En haut, en bas, tu sais pas où tu vas

En haut, en bas, tu sais pas où tu vas

Deux semaines. Ça fait maintenant 2 semaines que l’on a commencé à baisser. Il faut se dépêcher pour le krach du mois d’octobre, parce qu’il ne reste plus qu’une semaine avant de passer au début du « Christmas Rally ».

L’Audio du 22 octobre 2018

Plaisanterie mise à part, depuis que l’on a commencé à baisser, le marché se comporte un peu comme au mois de février quand le fabuleux produit structuré du Crédit Suisse nous avait pété dans les mains. Mais sans le produit du Crédit Suisse cette fois. Le marché ne sait plus où aller et les deux camps s’affrontent avec des théories qui sont valables des deux côtés.

3.25% c’est assez ?

Encore une fois cette semaine nous allons regarder le rendement du 10 ans américain – histoire de voir si ce dernier devient vraiment plus intéressant que le marché des actions et si après 10 ans de bull market, ce dernier est officiellement déclaré comme « trop cher » et qu’il deviendrait donc bien plus intéressant d’acheter des obligations que des actions.

Nous allons aussi regarder ce qui se passe du côté des « mid-terms » – vu que l’échéance des élections américaines commence à se rapprocher dangereusement. Jusque là c’était assez discret, mais apparemment la tension monte aux USA et peu importe le résultat, le marché n’y sera pas insensible.

Enfin. Il ne devrait pas y être insensible, mais en même temps je vous rappelle quand même qu’en 2016 à la veille de l’élection de Trump, le lieu commun dans les salles de marché c’était de parier sur une correction garantie d’au moins 10% si Trump devenait Président.

Grosse semaine

Quoi qu’il en soit, l’échéance du 7 novembre va commencer à peser dans nos esprits. En attendant, on va aussi s’occuper des chiffres du trimestre. La semaine qui nous attend est la plus grosse de l’année en tant que publications – ça va être énorme et il y aura du monde au balcon – jusqu’à maintenant c’est les bons chiffres du trimestre qui nous ont permis de « tenir contre les vents contraires », si la tendance reste bonne, cela pourrait se reproduire, mais là nous allons avoir du très lourd et les « ratés » ne seront pas permis.

Et puis nous allons aussi suivre d’un œil les nouvelles qui concerneront la Chine et la guerre économique éventuelle avec les USA. On n’en parle de moins en moins ces derniers jours, mais avec la publication du GDP chinois la semaine dernière, qui était en-dessous des attentes et le marché local qui touchait de nouveaux plus bas sur les 4 dernières années, ça laisse songeur et le thème est plus que jamais d’actualité. Sans compter que ce matin, les intervenants s’attendent à voir arriver un plan de « stimulus » de la part du gouvernement.

Il devrait donc y avoir de quoi faire avec la Chine aussi.

Fratelli d’Italia, mais pas de Bruxelles

Puis il y aura aussi l’Italie.

Évidemment on ne va pas oublier la dispute qui oppose Bruxelles à Rome pour un fâcheux 0.4% de plus sur le budget 2019. Les tensions restent bien présentent et avec un gouvernement anti-européen, on voit mal comment les Italiens vont mettre de l’eau dans leur vin, alors que Bruxelles ne peut pas se permettre de faiblir, sinon ça sera la porte ouverte à toutes les fenêtres. Ce week-end Moody’s a coupé le rating de l’Italie. En abaissant la note d’autant, l’Italie se retrouve donc plus qu’à un pas d’être qualifié de « junk bonds ».

Ça n’est pas forcément une bonne nouvelle, bien que Moody’s n’a jamais été réputé pour avoir un « timing d’enfer », puisqu’en général, quand ils downgradent quelque chose, c’est que tout, absolument tout est déjà dans les prix.

Mais peu importe, le sujet Italien devrait encore faire parler de lui autour de l’expresso du matin. L’affaire ne devrait pas se régler de sitôt, mais devrait continuer à fournir tout plein de volatilité sur le marché.

Ça va pas être simple

La semaine s’annonce donc longue et compliquée, il y aura de quoi remplir des pages et des pages de chroniques sur plusieurs sujets divers et variés. Nous pouvons dire que nous rentrons dans la « plus grosse semaine » de l’année. Encore une.

Or jaune ou or noir ?

