«C’est moi le boss». Voici comment Mr le président des Etats-Unis se présente avec un sourire en coin. Les fous de roi esquissent un rire nerveux et le roitelet français déroule le tapis rouge à Versailles. Eux, ce sont les mecs qui ne déclinent qu’un seul verbe: «se soumettre». Nous ne parlerons pas du bilan du pompier pyromane, les médias le font très bien.

Tout ce cirque cache un acteur qui connaît par cœur le théâtre des ombres, la Chine. En douce elle crée l’armée la plus fournie du monde et avance à grands pas dans le monde de l’IA et des semi-conducteurs. Last but not least, le monde de la tech américaine avec un mec qui possède une fortune colossale et qui deviendra aussi intouchable que le président des Etats-Unis. Rappelons que Mr Musk s’immisce dans la conduite de états souverains et soutient les partis d’extrême-droite et, de plus, se fend d’un salut que d’aucun ne voudrait pas revoir. Donc la question est : que s’est-il passé quelques années après la signature du traité de Versailles ?

Et une dernière pour les adeptes de la conspiration. Le traité de Versailles de 1919 a été signé par Woodrow Wilson pour les Etats-Unis. Il est victime en 1919 d’un AVC qui le rend inapte à exercer ses fonctions. Quid du président actuel qui a préféré signer un accord avec l’Iran en France plutôt que dans le pays d’Heidi?

Bon penchons-nous sur les marchés

En Suisse, la Banque nationale (BNS) a maintenu son taux directeur à zéro pour la quatrième fois d’affilée. En raison de guerre au Moyen-Orient, la BNS table sur une légère accélération de l’inflation, désormais estimée à 0,6% en 2026, à 0,6% en 2027 et à 0,7% en 2028. De son côté, le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) a légèrement revu à la baisse ses prévisions pour la croissance économique de la Suisse, en raison de la guerre en Iran.

A la Bourse suisse, le SMI a terminé la séance en baisse de 0,36%. Sur les 30 valeurs vedettes, 16 ont progressé, 14 reculé. Le podium du jour se compose de Sika (+2,9%), UBS (+2,6%) et Straumann (+2,6%). Nestlé (-0,1%) en revanche a glissé dans le rouge. Novartis a perdu 2,4% et Roche dernier du peloton, reculant de 2,7%. Le groupe pharmaceutique bâlois devra désormais composer aux Etats-Unis avec la concurrence d’un générique pour son antigrippal Xofluza.

Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé jeudi, les investisseurs se montrant partagés entre les inquiétudes liées à un éventuel resserrement de la politique monétaire aux États-Unis et l’accalmie des prix du pétrole dans le contexte de l’accord entre les États-Unis et l’Iran. À Paris, le CAC 40 a gagné 0,44% à 8.467,98 points et, à Francfort, le Dax allemand a pris 0,37%. Le Footsie britannique a en revanche clôturé en baisse de 1,04%, pénalisé par les valeurs minières et financières. Et les investisseurs ont pris connaissance de la décision de la Banque d’Angleterre (BoE) de maintenir ses taux d’intérêt inchangés. Capgemini a reculé de plus de 8%, dans le sillage du cabinet de conseil américain Accenture, qui a abaissé la fourchette haute de sa prévision de croissance annuelle du chiffre d’affaires, les entreprises limitant leurs dépenses face à une conjoncture économique incertaine. Carrefour a plongé de 6,1%, JP Morgan ayant placé le distributeur français sous surveillance négative en prévision de la publication des résultats du premier semestre. Edenred a bondi de 17% après des informations de presse faisant état d’un intérêt du fonds d’investissement britannique BC Partners. Volkswagen a baissé de 2,4% en réaction à des informations selon lesquelles son projet d’usine à Osnabrück rencontre des difficultés liées à un actionnaire clé.

Les rendements obligataires de la zone euro ont fini en ordre dispersé jeudi, les opérateurs évaluant l’évolution possible de la politique monétaire américaine et les perspectives concernant le Moyen-Orient. Le rendement du Bund allemand à dix ans a reculé légèrement pour s’établir à 2,9202%, tandis que celui de l’obligation à deux ans a pris 1,6 point de base à 2,5995%. Aux Royaume-Uni, le rendement du Gilt britannique à 10 ans a reculé de 3 points de base à 4,75%, tandis que celui de son homologue à deux ans a progressé de 3,6 points à 4,1814% après la décision de la BoE. Les marchés monétaires tablent sur au moins un nouveau relèvement des taux de la Banque centrale européenne (BCE) cette année, avec la possibilité d’un deuxième.

Aux Etats-Unis, l’effet Warsh

Le nouveau patron de la Fed a réussi à ménager Trump qui voudrait une baisse des taux d’intérêt. En effet, Mr Warsh a maintenu les taux comme attendu mais a contourné l’éceuil Trump en annonçant quelques réformes.

Déclaration et projections du FOMC

Le Comité fédéral de l’open market (FOMC) a approuvé la déclaration suivante par un vote unanime (12 voix pour, 0 contre) :

Le Comité a décidé de maintenir la fourchette cible du taux des fonds fédéraux entre 3,5% et 3,75%, conformément au double mandat de la Réserve fédérale. Le Comité a réaffirmé sa politique de maintien de réserves suffisantes dans le système bancaire.

