Ce matin je me suis levé à 3h30. Pour être sûr de ne rien rater. Parce que quand le Kospi déclenche un circuit breaker avant même que Tokyo ait fini son café, ça annonce le genre de lundi où on regrette d'être sorti du lit. On rentre dans la semaine du 8 juin avec une gueule de bois qui date de vendredi et qui ne veut pas passer. Une nuit d'échanges de missiles et un marché obligataire qui hurle « HAUSSE DES TAUX » — pendant que Trump explique à NBC que monter les taux serait une très mauvaise idée et qu'il va calmer Netanyahu parce que le DEAL QUI EST À BOUT TOUCHANT risque de tomber à l'eau. Cent jours de guerre. Toujours pas de deal.

L’Audio du 8 juin 2026

Télécharger le podcast

La claque de vendredi — et l’Asie qui découvre le carnage ce matin

Vendredi, pendant que l’Asie dormait tranquillement, Wall Street a vécu sa pire journée depuis un an. Le Nasdaq a perdu 4,2% — sa plus grosse chute en points de toute son histoire. Le S&P a lâché 2,6%. La raison ? Un rapport sur l’emploi de mai proprement miraculeux : 172’000 créations de postes, toutes les attentes explosées, chômage stable à 4,3%.

Excellente nouvelle pour l’économie réelle. Catastrophique pour quiconque espérait que la Fed reste les bras croisés jusqu’en 2027 — et notez bien qu’on n’espérait même plus une baisse, juste l’immobilisme. Le 10 ans a filé à 4,55%. Les probabilités d’une hausse d’ici décembre sont passées de 38% à 43% en une seule séance.

Dur réveil

L’Asie a découvert tout ça ce matin avec le café froid. Le Kospi a plongé de 8,8% — circuit breaker déclenché trois minutes après l’ouverture. Samsung moins 11%. SK Hynix pareil. Le Nikkei cède 3,8%. Et le piquant de l’histoire, c’est que Jensen Huang était justement à Séoul ce week-end pour signer un partenariat avec SK Hynix autour des puces mémoire pour IA, partager du barbecue coréen avec les patrons de SK Group et LG. Deal annoncé dimanche soir. SK Hynix ouvre à moins 10% lundi matin. Merci d’être venu.

Ce qui s’est passé vendredi, c’est la mécanique classique d’un marché trop concentré qui se grippe : neuf semaines de hausse portées par une dizaine de titres dans un seul secteur, et le jour où quelque chose accroche, tout le monde court vers la même sortie de secours. C’est fini le « les femmes et les enfants d’abord ». C’est « me, myself and I ». Mercredi dernier on aurait vendu notre grand-mère pour acheter des semis. Ce matin on est dans une tranchée avec le casque sur la tête en train de hurler : « je vous l’avais dit que ça allait se péter la gueule ».

Bulle or not bulle ?

Il y a beaucoup, beaucoup plus à dire sur ce qui se passe vraiment dans les entrailles du marché — sur la structure de ces positions, sur ce que Broadcom a vraiment dit mercredi, sur pourquoi Ray Dalio a utilisé le mot « bulle » ce week-end et ce que ça implique concrètement pour vos portefeuilles. C’est dans la chronique complète de ce matin sur Morningbull.ch.

La nuit des missiles — et le deal qui s’éloigne encore

Et ce n’est pas tout. Parce que les marchés asiatiques n’avaient pas seulement à digérer vendredi. Dimanche, Israël a frappé Beyrouth — la ligne rouge absolue pour Téhéran. L’Iran a répliqué avec dix missiles sur une base israélienne. Israël a contre-attaqué en Iran. L’aéroport de Téhéran a fermé. Trump a demandé à Netanyahu de se calmer. Netanyahu a ordonné les frappes quand même. Un conseiller anonyme de la Maison Blanche a confié que Trump avait « sous-estimé la volonté iranienne de relancer le conflit ». Un officiel iranien a dit qu’un deal « n’est plus faisable à ce stade ». Puis Trump a dit une phrase rassurante sur Fox News, et les futures sont remontés.

Cent jours. 843 annonces de deal imminent. Et ce matin on repart de case départ avec le pétrole qui remonte et les stocks américains de brut qui commencent sérieusement à poser un problème — un problème dont les experts disent qu’il deviendra critique si le détroit reste fermé jusque dans l’été. Les chiffres sont là, ils sont inquiétants, et JPMorgan ose nous dire que le détroit rouvrira « ce mois-ci ». Sur la base de quoi exactement, personne ne le sait vraiment. La boule de cristal, peut-être.

Trump qui brasse de l’air

Les détails de cette mécanique géopolitique — pourquoi Trump est en train de perdre la main, ce que Netanyahu ne peut politiquement pas faire, et où en sont réellement les négociations — c’est tout l’objet de la chronique du matin sur Morningbull.ch.
Cette semaine : CPI, FOMC, SpaceX et le baptême du feu de Warsh

Ce qui va se passer dans les huit prochains jours mérite qu’on soit attentif. Le CPI sort mercredi — le bond market parie sur 4,3% annualisé, le plus fort depuis 2023. Le FOMC se réunit dans huit jours, première réunion sous Kevin Warsh. Trump lui a déjà dit ce week-end que monter les taux serait « idiot » — tout en précisant qu’il voulait que Warsh fasse « ce qu’il veut ». Le genre de phrase qui laisse peu de place à l’ambiguïté.

Et vendredi, l’IPO de SpaceX : 75 milliards levés, valorisation à 1’800 milliards, la plus grosse introduction en bourse de l’histoire — qui arrive précisément au moment où le marché vient de perdre mille milliards sur les semis en une journée. Le timing est… ambitieux. Si vous voulez tout comprendre sur l’IPO de SpaceX, je vous dis tout en vidéo sur la chaîne de nos amis de Zonebourse…

Sur tout ça — sur ce que Warsh va vraiment faire, sur pourquoi la thèse « l’IA est désinflationiste » que lui-même a défendue est en train d’être démontée par les données, et sur ce que vaut vraiment SpaceX selon les analystes indépendants — on décode tout ça dans la chronique complète de ce matin est sur Morningbull.ch – ça ne vous changera pas la vie, mais ça vous donnera des pistes pour argumenter aux dîner de Monsieur l’Ambassadeur.

Vous lisez la version express de la Chronique Matinale. La version complète — avec l’analyse détaillée des marchés obligataires, le dossier pétrole, le décryptage de la séquence diplomatique de la nuit et la perspective sur la semaine — est réservée aux abonnés Morningbull.

Il reste 15 abonnements annuels au tarif découverte — premier arrivé, premier servi – après y aura toujours de la place, mais ça sera plus cher.

Belle journée à tous et à demain, ici ou ailleurs.

Thomas Veillet
Investir.ch

“Setting goals is the first step in turning the invisible into the visible.”

Tony Robbins