Ce matin l’or est à 1230$ et les techniciens s’autorisent à penser qu’il pourrait encore monter de 30 ou 40 dollars, surtout que nous sommes dans une période où les pauvres investisseurs cherchent où ils pourraient bien se planquer pendant que le marché des actions les lâche. Le pétrole est à 69.32$ alors que l’on continue de suivre attentivement tout ce qui pourrait générer des tensions au Moyen Orient. L’affaire Khashoggi semble réglée; mis à part Trump qui la ramène toutes les trois minutes sur le sujet, il semble que l’on est en train d’éteindre l’incendie en virant et en condamnant à tout va en Arabie Saoudite, histoire de calmer le jeu. Ce qui arrange bien le reste du monde, puisque personne n’a besoin de tensions supplémentaires sur le baril.

Il faudra néanmoins surveiller attentivement ce dernier, puisque tout peut arriver et Trump lui-même n’a pas intérêt à ce qu’il monte trop à la veille de « mid-terms ».

Khashoggi selon Erdogan

Dans les nouvelles du jour, ça tourne un peu autour de tout ce qui a déjà été dit. Erdogan devrait « tout dire » sur la mort de Khashoggi tout soudain. Oui, parce qu’Erdogan est aussi policier en Turquie, le Monsieur il sait tout faire, il gère le fonds souverain, il explique à la banque centrale comment faire, il dirige le pays, il manage l’équipe nationale de foot, de volley, de handball et de ping-pong et il est AUSSI inspecteur de police et médecin légiste.

Il a donc terminé son enquête et va tout divulguer au monde dans le troisième épisode de sa série : «Erdogan knows » – en exclusivité sur NetFlix.

Reagan se retourne dans sa tombe, Gorbatchev hésite à y aller

Et puis, pendant que vous étiez aux champignons ce week-end – et que vous êtes revenus bredouilles parce qu’apparemment cette année la saison est pourrie pour la chasse aux champignons, Trump s’est retiré d’un traité de contrôle sur les armes nucléaires.

Ce dessin a 6 ans, mais il n’a pas pris une ride

Depuis son élection il s’est appliqué à démonter à peu près tout ce qu’Obama avait mis en place, maintenant il s’attaque à ce que Reagan avait signé avec Gorbatchev.

Le traité interdisait aux Américains d’avoir des missiles en Europe « un peu trop près de la Russie ». Les Russes sont fous de rage et Trump justifie ce retrait par le « besoin de développer de telles armes »… Quand on est con, on est très très con visiblement.

Il faut dire que Trump semble être fortement sous pression sur ce sujet depuis que ce taré de Bolton est entré au gouvernement en tant que Conseiller National à Sécurité. Bolton a toujours été un fervent opposant à ce genre de traité de non-prolifération. Bolton est un cinglé complet, mais apparemment personne n’est plus surpris de rien.

Quoi qu’il en soit, cette annonce est un pas en arrière gigantesque et avec la bande de débiles qui peuplent la Maison Blanche, c’est pas gagné… Et ça pourrait quand même générer un stress supplémentaire sur les marchés.

Comme si on en avait vraiment besoin.

Comment on dit à poil les shorts en chinois ?

Mis à part tout cela, ce matin c’est « à poil les shorts » en Chine. Alors que certains parient sur un stimulus gouvernemental, on dirait que d’autres on décidé d’acheter à la place de causer. L’indice local est en hausse plus de 4% à l’heure où je vous parle et Hong Kong suit avec près de 2.2% de hausse. Le Japon n’avance « que » de 0.5% pour le moment.

Côté chiffres économiques c’est Waterloo, morne plaine, il n’y a rien. En revanche, pour les trimestriels, on attaque la semaine avec : Halliburton, Hasbro, Michelin, Philipps, Rambus et Ryanair. Ce n’est pas encore LA grosse journée, mais ça va venir.

Pour le moment les futures sont légèrement en hausse, visiblement on ne prend pas trop le « rallye » chinois au sérieux, mais tout est dans le vert pour le moment et il est vrai que ça ferait du bien remonter un tout petit peu, tellement les niveaux actuels sont critiques….

Je vous souhaite un très bon début de semaine, j’imagine qu’il y a plein d’absents qui sont en vacances, il paraît que c’est la saison. On se retrouve demain à la même heure et au même endroit.

Thomas Veillet
Investir.ch

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