Avec l'intensification de la saison des résultats, la montée des tensions au Moyen-Orient et la flambée des cours pétroliers, les places financières ont été particulièrement agitées la semaine passée. Une légère accalmie s’est profilée ce vendredi mais l'avenir s'est quelque peu assombri, avec des méga cap américaines sanctionnées et le retour des anticipations de hausse de taux des deux côtés de l'Atlantique en septembre. Sauf accalmie au niveau diplomatique entre les Etats-Unis et l'Iran, la volatilité devrait encore perdurer durant la période estivale.

Matières premières

Energie :  Les prix du pétrole restent soutenus par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le Brent a franchi brièvement le seuil des 100 USD le baril cette semaine, une première depuis mai, avant de revenir autour de 98 USD. De son côté, le WTI évolue autour de 90 USD, en hausse d’environ 10% sur les cinq dernières séances. Les marchés intègrent un risque accru de perturbations de l’offre, notamment dans le détroit d’Ormuz, la mer Rouge et la mer Noire. Dans le détroit d’Ormuz, le trafic pétrolier a fortement ralenti, atteignant des niveaux particulièrement faibles selon les données de suivi maritime. En mer Rouge, les attaques revendiquées par les Houthis contre des navires saoudiens renforcent les inquiétudes autour du détroit de Bab el-Mandeb, un axe stratégique pour les exportations énergétiques vers l’Asie. Par ailleurs, les perturbations du trafic maritime en mer Noire, liées au conflit entre la Russie et l’Ukraine, continuent de peser sur l’approvisionnement. Le marché des produits raffinés reste également sous tension : les stocks européens de gasoil et de kérosène demeurent inférieurs à leur moyenne quinquennale, tandis qu’une éventuelle prolongation de l’interdiction russe d’exporter du diesel pourrait accentuer les tensions sur les prix.

Métaux : Malgré les tensions géopolitiques, l’or ne décolle pas, les investisseurs restant davantage préoccupés par la perspective de taux d’intérêt élevés pendant une période prolongée. L’once se maintient autour de 4’000 USD. La remontée des rendements obligataires limite son potentiel de hausse. Le cuivre clôt également la semaine en territoire positif, malgré un repli par rapport à ses plus hauts récents. Le contrat trois mois du LME évolue autour de 13’600 USD la tonne. Le marché demeure partagé entre des fondamentaux favorables, marqués par des stocks limités et une demande chinoise résiliente, et un environnement macroéconomique moins favorable. La vigueur du dollar et la hausse des prix du pétrole pèsent clairement sur l’appétit pour le risque.

Produits agricoles : À Chicago, les céréales ont poursuivi leur progression cette semaine. Le blé enregistre une quatrième semaine consécutive de hausse et évolue à proximité de ses plus hauts niveaux depuis deux ans. Le blé s’échange autour de 700 cents le boisseau (contrats échéance septembre 2026). Le marché reste grandement soutenu par les tensions en mer Noire. Les attaques visant les navires céréaliers et les infrastructures portuaires en Russie et en Ukraine alimentent les inquiétudes concernant l’approvisionnement mondial. Le soja et le maïs ont également progressé. Le soja s’échange autour de 1’246 cents le boisseau, tandis que le maïs évolue autour de 490 cents le boisseau. Ces marchés bénéficient du rebond des cours du pétrole, qui soutient la demande liée aux biocarburants.

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Macroéconomie

Macro : Même les marchés américains commencent à montrer des signes d’impatience, ou de faiblesse au choix, quant à la tournure prise par les événements au Moyen-Orient. L’escalade entre l’Iran et les Etats-Unis s’est conjuguée à l’entrée en scène des Houthis yéménites. Pro-iraniens, ils tentent désormais d’élargir le conflit à la mer Rouge en bloquant le détroit de Bab el-mandeb qui concentre 12% du commerce mondial. Certes, il existe toujours la route du sud, en passant par le cap de Bonne-Espérance, mais le temps de trajet est beaucoup plus long et le coût en rapport. Les investisseurs craignent donc une nouvelle envolée de l’inflation, mettant un peu plus la pression sur les banques centrales. De son côté, la BCE a déjà prévenu qu’elle pourrait relever une nouvelle fois ses taux directeurs dès septembre après le statu quo de cette semaine. Aux Etats-Unis, le rendement du 10 ans n’est pas en reste: il évolue déjà à ses plus hauts annuels autour de 4.70%. Même si les résultats des entreprises sont globalement supérieurs aux prévisions, pourtant déjà élevées, les marchés actions font face à de puissants vents macroéconomiques contraires.

Crypto : Le bitcoin est parti en vacances. Depuis début juillet, le BTC oscille entre 61’000 et 65’000 USD. Il n’affiche qu’une maigre progression de +0,5 depuis lundi. Même tendance du côté des ETF Bitcoin spot, dont les volumes enregistrés au cours des trois dernières semaines atteignent des niveaux historiquement bas. Signe que, pour l’instant, la cryptosphère continue d’avoir du mal à séduire les investisseurs, d’autant plus qu’ils ont les yeux rivés sur les événements au Moyen-Orient et sur tout ce qui touche à l’intelligence artificielle. Il faudrait un sacré coup de projecteur sur le bitcoin pour qu’il parvienne à rivaliser avec ces deux thèmes. La tendance est similaire sur les autres cryptomonnaies: l’ether (ETH) évolue sous les 1’900 USD, en progression de +0,72% cette semaine, Solana (SOL) recule de -1,44% à 75 USD, tandis que le Binance Coin (BNB) stagne à 566 USD.

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Séquence difficile pour les actions, qui subissent les tensions au Moyen-Orient et la remontée des prix du pétrole. Dans le même temps, les résultats des géants de la tech ont été sévèrement sanctionnés. En dépit d’excellents résultats, Alphabet n’a pas su dissiper les craintes du marché quant aux montants dépensés en Capex. Tesla, de son côté, s’est effondré après avoir dévoilé des chiffres inférieurs aux attentes des analystes.

Cette semaine la saison des résultats va encore monter en intensité, avec pas moins d’un tiers des entreprises du S&P 500 à l’agenda. Tous les regards se tourneront évidemment vers les poids lourds du marché : Microsoft, Meta, Apple et Amazon. Et pour être sûr de ne pas s’ennuyer, la Fed sera aussi de la partie. Rendez-vous mercredi soir pour la décision et la conférence de presse de Kevin Warsh.