Trump est rentré plus ou moins à poil de Pékin – tout le monde s'accorde à dire que les Chinois ont gagné. L'Iran continue de bloquer Ormuz parce que c'est la dernière carte qui leur reste, et leurs demandes pour la paix relèvent de l'écriture automatique (les cinq conditions américaines aussi, d'ailleurs — j'en garde le détail pour les abonnés, parce qu'à 4h30 du matin, lister l'absurde fait mal au crâne). Et Donald, fidèle à lui-même, a sorti son post du dimanche soir sur Truth Social : « THE CLOCK IS TICKING ». Du coup les futures sont rouges, le Brent casse les 111$, et l'obligataire commence à hurler.

L’Audio du 18 mai 2026

Télécharger le podcast

Version express

Le scénario est d’une simplicité vexante. Ormuz fermé → pétrole +87% depuis décembre → inflation US à 3.8% (plus haut depuis mai 2023) → 30 ans américain à 5.15% (plus haut depuis 2007, juste avant que tout explose, vous vous souvenez ?) → la Fed va devoir pivoter, mais cette fois dans le mauvais sens → et les actions se demandent timidement si elles ne devraient pas regarder un peu plus la macro et un peu moins le narratif IA. Jusqu’à jeudi la réponse était : non. Vendredi : peut-être. Toute la baraque repose désormais sur l’espoir que Jensen Huang sorte mercredi soir le lapin trimestriel du chapeau habituel. Probable. Plus probable que voir Ormuz rouvrir, en tout cas. Et pendant que tout le monde regarde Nvidia, y a un truc qui se passe au Japon qui devrait nous donner de la fièvre — mais on en reparle entre nous demain matin.

Le vrai truc qui empêche les vieux comme moi de dormir, c’est le levier. La margin debt vient de toucher 1’304 milliards de dollars. Record absolu. +83 milliards rien qu’en avril, soit 5.2% du PIB américain — trois points au-dessus du pic de 2008 et largement au-dessus du sommet Dot-Com. Les Américains n’ont JAMAIS emprunté autant pour jouer en bourse. Pas en 2000, pas en 2007, pas en 2021. Jamais. Et ils font ça au moment précis où le 10 ans file vers 5%, où Ormuz est fermé, et où Trump réfléchit demain matin dans la Situation Room à savoir s’il bombarde l’Iran entre la poire et le fromage. Mais bon, y a Nvidia mercredi, donc tout va bien.

Ah, et j’ai pas eu le temps de vous parler du ménage de printemps chez Berkshire — Greg Abel a viré quinze positions d’un coup pour son premier 13F, dont deux qui vont vraiment vous étonner. Licenciement collectif de portefeuille. Buffett doit pleurer dans son Cherry Coke. Mais ça aussi, c’est pour la version longue.

Bilan : Trump bombarde Truth Social. L’Iran bombarde un peu des centrales nucléaires. Les obligations se font bombarder. L’or se fait bombarder. Le Bitcoin se fait bombarder sous les 80’000$. Et le S&P se prépare à se faire bombarder à son tour — sauf si Jensen. La moindre étincelle peut tout faire péter cet été. Mais d’ici là, on va probablement tout racheter trois fois, vendre deux fois, et finir la semaine plus haut qu’à l’ouverture. Parce que c’est précisément ce qu’on fait depuis sept semaines.

Excellent début de semaine à tous, et à demain matin pour la suite du film.

Thomas Veillet
Investir.ch

Petit message pour ceux qui ont survécu à la lecture jusque-là ;

L’analyse complète quotidienne — la vraie, quatre pages au lieu d’une, avec le truc japonais que personne ne veut regarder, le détail du ménage Abel chez Berkshire (et la position qui va vraiment vous faire rire), et les cinq conditions américaines impossibles pour la paix avec l’Iran — c’est sur Morningbull.ch.

Il reste 150 places pour l’abonnement annuel dégriffé.

Merci infiniment à tous les abonnés qui me supportent au quotidien — sans vous, le café du matin n’aurait pas le même goût.

Belle journée à tous !