Quand on regarde les performances des indices hier en fin de journée, ça ne donne pas l’impression qu’il s’est passé quelque chose de passionnant.

L’Audio du 17 avril 2019

Et pourtant, ça commence à bouger et quand on creuse un peu le sujet, il y a quand même un peu plus de choses à dire que la veille. Sauf que, pour le moment, on n’est quand même pas plus avancés qu’avant.

Il y a le avant et le après

Tout d’abord l’Europe a ENCORE terminé en hausse. Autant parfois on a de la peine à comprendre autant hier, l’ensemble des investisseurs avaient une bonne raison de réjouir : le ZEW !

En gros, le ZEW, c’est le sondage de la confiance des investisseurs en Allemagne. Et il existe la même version pour l’Europe entière. C’est un institut qui est basé à Leibniz, au sud de Francfort et qui est un sondage effectué auprès de 300 à 350 analystes financiers afin de savoir quels sont leurs attentes sur l’économie européenne et allemande.

Ça vaut ce que ça vaut

En essayant de résumer objectivement la chose ; on interroge chaque mois 350 types qui sont la plupart du temps faux sur leurs prédictions le reste de l’année, afin de savoir ce qu’ils pensent de l’avenir économique tout en sachant qu’ils n’en savent pas plus que vous et moi.

Ensuite on publie un chiffre qui donne aux bourses européennes envie d’aller en haut ou en bas. Autant vous dire qu’intrinsèquement, le ZEW à presque autant de valeur que le lancer de fléchettes sur la listes des membres du DAX pour déterminer son portefeuille boursier pour la retraite. Mais peu importe, on y croit de temps en temps et hier les 350 types qui sont généralement faux s’attendaient à un chiffre relativement faible sur le résultat de leur propre sondage.

Sauf qu’ils se sont gourés sur leurs propres sentiments, sentiment qui était nettement meilleurs que les attentes. Les marchés européens ont donc terminé en hausse à cause de ça. Vous reconnaitrez que présenté sous cet angle, ça fout la trouille.

Qualcomm s’envole

De l’autre côté de l’Atlantique on s’est concentré sur les chiffres du trimestre et sur les règlements de comptes. Côté règlement c’est surtout Apple et Qualcomm qui ont décidé de résoudre leur dispute sur fond de processeur pour la 5G. Depuis plus de deux ans, les deux sociétés se battaient en justice pour pas grand-chose, si ce n’est pour sponsorisé le train de vie onéreux d’une troupe d’avocats.

Hier ils se sont mis d’accord une fois pour toute et Apple va donc utiliser les « chips » de Qualcomm pour leurs appareils qui seront équipés 5G. Aucun terme financier n’a été publié, mais on s’attend à une augmentation massive des revenus chez Qualcomm. Le titre s’envolait de 23% durant la séance.

Trimestriellement vôtre

Pour le reste, on ne parle plus de Trade Deal, puisque les gens étaient bien plus concentrés sur savoir si Trump avait eu raison d’encourager l’utilisation des bombardiers d’eau pour éteindre l’incendie de Notre Dame qu’autre chose. Mais pendant ce temps, Bank of America publié des chiffres décevants ne laissant plus que Morgan Stanley comme candidat à la publication dans le secteur. Et ailleurs, Johnson et Johnson ont battu les attentes, pendant que UnitedHealth décevait également.

Ensuite, on a tourné nos regards sur les chiffres de NetFlix et d’IBM qui devaient publier leur trimestre après la clôture. D’un point de vue « indiciel », le S&P500 a terminé en hausse de 1.5 point se rapprochant très lentement de son record historique. Le Dow Jones n’a rien foutu et le Nasdaq était bien plus fort que le reste, merci Qualcomm.

SOX

Mais c’est ailleurs qu’il fallait regarder. En direction du SOX, le Philadelphia Semi-Conducteurs Index, qui regroupe la plupart des grosses baleines du secteur. Une des croyances boursières de ces 20 dernières années et une dont j’ai presque fait religion, est de croire que si le SOX va, tout va et que ce dernier à tendance à montrer la voie au reste du marché. On dit qu’il bouge toujours AVANT les autres pour montrer la bonne direction. Si cela est vrai – et je suis presque convaincu que c’est le cas – cela fait près de 2 semaines qu’il ne cesse de battre des plus hauts historiques. Hier soir, avec Qualcomm, c’était pire.

