Il est 6h30, huitième tasse de café, et les marchés nous refont le coup du yo-yo géopolitique. Hier soir, on était bull comme jamais : le pétrole plongeait de 5%, Wall Street caressait ses records, et tout le monde fantasmait sur un Iran assagi qui rouvrirait gentiment Ormuz pour le 287ème espoir de paix du mois. Et puis cette nuit — patatras. Les Américains ont encore balancé des missiles sur l'Iran, l'Iran a riposté sur une base US, le Koweït allume sa DCA, et le baril repart à la hausse comme un patient qu'on réveille au défibrillateur. Question naïve que personne n'ose poser :
L’Audio du 28 mai 2026
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« quand deux belligérants sous cessez-le-feu se foutent sur la gueule toute la nuit, le cessez-le-feu est-il encore valable ? »
Le cercle Trumpueux
Le scénario tourne en boucle depuis trois mois. Acte I : « un accord est imminent », le pétrole baisse. Acte II : Trump bombarde « en légitime défense », le pétrole remonte. Acte III : rideau, on recommence demain. L’Iran tient Ormuz — un cinquième du pétrole mondial — par la barbichette, et rêve d’y installer un péage à la mode Autoroute du Soleil (jusqu’à 2 millions le ticket de passage, parce qu’il n’y a pas de petits profits). Pendant ce temps, Trump jure que « personne ne contrôlera Ormuz » et que les États-Unis vont « veiller dessus ». Veiller. Avec des frappes toutes les 48 heures. Et c’est précisément ce petit détail qui va faire trembler la Fed cet après-midi.
L’essence toujours chère mais moins
Le pétrole cher, c’est de l’inflation injectée directement dans les tuyaux. Le 10 ans américain remonte à 4,53% et — accrochez-vous — on ne parle plus de baisse des taux mais de hausse : 50% de probabilité d’un relèvement d’ici fin d’année. Il y a six mois, on priait Saint Powell pour des baisses ; aujourd’hui on prie surtout pour que Warsh ne fasse pas l’inverse. À 14h30, le PCE — thermomètre préféré de la Fed — est attendu à 3,8%, un plus haut de trois ans. S’il sort à 4%, Trump aura intérêt à pondre un accord de paix miracle dans la demi-heure. Et l’or, censé être LE refuge en cas d’apocalypse, se traîne pendant qu’on lui tire dessus de partout. Mais le plus absurde, le truc qui défie toute logique, c’est ce qui se passe juste à côté.
Plus jamais faible
Escalade militaire, pétrole au-dessus de 90$, inflation menaçante, une Fed qui sort les griffes, une BCE qui fait pareil — le cocktail parfait pour un carnage. Résultat : les futures sont quasi-stables, le Nasdaq grignote péniblement 0,2% de baisse. Ce marché ne veut pas baisser. S’il ne tombe pas dans ces conditions, il ne tombera plus jamais. Wall Street encaisse les missiles comme Rocky avant de décider qu’il en avait assez de se faire défoncer par Drago. Pendant ce temps, Snowflake explose de +37% (placez le mot « IA » dans votre communiqué, c’est carton plein), Zscaler se fait massacrer de -32%, et Boston Scientific perd 12% pour avoir osé dire que l’année serait « un peu plus difficile ». Le marché ne pardonne pas la franchise — il préfère le mensonge bien emballé.
Voici donc le tableau : le marché est un type bourré qui tient debout à 4h du matin par pure force d’habitude, persuadé qu’il peut prendre le volant. On verra cet après-midi si le PCE le fait dessaouler — ou s’il s’écrase contre un platane.
👉 Vous voulez savoir comment tout ça finit ? La chronique complète — quatre pages de marchés racontés comme une série Netflix, avec l’analyse, le contexte et les coups de gueule qui ne passent pas dans la version express — c’est sur morningbull.ch.
Abonnez-vous : il reste des places annuelles avec un rabais… mais je crains que ça se termine d’ici lundi prochain, à l’œil !
Belle journée à tous
Thomas Veillet
Investir.ch
