Depuis 4 mois, les actions américaines sous-performent les actions internationales qui souffrent du «Sell America trade»

Points à retenir:

  • Les investisseurs étrangers réduisent les actions américaines à cause de la guerre commerciale de Trump et de son agressivité géopolitique, et augmentent leur exposition aux actions internationales.
  • Crainte sur le dollar face à l’endettement et les déficits américains.
  • Dédollarisation des banques centrales ex-Fed.
  • Le monde favorise le nationalisme et le protectionnisme vis-à-vis des Etats-Unis.
  • Les Big Techs et l’IA ne sont plus considérés comme les moteurs de la bourse américaine, observés entre 2023 et 2025.
  • Les prises de participation dans des sociétés américaines (par exemple US Rare Earth, MP Materials, US Steel, Intel) par l’administration US créent des risques pour les sociétés US et le marché. L’administration Trump a pris des participations ou fait des accords avec plus de 10 sociétés. Cette approche crée des risques politiques, légaux, commerciaux et des conflits d’intérêt entre les sociétés concernées et l’administration Trump. Les investisseurs n’aiment pas cette situation. Cela va biaiser la compétition. Dans le passé, le gouvernement US avait pris des participations temporaires dans des périodes particulières pour éviter des faillites comme lors de la Grande crise financière de 2008. Cette fois, le gouvernement veut prendre des participations durables, considérées comme des nationalisations et du socialisme par de nombreux parlementaires et sénateurs américains. Cette approche rompt avec l’idéologie traditionnelle républicaine. Le gouvernement US veut aussi imposer des règles à certains secteurs comme dans la défense où Trump veut interdire les rachats d’actions et le versement de dividendes pour accélérer la production d’équipements militaires.

Europe

En quelques semaines, l’UE a ratifié deux accords de libre-échange, le Mercosur avec l’Amérique latine et avec l’Inde. Lors de la Conférence sur la sécurité à Münich, Macron a défendu sa vision européenne et la levée d’une dette commune européenne pour rendre l’Europe indépendante vis-à-vis des Etats-Unis, de la Chine et des énergies. On s’approche du plan Draghi. Macron a reçu le soutien du gouverneur de la banque centrale allemande sur une dette commune via des obligations européennes.

En sacrifiant le soft power américain, Donald Trump alimente l’impopularité de son propre pays. Il fait le jeu de la Chine, prompte à capter les marchés alors que la force de séduction politique et culturelle de cette dernière reste faible dans les pays démocratiques. Des ajustements sont en cours entre la France et l’Allemagne et les investissements massifs de €800 milliards annuels préconisés par Draghi approchent. L’Europe a l’épargne nécessaire pour lever des obligations européennes pour de grands projets. Maintenant, il faut faire rêver et convaincre les citoyens européens.

Japon

La 1ère ministre Sanae Takaichi a remporté magistralement les élections législatives anticipées. Elle est partisane d’un assouplissement monétaire agressif et d’un fort soutien public avec un plan de dépenses de $135 milliards malgré la dette abyssale du pays se situant à 230% du PIB. Si les cadeaux fiscaux annoncés angoissent les marchés, le Nikkei est fortement monté et le yen s’est renforcé.

Emergents

Les fondamentaux des pays émergents sont solides, peu endettés, ex-Chine, et leurs devises s’apprécient. Leurs banques centrales ont été et sont pro-actives. Le boom des matières premières renforce leurs positions et leurs revenus, en particulier pour l’Amérique latine. Cette dernière devrait aussi profiter des nouveaux gouvernements de droite pro-business et pro-réformes. Une transition politique réussie au Venezuela apporterait un supplément de croissance pour le continent.

En conclusion, nous surpondérons les actions internationales qui devraient surperformer les actions US en 2026. En décembre 2025, nous confirmions la poursuite du bull market en 2026, mais avec plus de volatilité, car l’IA ne serait plus «jouer» globalement, mais spécifiquement.  L’Europe et l’Amérique latine sont nos premiers choix. L’Europe a souvent déçu par sa lenteur à se réformer. Aujourd’hui, nous sommes sur un point de bascule. L’Europe doit aller de l’avant avec le plan Draghi. Les investisseurs doivent privilégier les secteurs de la technologie, de l’énergie et de la défense. L’union des marchés des capitaux fait partie du programme d’indépendance et du retour de la compétitivité européenne.

2026.02.20.Flux ETF
Hausse marquée des flux dans les actions internationales

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