses : cloud, metaverse, innovation hardware… Pour un rebond coïncidant avec celui de l’économie mondiale?

 

Rédaction achevée le 29.04.2022


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