Avec l'essor de l'IA, du cloud et des services numériques, les data centers sont devenus extrêmement gourmands en énergie et en eau. Ce qui était auparavant traité comme un détail opérationnel — consommation électrique, accès au réseau, consommation d'eau, pollution de l'air — est désormais de plus en plus contesté juridiquement.
Mise en perspective du rapport «Global trends in climate change litigatio: 2026 (Grantham Research Institute, LSE 25 juin 2026)»
Le rapport identifie les litiges liés aux data centers comme l’une de trois zones d’expansion à surveiller dans les prochaines années pour le contentieux climatique (section 2.5), aux côtés des litiges sur les infrastructures de capture et stockage du CO2, et des liens entre changement climatique et autres problèmes environnementaux (comme la pollution plastique). Il s’agit donc d’une tendance émergente identifiée par les auteurs (Joana Setzer, Catherine Higham et Tiffanie Chan), plutôt que d’une catégorie de cas déjà comptabilisée dans les chiffres globaux du rapport (plus de 3’600 affaires recensées depuis 1986).
Cette tendance s’inscrit dans une dynamique plus large que documente le rapport: le cercle des acteurs et activités visés par le contentieux climatique s’élargit (plus de 50 nouvelles affaires stratégiques contre des entreprises en 2025, dans l’énergie, la finance, les transports, l’immobilier, etc.). Les data centers représentent ainsi une nouvelle frontière, comparable à l’extension passée du contentieux vers les aéroports ou les mines de lithium.
Ce que dit précisément le rapport à propos des centres de données
Les data centers sont ainsi associés à un enjeu précis: les émissions liées à l’alimentation énergétique de ces infrastructures et leurs impacts climatiques résultants — plutôt que les data centers en tant que tels.
Le contexte plus large qui explique cette émergence
Le boom de l’IA a transformé les data centers en sujet de contentieux pour plusieurs raisons convergentes, documentées dans la presse spécialisée qui couvre le rapport:
. Consommation énergétique massive: les data centers sont des charges électriques centralisées et constantes, contrairement à la demande résidentielle qui fluctue.
. Consommation d’eau importante pour le refroidissement.
. Pollution de l’air locale, notamment via les turbines à gaz utilisées pour alimenter ces sites en l’absence de raccordement réseau suffisant.
. Pression sur le réseau électrique, avec des répercussions sur les factures des riverains (hausse des coûts de l’énergie observée dans le Mid-Atlantic américain en 2025).
Exemples concrets cités dans les analyses du rapport

Le sens stratégique de cette tendance selon le rapport
Les auteurs situent ce phénomène dans un mouvement plus large déjà observé pour d’autres secteurs: le contentieux climatique s’étend au-delà des producteurs de combustibles fossiles et des objectifs gouvernementaux d’émissions, vers les infrastructures qui soutiennent l’IA, le cloud computing et les services numériques. C’est la même dynamique d’élargissement qu’on a vue précédemment avec les aéroports ou les mines de lithium — la consommation énergétique, l’eau, la pollution de l’air et l’accès au réseau électrique sont désormais traités comme des questions juridiques plutôt que de simples enjeux opérationnels.
Une tension politique notable est aussi soulignée: aux États-Unis, ce contentieux se développe en opposition frontale avec la politique fédérale, notamment le décret de juillet 2025 de l’administration Trump (« *Accelerating Federal Permitting of Data Center Infrastructure* »), qui vise justement à accélérer la construction de ces infrastructures.
Coup d’œil sur les marchés
À Paris, le CAC 40 a perdu 0,55% à 8.384,87 points vers 15h47 GMT. A Francfort, le Dax a reculé de 1,25% et à Londres, le FTSE 100 de 0,21%. L’indice EuroStoxx 50 a baissé de 0,69%, le FTSEurofirst 300 de 0,70% et le Stoxx 600 de 0,67%. Le compartiment des valeurs pétrolières et de l’énergie a abandonné 2,09% et celui des valeurs technologiques 1,17%. Sur la semaine, le Stoxx 600 a pris 0,05% tandis que le CAC 40 a abandonné 0,43%. En Suisse, le SMI a terminé la séance en baisse de 0,42%. Le podium du jour se compose de Swiss Re (+0,8%), Partners Group (+0,7%), qui a annoncé vouloir bâtir une tour à Miami, en Floride, au nom de la marque horlogère Breitling, et Swiss Life (+0,6%). Les poids lourds de la cote Novartis (+0,2%) et Roche (+0,2%) ont fini dans le vert. En revanche, Nestlé (-0,2%) a perdu du terrain en fin de séance. Lindt (-1,9%), UBS (-2,0%) et ABB (-2,5%) atteignent dans le fond du classement. Le conglomérat d’électrotechnique et d’automation a acquis le spécialiste norvégien de l’automation marine Hoglund et ses 80 collaborateurs.
