Les incertitudes sur la situation au Moyen-Orient, la nouvelle poussée des cours pétroliers et surtout la forte correction des semi-conducteurs ont lourdement pesé sur la tendance la semaine passée, les principaux indices ayant pour la plupart décroché. La volatilité est donc remontée d'un cran durant cette période estivale, d'autant que les publications de sociétés engendrent des décalages de cours importants. Cette phase de nervosité pourrait perdurer dans les semaines à venir, au gré des annonces.

Matières premières

Energie : Le pétrole a poursuivi sa hausse cette semaine, soutenu par l’escalade militaire entre les Etats-Unis et l’Iran. Le Brent évolue autour de 85,60 USD le baril, tandis que le WTI se négocie au-dessus de 80 USD. Les deux références gagnent près de 12% sur la semaine. Le marché reste concentré sur le détroit d’Ormuz. Le trafic de pétroliers y demeure réduit, même si Washington affirme que plus de 100 navires ont pu transiter avec un soutien militaire américain. Les tensions s’étendent aussi à la mer Rouge, après des informations selon lesquelles Téhéran aurait demandé aux Houthis de se tenir prêts à perturber cette route maritime. Les stocks renforcent cette tension. Selon l’EIA, les stocks américains de brut ont reculé la semaine dernière et restent proches de leurs plus bas niveaux depuis 2022.

Métaux : L’or a connu une semaine difficile. Le métal jaune a reculé d’environ 3%, sa plus forte baisse hebdomadaire en six semaines, malgré un léger rebond en fin de période autour de 4’000 USD l’once. Les chiffres de l’inflation américaine plus faibles que prévu ont d’abord soutenu les cours, en pesant sur le dollar et les rendements obligataires. Mais cet effet a été rapidement effacé par la hausse du pétrole, alimentée par les tensions entre les États-Unis et l’Iran. La progression du brut ravive les craintes d’inflation. Elle réduit aussi l’espoir d’un assouplissement rapide de la Réserve fédérale. Plusieurs responsables de la Fed ont évoqué la possibilité de taux plus élevés si l’inflation ne ralentissait pas davantage. Sur le cuivre, le marché reste partagé. Les cours se stabilisent à Londres autour de 13’600 USD malgré des données économiques décevantes en Chine, premier consommateur mondial de métaux. Le PIB chinois a ralenti à son rythme le plus faible en trois ans et demi, pénalisé par une demande intérieure fragile. En parallèle, les risques sur l’offre soutiennent les prix, ou du moins, limitent la baisse. Rio Tinto a annoncé une baisse de 7% de sa production de cuivre au deuxième trimestre, tandis qu’Antofagasta a fait état d’un recul de 9,5% au premier semestre.

Produits agricoles : Les céréales ont profité d’un regain de tensions en mer Noire, zone clé pour les exportations mondiales. Le blé coté à Chicago a fortement progressé sur la semaine, malgré quelques prises de bénéfices vendredi. Le contrat le plus actif (septembre 2026) se négocie autour de 675 cents le boisseau. Le marché reste attentif aux risques pesant sur les flux russes et ukrainiens, après de nouvelles attaques de drones contre des navires en mer Noire et en mer d’Azov. Ces incidents renforcent les craintes de perturbations logistiques dans une région qui joue un rôle central dans le commerce mondial du blé.

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Macroéconomie

Macro : Si vous avez des semiconducteurs dans votre portefeuille, vous savez que la plus-value latente de votre ligne a subi une cure d’amaigrissement au cours de ces dernières semaines. Ainsi c’est tout l’écosystème qui subit des prises de bénéfices, allant de la Corée du Sud aux Etats-Unis en passant, dans une moindre mesure, par l’Europe. Même si le marché peine à retrouver de l’allant, il se montre toujours très résilient, aidé par les révisions des perspectives bénéficiaires des entreprises. Ainsi, la rotation sectorielle actuellement en cours ne doit pas être perçue comme les prémices d’un retournement du marché mais comme un changement de paradigme. A ce titre, la surperformance des small caps est un élément encourageant et montre un élargissement de la participation qui devrait, à terme et sauf incident géopolitique majeur, se traduire par une poursuite de la hausse. Comme de coutume, les clés de lecture d’un potentiel regain de tension restent les mêmes: le pétrole et le dollar.

Crypto : Comme la semaine dernière, le bitcoin reste scotché autour des 63’500 USD. Cela fait désormais neuf mois que le BTC évolue dans un marché baissier après avoir atteint 126’000 USD en octobre dernier. Pour la deuxième semaine consécutive, les ETF Bitcoin Spot enregistrent peu de mouvements, avec des sorties nettes de 56 MUSD. On est loin des milliards de dollars de flux observés il y a encore quelques semaines. Une preuve que, pour l’instant, les investisseurs continuent de délaisser le bitcoin et, plus largement, les cryptomonnaies. Concernant les autres cryptos, l’ether (ETH) reste lui aussi stable autour des 1’815 USD, tandis que Solana (SOL) recule davantage, en baisse de 3,8% à 74 USD. Le Binance Coin (BNB) suit la même tendance avec un repli de 2,8%, autour de 559 USD.

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Le très stratégique et très volatil compartiment des semiconducteurs subit de sévères dégagements depuis ses pics de la fin du mois de juin. Trop vite, trop fort, trop haut, estiment certains investisseurs. Cela pèse nécessairement sur le contexte général, même si les autres secteurs en profitent pour reprendre un peu de place.

En tout cas, c’est reparti pour une avalanche de résultats trimestriels. Novartis, Roche, Nestlé, SAP, TotalEnergies et BNP Paribas passeront au révélateur cette semaine en Europe. Aux Etats-Unis, les têtes d’affiche s’appellent Alphabet, Tesla, Intel et Philip Morris.

La Banque centrale européenne sera aussi au rendez-vous, jeudi, avec un probable statu quo sur les taux directeurs. La semaine s’achèvera vendredi sur les indicateurs d’activités PMI de juillet en Europe et aux Etats-Unis.