L’activité économique progresse à un rythme soutenu malgré une incertitude élevée, due en partie au conflit au Moyen-Orient. La croissance de la productivité et les investissements de capitaux sont robustes. Les créations d’emplois ont suivi le rythme de la croissance de la population active et le taux de chômage est resté stable.

L’inflation demeure élevée par rapport à l’objectif de 2% fixé par le Comité, ce qui reflète en partie les chocs d’offre ayant entraîné des hausses de prix dans certains secteurs, notamment celui de l’énergie. Le Comité s’engage à assurer la stabilité des prix.

Warsh a également annoncé la création de cinq groupes de travail portant sur la communication de la Fed, le bilan, l’amélioration des données, la productivité et l’emploi, ainsi que les cadres de gestion de l’inflation. Ces groupes de travail incluront des experts externes.

Lors de la séance de questions-réponses, il a de facto mis fin à toute communication prospective. Toute question relative aux futures décisions de politique monétaire a été éludée. Il a toutefois affirmé que les marchés financiers fonctionnent mieux lorsqu’ils réagissent aux données et non aux directives de la Fed.

Les rendements à dix ans ont reculé de 3 points de base cette semaine, à 4,4510%, tandis que les rendements à 30 ans ont chuté de 7 points de base, à 4,9010%, soit leur plus bas niveau depuis environ deux mois.

Les indices boursiers ont surtout réagi aux nouvelles géopolitiques. Washington a annoncé jeudi la levée des blocus des ports iraniens, et des navires ont pu franchir le détroit d’Ormuz, passage maritime essentiel pour le commerce d’hydrocarbures. Selon l’accord, le trafic des navires commerciaux dans Ormuz sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit déminé. L’indice Nasdaq a progressé de 1,91%, l’indice élargi S&P 500 a gagné 1,09% et le Dow Jones a pris 0,14%. L’effet SpaceX : le prix de l’action du géant de l’aérospatiale SpaceX (-3,56% à 158,00 dollars) a terminé dans le rouge, pour la deuxième séance consécutive, une semaine à peine après un lancement boursier historique. SpaceX prévoit d’émettre pour la première fois des obligations de qualité investissement, ce qui viendra alourdir un calendrier d’émissions déjà surchargé. Le produit de cette émission servirait à refinancer un prêt-relais temporaire de 20 milliards de dollars arrivant à échéance en septembre 2027. Ce prêt-relais représente la majeure partie de la dette à long terme de SpaceX, qui s’élevait à 29,1 milliards de dollars au 31 mars, comme l’indique le prospectus d’introduction en bourse de la société. Mais c’est surtout le secteur des semiconducteurs qui mène le bal. Trump a déclaré qu’Apple avait accepté de travailler avec Intel pour concevoir et fabriquer ses puces en Amérique, et le PDG d’Apple, Cook, a déclaré qu’il prévoyait d’augmenter les prix en raison de la pénurie de puces mémoire.

La place américaine sera fermée vendredi pour observer le Juneteenth, journée fériée célébrant la fin de l’esclavage aux Etats-Unis.

Les cours du pétrole ont clôturé en légère baisse dans un contexte de forte volatilité, les acteurs du marché attendant la réunion prévue vendredi à Genève entre les États-Unis et l’Iran. L’OPEP a indiqué que la demande mondiale de pétrole devrait atteindre 113,3 millions de barils par jour d’ici 2030 dans ses perspectives pétrolières mondiales pour 2026, un chiffre inchangé par rapport à l’année dernière. Elle a par ailleurs relevé ses prévisions pour 2050, tablant désormais sur une demande de 124 millions de barils par jour.

Sur le marché des changes, l’indice du dollar américain affiche une hausse hebdomadaire de 1%, à 100,78. Cela a poussé le yen à 161,26 pour un dollar, son plus bas niveau depuis juillet 2024 et bien au-delà de la barre des 160, largement considérée comme la ligne rouge à ne pas franchir avant une intervention japonaise. La livre sterling a reculé de 0,1% à 1,3195 dollar, après une baisse de 0,7% pendant la nuit, la Banque d’Angleterre ayant maintenu ses taux d’intérêt inchangés à l’issue d’un vote à 7 contre 2.

Les métaux précieux ont été sous pression en raison de la vigueur du dollar. Le cours au comptant de l’or a reculé de 0,5% à 4.188 dollars l’once, tandis que celui de l’argent a également baissé de 0,8% à 65,30 dollars l’once.

Ce matin en Asie

L’indice japonais Nikkei a gagné 0,8%, atteignant un nouveau record pour la cinquième séance consécutive, portant ainsi son gain hebdomadaire à 8,5%. L’indice sud-coréen a bondi de 3,1%, s’ajoutant à sa hausse hebdomadaire de 15,3%. Les marchés boursiers de Chine continentale et de Hong Kong sont fermés à l’occasion de la fête des bateaux-dragons. Taïwan était également en jour férié.

La phrase du jour: « Ceux qui critiquent l’accord avec l’Iran « sont soit jaloux, soit de mauvaises personnes, soit stupides ». Trump