Prise de profit dans le secteur des semi-conducteurs
La Bourse de New York a terminé en léger repli vendredi, mais est parvenue à limiter ses pertes, les investisseurs opérant une rotation hors des grands noms des semi-conducteurs au profit d’autres secteurs. L’indice Nasdaq a perdu 0,24%, tandis que le Dow Jones (-0,09%) et l’indice élargi S&P 500 (-0,05%) ont terminé proche de l’équilibre. Sur la semaine, le S&P 500 a reculé de 2,05 % et le Nasdaq a perdu 4,7 %. Les géants des puces – indispensables pour construire les centres de données où sont entraînés les modèles d’intelligence artificielle (IA) – ont encore été pénalisés vendredi, dans le sillage d’une semaine particulièrement éprouvante pour le secteur. Sandisk a glissé de 10,46%, Intel de 3,42%, AMD de 2,06%, Qualcomm de 7,57% et Nvidia de 1,64%, effaçant plusieurs dizaines de milliards de dollars de capitalisation boursière. Même Micron, qui a publié dans la semaine des résultats records, a chuté. En hausse de plus de 15% la veille en clôture, le groupe a perdu 6,69% vendredi. ON Semiconductor chuté de près de 24% après avoir conclu un accord en vue d’acquérir Synaptics SYNA.O dans le cadre d’une opération entièrement en actions évaluée à environ 7 milliards de dollars. Synaptics a reculé de 3,7%. En dehors des semi-conducteurs, le reste de la tech a globalement terminé dans le vert. Apple (+3,14% à 283,78 dollars) et Microsoft (+5,71% à 372,97 dollars) ont notamment été recherchés au lendemain de leur chute provoquée par l’annonce d’une hausse des prix de plusieurs de leurs appareils, les deux groupes invoquant l’envolée du coût des puces mémoire.
Le pétrole baisse mais pas les prix à la pompe en Suisse…
Malgré l’attaque d’un cargo la veille qui a poussé l’ONU à suspendre son programme d’évacuation, le prix du baril de Brent de la mer du Nord a perdu 4,33%, à 71,99 dollars, retrouvant des prix comparables à ceux d’avant le conflit au Moyen-Orient. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), a reculé de 3,74%, à 69,23 dollars. L’Iran a plusieurs fois mis en garde contre toute traversée du détroit sans son autorisation. Un cargo a été touché jeudi dans le détroit d’Ormuz.
…mais a eu un effet sur les marchés obligataires et sur le cours du dollar
Les rendements obligataires ont reculé, la baisse des cours du pétrole apaisant ainsi les craintes inflationnistes. Le rendement des Treasuries à dix ans recule de 2,1 points de base à 4,3705%. Le deux ans abandonne 4,1 points de base à 4,0798%. Le Bund allemand à dix ans est stable à 2,85%. Le deux ans grappille 0,1 point de base à 2,5175%.
Le billet vert recule, les anticipations d’une hausse des taux de la Réserve fédérale ayant été quelque peu tempérées par les dernières données économiques et la baisse des cours du pétrole. Le dollar perd 0,22% face à un panier de devises de référence et l’euro gagne 0,32% à 1,1405 dollar. La livre sterling gagne 0,20% face au dollar et cède 0,08% face à l’euro, mais s’apprête à enregistrer sa meilleure performance hebdomadaire face à la monnaie commune européenne depuis plus de cinq semaines, ignorant dans l’ensemble l’impact de la démission de Keir Starmer de son poste de Premier ministre britannique.
Par contre, l’or reprend un peu de couleur. L’or pour livraison en août s’échangeait en hausse de 1,3% à 4’098,00 $ US l’once. Le cours du métal précieux progresse après avoir touché la veille son niveau le plus bas depuis début novembre. Parmi les autres métaux précieux, l’argent au comptant a progressé de 2,2%. Le platine a gagné 2% et le palladium a bondi de 2,5%.
Dans le secteur des denrées alimentaire, notons les contrats à terme sur le blé au Chicago Board of Trade (CBOT) qui ont clôturé en baisse vendredi, le contrat le plus actif terminant dans le rouge pour la cinquième fois en six séances. Un temps plus sec et plus chaud cette semaine devrait favoriser la maturation des cultures et accélérer le rythme des récoltes dans certaines parties de la ceinture céréalière américaine, a souligné un analyste. Le recul des prix de l’énergie a pesé sur le soja et le maïs, tous deux utilisés comme matières premières pour les biocarburants. Le maïs au CBOT a cédé 0,06 % le boisseau.
La phrase du weekend
L’Iran a «violé, ENCORE UNE FOIS, l’accord de cessez-le-feu! Il se peut qu’un jour, nous ne puissions plus faire preuve de raison et que nous soyons contraints de mener à bien par la force militaire la mission que nous avons si bien entamée. Si cela se produit, la République islamique d’Iran cessera d’exister!» Trump dixit