Mercredi 1er juillet, premier semestre bouclé. Et pendant que Washington et Téhéran négocient leur 814ème cessez-le-feu via des médiateurs qataris — parce qu'apparemment, se parler en face, c'est trop demander — Wall Street vient de boucler son meilleur premier semestre depuis cinq ans. Oui, vous avez bien lu. Guerre ouverte, détroit d'Ormuz à moitié bloqué, échanges de tirs encore ce week-end... et les indices explosent quand même. Petit détail croustillant sur ces fameuses « négociations » : les émissaires américains rencontrent les médiateurs qataris...
Les chiffres qui font mal (aux vendeurs à découvert)
Pas les Iraniens. La délégation iranienne, elle, est bien présente au Qatar, mais refuse tout contact direct avec Washington. Deux délégations, dans le même pays, qui se parlent uniquement par intermédiaire interposé. On appelle ça de la diplomatie en 2026. Pendant ce temps, le Dow Jones affiche un nouveau record et +8,9% sur le semestre, meilleur H1 depuis 2021. S&P 500 : +9,6%. Nasdaq : +12%. Mais c’est sur le trimestre que ça devient vraiment indécent, avec des hausses à deux chiffres qu’on n’avait plus vues depuis le rebond post-Covid de 2020. Et le vrai monstre du trimestre, c’est le SOX, l’indice des semi-conducteurs : +87,8%. Pas une coquille. Les 30 composantes sont dans le vert, et certaines signent carrément leur meilleur trimestre de toute leur histoire. Sandisk a pris 258% en trois mois — et 4’804% sur douze mois. Quatre mille huit cents pour cent. Pour de la mémoire flash.
Et le détail le plus savoureux du trimestre ? Ce n’est même pas une boîte tech. C’est Caterpillar, le fabricant de pelleteuses, qui à lui seul représente 88% de la hausse du Dow en juin. Pourquoi ? Parce qu’il vend des générateurs aux centres de données IA. Même les bulldozers sont devenus une trade IA. On vous laisse digérer ça.
En face, ça pleure sec : Intuit, Zoetis, Accenture et Cognizant (carrément éjecté du Nasdaq-100) plongent tous de plus de 35%. Accenture signe même sa pire séance de toute son histoire. Le message est clair : si votre business repose sur des humains plutôt que sur des cartes graphiques, vous êtes officiellement en sursis. Et si en plus vous vendez du conseil, autant changer de métier tout de suite.
Pétrole en chute libre, or qui prend une claque
Logique du marché : on sort d’une guerre au Moyen-Orient, et pourtant le pétrole vit son pire trimestre depuis 2020, avec un Brent qui dévisse de 38%. L’or, lui, perd 13,4%, sa pire performance depuis 2013 — et dessine une figure technique qui ne va pas plaire à ceux qui comptaient dessus pour leur retraite. Pourquoi ce grand chassé-croisé ? Parce que le marché a déjà décidé que la paix arriverait, même si sur le terrain, ça canarde encore tous les week-ends.
Nike : le tour de magie comptable du jour
Nike publie un bénéfice par action de 72 cents contre 12 cents attendus. Carton, non ? Sauf que 52 de ces 72 cents viennent d’un simple remboursement fiscal, pas de ventes supplémentaires. Le chiffre d’affaires recule, les ventes en magasin chutent de 7%, et le titre traîne à un plus bas de douze ans après avoir perdu plus de 35% depuis janvier. La seule vraie bonne nouvelle s’appelle la Coupe du Monde, où Nike écrase Adidas en taux de produits déjà épuisés — mais même là, c’est compliqué, parce qu’un maillot qui se vend bien ne remplace pas des baskets qui ne se vendent plus.
Et aussi au menu de la chronique complète
Michael Burry qui ouvre des positions courtes tous azimuts sur Tesla, Nvidia, Caterpillar et les semi-conducteurs — encore une fois persuadé que le krach arrive, comme à peu près tous les trois mois depuis 2008. Le PCE qui grimpe à son plus haut niveau depuis octobre 2023, en partie à cause… de la pénurie de puces mémoire provoquée par l’IA elle-même. Et Dan Ives, l’analyste le plus optimiste de Wall Street, qui sort déjà un objectif et sa recommandation sur Space X – on en parle sur Morningbull.ch, mais on en a connu des plus sexy.
La suite, avec tous les chiffres, le contexte complet sur les négociations Iran-USA, et la conclusion qui fait mal, c’est sur Morningbull.ch. Je suis off demain pour des raisons de transversale automobile au Canada, mais je vous retrouve vendredi pour boucler la semaine.
Thomas Veillet
Investir.ch
« Greed is a bottomless pit which exhausts the person in an endless effort to satisfy the need without ever reaching satisfaction.”
Erich Fromm