Les chiens aboient, la Touareg passe…

Les chiens aboient, la Touareg passe…

Le concept du « Sport Utility Vehicle », l’acronyme SUV ou SyyyyouuuuuuVVVV en français courant, m’a toujours interpelé. Bien que j’aie toujours adoré le concept de la Golf GTI sous anabolisant ou de la grosse voiture qui peut se garer en poussant les autres en s’appuyant sur le pare-brise de son vis-à-vis. Je n’ai jamais vraiment compris l’utilité de la chose.

Pour retrouver l’audio de la chronique sur le Touareg, allez sur Bitume.ch

Alors oui, j’imagine bien que si vous avez une remorque et que vous montez régulièrement les chèvres à l’alpage pour les donner en pâture au loup parce que vous habitez dans une vallée valaisanne et qu’il y neige 361 jours par an, cela fait pleinement du sens. En revanche si vous habitez à Cologny et que votre seul objectif est d’écraser un maximum de cyclistes-électriques en rentrant dans vos 389 mètres carrés avec piscine extérieure et intérieure, il y a bien mieux à faire.

Et surtout bien mieux à rouler.

Après, c’est une question de concept, puisqu’apparemment, à Genève si tu ne roules pas en SUV, tu n’es plus personne. Alors forcément, il faut accepter de faire avec et se rendre compte que pour s’intégrer au tissu social, plus ta voiture est petite plus tu votes à gauche et plus ta voiture est grosse, plus tu passes tes vacances à Verbier.

En même temps, je fais le malin, mais ma dernière voiture c’était quand même un Dodge Durango – (presque) ce qui se fait de plus gros de ce côté-ci de l’Atlantique et qui n’est même pas importé officiellement. De là à dire que je vote à droite et que je skie à Verbier il n’y a qu’un pas que je ne franchirais pas.

Tout ça pour vous dire qu’après mon trip avec le dernier Q8 de chez Audi, AMAG m’appelé pour savoir si je voulais tester le nouveau Touareg 3.0 TDI, version 2018, qui n’est rien d’autre que la version « familiale » du Q8. Les puristes me diront que ce n’est pas comparable, mais sachant qu’ils ont le même moteur, le même châssis, je suis prêt à parier que si j’arrache la carrosserie de la Touareg avec une grue et que je la « plug » sur le châssis de la Q8, vous ne feriez pas la différence.

Mais j’y suis quand même allé. Il est vrai que quelque part au fond de moi, la Touareg a toujours été un vieux fantasme, jamais réalisé, mais souvent rêvé.

Au travers des années, la bête a sacrément évolué. Si l’on met la toute première Touareg à côté de cette dernière version, c’est un peu comme mettre une Jeep Willis à côté du dernier Wrangler. Il faut dire que les ingénieurs de Wolfsburg ont mis le paquet.

Avant de parler de l’extérieur, on va surtout parler de l’intérieur. En entrant dedans, on a la même impression que dans le Q8, l’immense dalle de l’écran GPS-musico-dance-media vous en met directement plein la vue. C’est un des plus grand du marché – pas encore proche de celui de Tesla, mais on ne peut pas comparer – mais c’est quand même du lourd. Tactile, instinctif, par moment on a l’impression que l’on utilise un nouvel iPad, sauf qu’il y a une voiture autour.

C’est bien simple, en montant dans le Touareg, je me suis amusé avec l’écran pendant 30 minutes, tel l’enfant en bas âge qui trouve des jeux gratuits sur l’Apple Store.

Il faut dire que depuis cet écran, vous pouvez à peu près tout faire. Choisir le mode de conduite, gérer les lumières intérieures (couleurs y comprises), régler le chauffage, la climatisation et les sièges et, Ô surprise, on peut même écouter de la musique, connecter son téléphone et se faire guider dans les contrées les plus reculées de la Haute-Savoie – j’avoue, je n’ai pas pu la tester dans désert, pas assez de temps et puis j’avais peur de me la faire piquer en sortant du bac à Tanger.

Lors de mes premiers instants à bord, j’ai passé tellement de temps à observer les détails à l’intérieur, que j’en suis presque arrivé à oublier que j’avais la clé intelligente dans la poche de mon jeans et que je pouvais AUSSI rouler.

J’ai tout de même découvert qu’il y avait des prises électrique 220 volts pour brancher l’aspirateur –pas que je sois un maniaque de la propreté intérieure d’une voiture, mais le fait d’avoir une vraie prise électrique laisse pas mal de perspectives, à commencer la connexion de la machine Nespresso. Le plus dur aura quand même été de scotcher la machine sur la banquette arrière sans flinguer le cuir et quand vous roulez seul à 120 sur l’autoroute je vous jure que ce n’est pas simple de gérer les capsules de Nespresso Volutto tout en surveillant les obstacles vivants que sont les agent de la fondation des parking.

Après la prise en mains, qui n’aura pris que 12 secondes et trois dixièmes – je n’ai aucun mérite, après avoir fait 1000 kilomètres dans un Q8, il faudrait être handicapé pour ne pas s’y retrouver – volume similaire – et intérieur qui rappelle furieusement la firme aux anneaux – je me suis immédiatement mis à la séance photo et on peut féliciter les « designers » de chez Volkswagen tellement elle n’a rien à voir avec ses prédécesseurs.

Ou prédécesseuses.

Enfin, les plus vieilles.

Elle ressemble un poil trop à la Tiguan, mais pas de doute, c’est le nouveau vaisseau amiral de la marque.

D’ailleurs depuis que j’ai testé l’engin, je m’amuse a essayer de la repérer dans la rue et 9 fois sur 10, je tombe sur un Tiguan qui se fait passer pour un Touareg. Ou peut-être que c’est l’inverse.

En tous les cas, le moteur que j’avais sous le pied était le même que celui de l’Audi (eh oui, encore elle) et le 3 litres TDI est relativement silencieux, même si ça reste malheureusement un diesel et que je ne peux m’empêcher de piaffer d’impatience de voir arriver la version essence.

Dès l’approche des contreforts montagneux et des lacets qui donnent envie de lâcher les chevaux, le Touareg se comporte un peu comme une Golf GTI qui aurait abusé du vermicelle aux marrons et qui aurait un BMI qui recommanderait de prendre sa carte de membre chez Weight Watchers. Mais en même temps, on ne peut pas demander à un véhicule de ce acabit de se comporter comme une 911 R de collection.

La suite et la fin de la Chronique sur le Touareg 2018 sur BITUME.CH

Thomas Veillet – Investir.ch

 

 

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