Il est 6h34 ce matin, et pour la première fois depuis vingt ans, ce que vous êtes en train de lire ne s'appelle plus tout à fait une chronique gratuite. Vingt ans. Prenez une seconde pour faire le calcul. Vingt années de chroniques matinales tapées entre 4h30 et 7h, à commenter des marchés qui ouvrent, des dirigeants qui mentent, des analystes qui changent d'avis avec la grâce d'une girouette en pleine tempête et des banques centrales qui jurent chaque trimestre qu'elles voient enfin clair — promesses qui sont revisitées également chaque trimestre….

Vingt années passées à vous tenir compagnie pendant votre café, votre croissant ce qui restera probablement, ma contribution bénévole au monde merveilleux de la financ.

Vingt ans gratuitement.

Ce qui, en termes d’économie financière appliquée, s’appelle dans le jargon technique « une connerie monumentale ».

Mais c’était cohérent. Le web a été construit sur cette idée généreuse et profondément naïve que l’information voulait être libre — naïveté qui a fait la fortune de Google, le malheur d’à peu près tous ceux qui produisaient ladite information…

Pendant que je vous écrivais chaque matin à titre bénévole sur Investir.ch – ou encore avant, sur les blogs d’un journal genevois – des dizaines d’algorithmes très sérieux monétisaient votre attention en faisant clignoter des publicités pour des assurances vie obscures, des paris sportifs et des objets absolument indispensables pour votre barbecue de cet été.

Et j’étais censé être heureux. J’étais heureux, d’ailleurs — vous étiez là, on riait des prévisions consensus qui se trompaient cinq fois sur cinq et ça compensait à peu près le fait que cela ne payait pas le loyer. J’étais heureux et passionné et heureusement, je le suis toujours.

Peut-être même un peu plus.

Le 13 mai 2026, ce système s’arrête. Pas parce que j’en veux à quelqu’un, mais parce qu’il a tout simplement atteint ses limites.

 

Continuer à produire chaque matin une chronique sérieuse, sourcée, indépendante, dans un univers où le temps de cerveau disponible se vend désormais à la milliseconde aux enchères sur Instagram entre un cours sur l’IA et une publicité pour une produit à base de champignons qui vous fait perdre 20 kilos par mois et tous vos cheveux, c’est devenu intenable sans soutien direct.

Concrètement, voici donc ce qui change, et ce qui ne change pas.

Tout d’abord, ce qui ne change pas ; Investir.ch reste tel qu’il est. Je continuerai d’y publier chaque matin une chronique teaser, courte, dense, avec l’essentiel de ce qu’il faut comprendre du marché du jour. Gratuite, accessible à tous, sans inscription, sans paywall, sans newsletter forcée à laquelle vous devriez « confirmer votre adresse email ».

C’est mon hommage aux vingt ans qui viennent de s’écouler, et c’est mon engagement de ne pas disparaître pour ceux qui découvriront Morningbull dans les années à venir. La porte d’entrée reste ouverte. Le bistrot du coin de la rue reste ouverte à tout le monde. C’est juste qu’à l’étage, désormais, il y a quelque chose de plus.

Ce qui change. Tout le reste bascule sur Morningbull.ch. La chronique complète, les analyses approfondies, les vidéos hebdomadaires, les scénarios économiques, l’atelier portefeuille pédagogique, le webinaire mensuel, le groupe Telegram privé, les réponses à vos questions — bref, tout ce qui fait qu’on est passés en vingt ans d’une chronique solitaire à quelque chose avec un petit truc en plus.

Deux formules, volontairement simples, parce que je n’ai pas l’intention de vous proposer dix-sept versions différentes avec des cases à cocher comme une déclaration fiscale.

Tout d’abord la version PREMIUM à 19 CHF par mois (ou 149 CHF par an pour les 500 premiers membres fondateurs). La chronique complète, la pédagogie quotidienne, les bullets points, le chart du jour, l’idée ou la thématique du jour. Tout ce qu’il faut pour bien démarrer la journée et comprendre ce qui se passe vraiment derrière les titres aguicheurs de la presse mainstream — laquelle, soyons honnêtes, oscille entre « krach imminent » et « rallye historique » parfois dans la même semaine, et parfois dans le même article.

Ensuite, la version INSIDER à 29 CHF par mois (ou 249 CHF par an pour les 500 premiers membres fondateurs). Tout le PREMIUM, plus les vidéos hebdo exclusives, les scénarios WTF, le webinaire mensuel, le Telegram privé, l’atelier portefeuille pédagogique, les Q&A. Pour ceux qui veulent l’intégralité du dispositif et un accès direct.

Les 500 premiers abonnés bénéficient des tarifs membres fondateurs pour 12 mois. Au-delà des 500, les tarifs annuels passeront à 179 et 279 CHF. Ce n’est pas un argument marketing inventé pour créer une urgence artificielle, c’est une réalité comptable : il faut bien qu’à un moment ça paie effectivement la production. Mais pour les premiers qui me suivent dans cette nouvelle phase, je tiens à reconnaître votre engagement.

Voilà. Pas de fausse promesse, pas de discours commercial prémâché, pas de « ne ratez pas cette opportunité unique » en bandeau clignotant. Juste un constat lucide : ce qu’on a fait ensemble pendant vingt ans mérite d’avoir un futur, et ce futur ne peut pas être bâti sur le bénévolat éternel — sauf à considérer qu’écrire chaque matin pendant deux décennies, c’est un hobby comparable au tricot, ce qui serait franchement vexant pour les tricoteuses qui, elles, finissent au moins par avoir un pull.

Si vous me suivez depuis longtemps, vous savez à peu près ce que vaut ce que je fais. Si vous me découvrez ce matin, allez lire la chronique gratuite sur Investir.ch pendant quelques semaines, jugez sur pièces, et décidez ensuite.

Je n’ai jamais cru au modèle « abonnez-vous d’abord, on verra après » — c’est précisément le modèle des salles de sport et des applications de méditation, lesquelles fonctionnent essentiellement par culpabilisation post-Noël et oubli organisé.

C’est exactement ce que je refuse de faire ici.

DONC, après 20 ans, enfin, rendez-vous sur Morningbull.ch.

Et merci. Vraiment. Sincèrement. Vingt ans, c’est plus long que la plupart des mariages, des bull markets et des promesses de campagne réunis. Vous m’avez accompagné tout ce temps, à travers les krachs, les rallies, les bulles, les éclatements, les présidents qui faisaient n’importe quoi, les banques centrales qui faisaient encore pire en jurant que tout était sous contrôle.

À mon tour, maintenant, de vous proposer quelque chose qui mérite vraiment votre confiance.

À demain.

Et à tout de suite pour la dernière version gratuite de la chronique matinale

— Thomas