L’indice terminaient en hausse de plus de 3%, laissant imaginer ce que ça pourrait donner sur le S&P500 lorsque lui aussi aura franchit la limite du plus haut de tous les temps. Objectif qui est un 1.5 points moins loin ce matin qu’il y a 24 heures.

Salade asiatique

Ce matin en Asie on digère les nouvelles publiées tard dans la nuit ou tôt dans cette journée. Le Japon a publié son premier déficit commercial en trois ans et l’indice est en hausse de 0.3%, pendant que Hong Kong recule d’autant et que la Chine ne fait rien. La Chine qui a publié un GDP en hausse de 6.4% alors que les mêmes analystes que l’on a sondé pour le ZEW pensaient qu’il sortirait à 6.3%. Globalement c’est meilleur que les attentes, donc.

Mais pour être franc, ce n’est que moyennement enthousiasmant parce que c’est en même temps le GDP trimestriel le plus faible enregistré depuis 2009. Les plus optimistes diront donc que c’est triste, alors que ceux qui voient le verre à moitié plein diront que ça commence à bouger et quand le Trade Deal sera dans la poche, ça sera encore mieux.

L’or au bord du gouffre

Je n’ai jamais rien compris à l’or. Ou pas grand-chose. Mis à part que tout le monde en veut quand ça va mal, parce qu’apparemment c’est reposant pour l’esprit de dormir sur un oreiller en lingots. Mais en ce moment, alors que tout va bien, mais que tout le monde nous prédit que ça ira moins bien, l’or n’est plus trop à la mode et chaque jour qui passe semble peser lourdement sur ses épaules. Actuellement il lutte pour sa survie et pour tenir le niveau des 1280$, sachant qu’une rupture de ces niveaux, pourrait l’emmener bien plus bas. Pour le moment on prie. Comme pour Notre Dame, bien que visiblement elle n’ait plus jamais besoin d’or ni d’argent étant donné toutes les bourses de milliardaires qui se sont déliées ces dernières heures.

Côté pétrole on semblait s’enthousiasmer au sujet des tensions au Venezuela et en Lybie, sans compter que l’on y rajoute aussi un soupçon d’encouragements liés à la relative bonne santé économique en Chine. Actuellement le baril se traite à 64.45$ et se rapproche dangereusement de mon objectif de 65$.

Encore des chiffres

Dans les nouvelles du jour, on parle des chiffres de NetFlix. Le roi du streaming a annoncé 9.5 millions de nouveaux abonnés – ça c’était avant l’arrivée de Disney sur leurs platebandes – et des chiffres meilleurs que les attentes et meilleurs que l’an dernier. Cependant, après clôture le titre perdait 5% parce que les perspectives du management de NetFlix pour le reste de l’année sont en-dessous de celles des analystes. Et comme on sait qu’un analyste à toujours raison, il fallait symboliser la déception.

Chez IBM il y avait aussi déception, les revenus étaient plus faibles que les attentes et le titre reculait de 1.3% après la clôture. Ailleurs, on notera aussi que Jack Dorsey, le patron de Twitter voudrait forcer ses utilisateurs à suivre des « sujets » et non pas des « personnes ». Etant donné l’égo de certains qui ont mis des années à être populaires sur le réseau, cela va donner lieu à de grosses levées de boucliers, on devrait pourtant réussir à s’en remettre, maême si psychologiquement ça va être très dur à encaisser.

La liste du jour

Aujourd’hui, on attendra le CPI anglais, italien et européen. Il y aura aussi la balance commerciale américaine, le Beige Book et les inventaires pétroliers. Côté chiffres du trimestre, il y aura Abbott, Morgan Stanley, ASML, Pepsi, Ericsson, Textron, Etrade et Alcoa.

Pour le moment les futures sont en hausse de 0.14%, se rapprochant subrepticement des records.

Voilà, c’est tout pour ce matin, encore un jour et c’est les vacances en attendant, passez une très belle journée et on se voit demain.

Thomas Veillet
Investir.ch

“Qu’est-ce que c’est que ce style de bouffer des petits machins tout secs et trois gallons de flotte par jour ? […] Si la jeunesse se met à croire à ces conneries, on se dirige tout droit vers une génération de dépressifs ! Le gras, c’est la vie.”

Karadoc