L’année est pliée. Bonnes vacances, on se voit en 2020

L’année est pliée. Bonnes vacances, on se voit en 2020

Quelqu’un me disait hier : « le mois décembre s’est vraiment produit, ou il n’y a que moi qui ai rêvé ça ? »… Non, malheureusement c’est vraiment arrivé. Mais là c’est bon, tout est fini et ça rigole comme avant.

L’Audio du 6 février 2019

Nous sommes donc toujours en pleine euphorie et plus personne ne se demande si par hasard ce qui s’est produit en décembre, pourrait encore se reproduire : BIEN SÛR QUE NON !!! POWELL nous a donné une carte « sortie de bear market sans payer d’amende ».

Plus RIEN ne peut nous arriver ! Le marché est devenu un produit structuré à capital protégé. Par contre comme tout produit à capital protégé, nous sommes limité sur le potentiel haussier. Reste juste à déterminer le potentiel en question.

Ils savaient

D’ailleurs dans la passionnante Xième journée haussière que nous venons de vivre, Goldman Sachs a trouvé moyen de s’exprimer pour clarifier la chose. Les stratégistes de Goldman Sachs ont donc dit :

Je commencer en majuscule et en caractère gras, parce que ça vaut son pesant de cacahuètes.

« LE RALLYE QUE NOUS ATTENDIONS s’est produit rapidement et compte tenu de cela, nous ne voyons plus beaucoup de potentiel haussier pour les actions depuis là où nous sommes ».

C’est clair. Eux, ils savaient. Il ne vous l’ont pas dit trop fort parce que vous étiez en train de manger la dinde de Noël et que vous étiez un peu occupés, mais, Ô toi commun des mortels ne te trompe pas, Goldman savait le 21 décembre au plus profond des tréfonds du fond du trou, que le marché allait remonter.

Et maintenant, la marche sur l’eau

ILS SONT FORTS !!! J’hallucine à chaque fois. Il y a vous et moi, qui subissons les mouvements de marchés et les terreurs médiatiques qui vont avec et puis il y a les stars de Wall Street qui savaient. Celles qui se sont vues dans un club privé avec des fauteuils en cuir, des cigares et plein de whiskies très très chers, au matin du 21 décembre pour se dire :

« Bon les gars, on a vu les plus bas, alors on achète comme prévu, hein ? Et puis on viendra dire à ces pauvres mécréants dans 50 jours qu’on savait et qu’on l’avait dit »…

Ouais, je me rends compte que je ne fréquente pas toujours les bonnes personnes. Vais penser à noter dans ma to-do-list de 2019 : « rencontrer les gens qui savent ».

Maintenant la multiplication des pains

Toujours est-il que le marché est donc au plus haut depuis le 21 décembre et que l’on a l’impression qu’il n’est jamais arrivé, un peu comme quand on a trop bu un soir. Le lendemain, on se réveille en se disant : « plus jamais je bois » et puis trois semaines après on a carrément oublié la chose et on recommence…

Là on a officiellement, complètement, définitivement oublié le mois de décembre. Le Dow Jones a repris presque 17%, le S&P500 aussi et le Nasdaq frise les 20% de rebond, l’indice des semi-conducteurs, le SOX est en hausse de 22%…

À partir de là, Goldman Sachs pense que l’on peut bâcher l’année et partir jouer au golf, un fois que l’on sera sorti du club privé, des cigares et des whiskies et en supposant que la neige a fondu.

Et on fait marcher un paraplégique, on rend un politicien intelligent…

Nous avons donc encore vécu une journée de hausse à Wall Street et en Europe. Les arguments sont TOUJOURS et ENCORE les mêmes : Les Chinois et les Américains vont bientôt fusionner leurs deux pays tellement ils sont amis et qu’ils s’aiment – d’ailleurs les Ricains viennent d’annoncer qu’ils entament une nouvelle semaine de négociations dans quelques jours, quand les Chinois auront décuvé de l’année du porc.

L’autre argument c’est la nouvelle histoire d’amour entre le patron de la FED et les marchés qui semblent totalement immunisés contre tout danger depuis que Powell les a pris sous son aile.

Quand au troisième sujet, c’est les chiffres du trimestre qui sont canons, parce que (presque) tout le monde bat les attentes. Bien qu’on leur ait assez facilité la tâche en baissant largement les attentes et en rendant les objectifs atteignables, mais ça c’est être mauvaise langue alors faut pas dire.

En résumé ; c’est trop cool la bourse.

La boucle est bouclée, dans 25 ans Goldman Sachs est une église

Lundi soir Google a publié des chiffres meilleurs que les attentes, mais tout le monde se plaignait parce qu’ils dépensaient trop et le titre était en baisse de 3% after close. Entre la fin de la nuit et l’ouverture de mardi matin, on avait quand même un peu réfléchi – si, si, on est tellement pros dans la finance que l’on réfléchi même quand on dort – et on s’est dit que, finalement, Google, c’était pas mal.

