Trump a trouvé un accord de paix. Le 14 juin. Son 80ème anniversaire. Ce n'est pas une coïncidence. Ce n'est jamais une coïncidence avec cet homme. Il aurait signé n'importe quoi hier soir — une serviette de table, le menu du room service de Mar-a-Lago, la déclaration d'indépendance de la Lune — du moment que la signature tombait le jour de ses 80 ans et qu'il pouvait écrire en majuscules sur Truth Social que c'est lui, LUI, qui a mis fin à la guerre.
L’Audio du 15 juin 2026
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Les futures S&P explosent de 1.1%, le Nasdaq de 1.8%, le pétrole s’effondre de 5%, et c’est la fête en Asie. C’est aussi la 22ème ou 23ème fois qu’on monte sur l’espoir d’un accord depuis le début de cette guerre. Sauf que cette fois, l’accord existe vraiment. Peut-être. En grande partie. S’il est signé vendredi.
Ce qu’il y a dedans
Ce que le deal contient, c’est beau : cessez-le-feu immédiat, réouverture du détroit d’Ormuz, levée du blocus naval américain, dégel de 12 milliards d’avoirs iraniens, levée des sanctions pétrolières. La signature officielle se fera le 19 juin à Genève. Ce que le deal ne contient pas est encore plus intéressant — et c’est là que ça se complique vraiment. Le programme nucléaire iranien ? Repoussé à 60 jours de négociations. Les missiles balistiques ? Pas dans le MOU. Le soutien de Téhéran au Hezbollah ? Pas abordé. Et la télé d’État iranienne a annoncé que l’Iran avait « officiellement forcé l’ennemi américano-israélien à capituler. » Ce n’est pas tout à fait le même compte rendu que celui de Trump. Deux pays. Un même document. Deux victoires. C’est ça, la diplomatie de 2026.
L’or vous dit ce que les futures ne vous disent pas
La réaction des marchés est prévisible jusqu’à un certain point : Nikkei +3.6%, KOSPI +5.1%, dollar en baisse, le 10 ans américain qui recule à 4.42%. Classique. Mais il y a un actif qui fait un truc bizarre ce matin, et il faut en parler. L’or monte de 2.3%, à 4’317 dollars l’once. Après une annonce de paix. Ce qui, dans la logique boursière habituelle, ne devrait pas se passer — l’or baisse quand la géopolitique se détend. Sauf quand le marché ne croit pas complètement au deal. Je vous explique exactement pourquoi ce signal est probablement le plus important de la journée, et ce qu’il dit sur la vraie nature de cet accord, dans la chronique complète sur Morningbull.
Warsh, SpaceX et le désordre organisé de la semaine
La semaine ne se résume pas à l’accord. Mercredi, c’est la première conférence de presse de Kevin Warsh comme président de la Fed — l’homme qui a promis des baisses de taux à Trump et dont les collègues au FOMC penchent maintenant vers des hausses. Personne ne sait vraiment ce qu’il va dire. Ça promet.
Et vendredi dernier, pendant que la planète regardait le Moyen-Orient, SpaceX a fait son entrée en bourse. 75 milliards levés. La plus grande IPO de l’histoire. Elon Musk est officiellement le premier trillionnaire de l’histoire humaine. SpaceX se négocie à 112 fois son chiffre d’affaires 2025 — Nvidia, que tout le monde trouve « chère », tourne à 20 fois. Ce que ça implique sur les valorisations à venir, et notamment sur l’IPO d’Anthropic — qui vient d’ailleurs d’être contrainte de retirer ses deux modèles les plus avancés par décret gouvernemental américain, jailbreak et sécurité nationale à la clé — c’est une histoire à part entière. Résultat : la société qui préparait son IPO à 1’800 milliards se retrouve à gérer une crise réglementaire en pleine préparation d’introduction en bourse.
L’agenda de la semaine est chargé : Banque du Japon mardi (+25 bps à 1%, les taux les plus élevés depuis 1995), Warsh mercredi, signature du deal vendredi à Genève.
La chronique complète est sur Morningbull.ch et on y analyse tout ce que le marché célèbre ce matin — et tout ce qu’il préfère ne pas regarder. On se retrouve demain au même endroit ! Belle journée à tous.
Thomas Veillet
Investir.ch
“The miracle isn’t that I finished. The miracle is that I had the courage to start.”
John Bingham
