ETC – Les matières premières ne se limitent pas à l’or

ETC – Les matières premières ne se limitent pas à l’or

Les ETC, pour Exchange Traded Commodities, sont une variante des ETF investie dans les matières premières, qui bénéficient depuis peu d’une grande notoriété. C’est plus particulièrement le cas de l’or, de l’argent et du pétrole brut.

Nick Leung, analyste chez WisdomTree Europe

Les ETC sont des obligations à durée indéterminée et garanties, adossées à la performance d’une ou plusieurs matières premières. La performance de l’ETC peut être indexée sur celle du prix spot ou du prix à terme de la matière première sous-jacente. Ces instruments permettent de profiter de la hausse comme de la baisse du prix du sous-jacent.

Il existe des ETC dédiés à certaines catégories de matières premières, comme les métaux précieux et industriels, l’énergie, les produits agricoles, et bien d’autres, ainsi que des ETC adossés à des paniers composés de différentes matières premières.

La diversification d’un portefeuille au-delà des classes d’actifs traditionnelles que sont les actions, les obligations et le monétaire, notamment via l’introduction de plusieurs matières premières, peut aider à améliorer son profil de rendement/risque. C’est également ce que démontre la théorie de portefeuille du Prix Nobel Harry Markowitz. Une stratégie diversifiée investie dans plusieurs matières premières peut contribuer à rehausser la performance ajustée du risque.

Depuis quelques années, l’intérêt pour les placements dans les matières premières va croissant. La plupart du temps, les investisseurs choisissent de ne s’exposer qu’à une seule matière première, généralement l’or, même s’ils recherchent un portefeuille équilibré. Or nous sommes convaincus qu’un éventail diversifié de matières premières offre plus d’avantages au sein d’un portefeuille. Les recherches démontrent qu’au cours des 15 dernières années, la volatilité annuelle d’un panier diversifié de matières premières (15,7 %) a été non seulement plus faible que celle d’un indice actions comme le S&P 500 (16,3 %), mais également plus faible que celle de matières premières isolées comme l’or (16,6 %). La raison en est assez simple: un choix plus vaste de matières premières permet d’exploiter l’absence de corrélations existant entre ces dernières. Les fluctuations prononcées des cours s’annulent entre elles et réduisent sensiblement la volatilité. Et ces avantages valent également pour l’ensemble du portefeuille. La question est de savoir comment mettre à profit ce constat dans les meilleures conditions.

Pour la plupart des investisseurs, il est logique de s’exposer à des contrats à terme parce qu’il est incommode – c’est le moins qu’on puisse dire – d’investir directement dans la matière première physique. Qui possède 1’000 tonnes de blé ou 100’000 barils de brut à livrer juste devant sa porte? Le rendement total d’un investissement dans des contrats à terme est formé de trois composantes: en plus du prix «spot», qui représente les fluctuations du prix au comptant de la matière première, et des revenus du collatéral, qui correspondent au rendement des garanties déposées pour pouvoir investir dans un contrat à terme, il existe une troisième source, qui joue un rôle important. Et que beaucoup sous-estiment: le rendement du «roll», qui peut avoir un grand impact sur le rendement total. Cette source de revenu est liée à la nécessité de renouveler les positions sur les contrats à terme, le «roll», en jargon financier, lorsque ceux-ci arrivent à expiration, pour maintenir l’exposition. Quand le prix d’un contrat éloigné de son terme est supérieur à celui d’une échéance plus proche, on parle de «report». Dans cette situation, le rendement du «roll» est négatif, car l’investisseur doit payer plus pour reproduire son exposition à une échéance constante.

Comme les marchés peuvent rester longtemps en situation de report ou de déport, l’effet du «roll» peut avoir un impact important sur le rendement total

La concavité de la courbe signifie également que les contrats à terme dont les dates d’expiration sont plus proches sont généralement plus sensibles que les contrats dont le terme est plus éloigné. Au contraire, le rendement du «roll» est positif quand le marché est en situation de «déport» et que les investisseurs ont moins à payer pour maintenir leur exposition. Comme les marchés peuvent rester longtemps en situation de report ou de déport, l’effet du «roll» peut avoir un impact important sur le rendement total. Il s’agit clairement d’une caractéristique propre aux ETC.

Ce mécanisme sous-tend donc également de nombreux indices de matières premières qui sont basés sur des contrats à terme standardisés. Il existe de nombreuses approches pour obtenir cette exposition. Une multiplicité qui peut en dérouter plus d’un. Une analyse des principaux indices aide à mieux se repérer. Les indices Optimised Roll Commodity et Bloomberg Commodity (BCOM) font partir des rares qui limitent rigoureusement le poids de chaque matière première et groupe de matières premières dans leur composition, afin d’éviter les risques de concentration. L’indice Optimised Roll Commodity appartient également aux rares produits utilisant un dispositif de «roll» dynamique, contrairement à la grande majorité, qui renouvelle mécaniquement chaque contrat à terme par le contrat avec la date d’échéance qui suit. Sa technique consiste à renouveler les contrats par ceux qui présentent la date d’échéance la plus proche tout en minimisant le report/maximisant le déport.

À l’avenir, les techniques de «roll» dynamique devraient gagner en importance, d’autant plus qu’elles sont relativement économiques.

 

Cet article a été publié initialement dans le magazine SPHERE
(N°8 – janvier/mars 2018)

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