Et hier soir le titre terminait en hausse.

Boeing… un peu plus près des étoiles

Pour le reste, toute la tech montait et on se félicitait un peu partout sur la qualité des chiffres du trimestre. Ça, c’était sans compter les chiffres d’Electronic Arts qui sont sortis après 22h, mais on ne peut pas non plus gagner à tous les coups. On notera quand même les bons chiffres de Ralph Lauren et Boeing qui explosait au plus haut de tous les temps.

Le fabricant d’avions a repris 40% depuis les plus bas de décembre et n’a jamais valu aussi cher. Non seulement ils font des commentaires encourageants, en plus ils s’associent avec Aerion. Aerion qui développe un avion supersonique.

En gros Boeing a explosé hier soir parce qu’ils veulent développer un avion qui a va très vite. Ceci est une révolution, un peu comme le Concorde.

Un coup en haut, un coup en bas

En Europe, les banques qui baissaient la veille se reprenaient et les pétrolières montaient suite aux chiffres de BP et aux déclarations encourageantes pour la suite de l’année.

Je ne vous parle pas de l’Asie ce matin, il n’y s’y passe rien mis à part des festivités. L’or bouge à peine et le pétrole revient un peu, malgré les tensions récurrentes au Venezuela.

Trump a parlé

Pour la suite, Trump a fait son discours sur l’état de l’Union. L’Union qui est en parfait état si l’on en croit le Président. Il a appelé à l’union du peuple américain, il a encouragé ses citoyens à laisser tomber toutes les enquêtes sur lui parce que, franchement, ça ne sert à rien.

Il ne devrait pas utiliser « l’executive order » pour forcer la construction du mur, mais il n’exclu pas de changer d’avis. Il va aussi revoir son ami Kim Jong Truc cette année et selon les experts, son discours n’avait que pour but de diviser le Congrès. Bref, ce matin les futurs sont inchangés, ce qui devrait laisse supposer que quoi qu’il ait bien pu raconter, dans le marché, tout le monde s’en tape et c’est ce qui nous intéresse.

Le fait qu’il soit fâché avec la moitié des Républicains et deux-tiers des Démocrates, ne devrait rien changer au fait qu’à la fin Powell est notre ami.

Game Over

Hier soir Elecronic Arts a publié des chiffres pourris, des ventes en recul, des déceptions et un discours de son patron qui parle de futur « challenging »… Inutile de vous dire que le cocktail est explosif et le titre baissait de 18% après la clôture. La journée sera sous le signe du « game over » pour Electronic Arts. Autant dire que ça risque d’être moyennement drôle pour le secteur aussi.

La patronne du retail d’Apple s’en va suite aux ventes décevantes d’iPhones. Il fallait bien un bouc émissaire. Apple qui est d’ailleurs redevenus la société la plus grosse du monde, mais pas au même prix qu’avant. Et puis cette daube de SnapChat a publié des chiffres meilleurs qu’attendus et prenait 18% after close. Elle prendrait 150%, il faudrait me péter un bras pour que j’en achète un jour.

Apple finance le clown de l’Elysée

Toujours au sujet d’Apple, ils vont aussi verser des millions d’arriérés d’impôts à la France, comme ça Madame Macron pourra changer la vaisselle de l’Elysée, s’acheter des baskets Hermès, finir de faire sertir la couronne de son mari et s’il reste du pognon, ils feront une soupe à l’oignon gratuite pour les Gilets Jaunes.

Pendant ce temps, un Ministre Allemand veut trouver une solution pour que les Chinois arrêtent de racheter les sociétés allemandes de haute-technologie. Et puis Tesla baisse encore une fois les prix de son Model 3 à croire que personne n’en veut.

Des chiffres, des chiffres et des tyrannosaures

Côté chiffres du jour, c’est une grosse journée aux USA puisqu’il y aura les Retail Sales, les Durables Goods, le Trade Balance et le GDP. Sans compter les inventaires pétroliers et Powell qui parlera ce soir. Son discours ne devrait pas dévier beaucoup de ce qu’il vient de dire après le meeting de la FED. Ou alors on est mal.

Pour les publications du trimestre, toujours pas mal de monde, mais rien que devrait changer votre vie à moins que vous soyez actionnaire majoritaire chez Spotify, chez Sonos ou chez Dassault.

Actuellement, les futures ne font rien, comme Goldman Sachs l’a prévu. Il ne va plus rien se passer jusqu’à la fin de l’année. C’est pourquoi j’ai décidé que dès demain, je vais varier les sujets je parlerai autre chose que de finance en attendant 2020.

On commence demain matin avec la reproduction des Tyrannosaures à l’époque du crétacé. Passez une excellente journée, moi je vais aller voir si les voitures anglaises tiennent dans la neige.

À demain !

Thomas Veillet
Investir.ch

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