Drones, dissuasion nucléaire et Navy «hybride»: le Royaume-Uni prévoit de porter son budget militaire à près de 300 milliards de livres, soit 348 milliards d’euros, durant les quatre prochaines années pour moderniser les forces britanniques dans un contexte de montée des menaces. Coup d’œil sur le marché européen de la défense.

Le marché mondial de la défense est estimé à 2’750,56 milliards USD en 2026, avec une projection à 4’268,06 milliards USD en 2035 (CAGR de 5%) selon Business Research Insights. Mais si nous tenons compte de la défense pure vs aérospatiale+défense les chiffres changent quelque peu. Le marché mondial de la défense à 869,94 milliards USD en 2026, atteignant 1 169,13 milliards USD en 2035 (CAGR 3%).

Marché européen de la défense

Toujours selon le même rapport, l’Europe devrait représenter environ 30 à 32% de part de marché mondiale sur la période 2026-2035.

Selon un autre rapport, celui de Mordor Intelligence, le marché européen de la défense, évalué à 133,54 milliards USD en 2025, devrait atteindre 142,42 milliards USD en 2026 puis 194,39 milliards USD en 2031, soit une croissance annuelle (CAGR) de 6,42% sur la période 2026-2031.

Répartition géographique : La Russie détenait 31,23% de part de marché en 2025, tandis que la Pologne devrait connaître la croissance la plus rapide, avec un CAGR de 8,32% jusqu’en 2031.

Par segments : Par forces armées : l’armée de terre dominait avec 42,67% des revenus en 2025, la marine affichant la croissance projetée la plus rapide (7,67% CAGR). Dans les forces aériennes, les mises à niveau se poursuivent sur les capteurs, la guerre électronique et la police aérienne.

Par type : les véhicules représentaient 48,85% du marché en 2025, tandis que les systèmes sans pilote devraient croître de 7,12% par an.

Par domaine : l’espace progresse rapidement sous l’impulsion des besoins en renseignement. La consolidation dans le secteur spatial européen, comme le protocole d’accord Airbus-Leonardo-Thales pour fusionner les activités spatiales, vise à atteindre l’échelle, l’autonomie et la compétitivité à l’exportation d’ici 2027.

Par nature de l’approvisionnement : la production indigène domine. La production indigène représentait 66,22% du marché en 2025 et devrait afficher la croissance la plus rapide avec un CAGR de 7,89%, soutenu par les cadres de l’UE qui promeuvent le contenu européen. Le dispositif SAFE de la Commission, approuvé en janvier 2026, canalise les financements vers les Etats membres, avec l’exigence qu’au moins 65% des approvisionnements proviennent d’Europe ou d’Ukraine, renforçant les objectifs de capacité régionale et de soutien allié.

Facteurs de croissance : les gouvernements alliés ancrent leurs allocations de défense sur des formules liées au PIB pour réduire la volatilité annuelle et permettre une planification industrielle pluriannuelle; les membres de l’OTAN se dirigent vers des dépenses plus élevées et durables, au-delà de l’ancien seuil de 2%.

Quid de la Suisse

Les dépenses de la défense en Suisse se structurent autour d’un budget militaire fédéral qui s’élève à près de 6 milliards de francs par an. Face à l’évolution de la situation sécuritaire, le Conseil fédéral prévoit une augmentation progressive pour atteindre 1% du PIB d’ici 2032, avec un plafond budgétaire de 25,8 milliards de francs pour la période 2025-2028. Pour combler les lacunes sécuritaires, le Département fédéral de la défense (DDPS) envisage de créer un fonds pour l’armement, qui pourrait être financé par une hausse temporaire de la TVA.

Pour une discussion éclairée sur l’état du secteur de la défense, le cyclope conseille la lecture du livre « L’Europe et ses armées » (par Aurélien Duchêne et Robin Gastaldi aux Editions EYROLLES, mars 2026).

Coup d’œil sur les marchés

Les Bourses européennes ont terminé en nette hausse jeudi, la bonne tenue des valeurs défensives ayant compensé la faiblesse du secteur technologique, tandis que les paris de hausses des taux se sont légèrement atténuées des deux côtés de l’Atlantique après la publication d’une nouvelle série de données macroéconomiques. À Paris, le CAC 40 a gagné 1,65% à 8.474,86 points. À Francfort, le Dax a pris 2,16% et à Londres, le FTSE 100 a avancé de 1,67%. L’indice EuroStoxx 50 a fini sur un gain de 1,24%, le FTSEurofirst 300 a pris 1,39% et le Stoxx 600 a progressé de 1,41% après avoir touché un nouveau record en séance à 650,48 points. Les marchés d’actions européens clôturent la séance soutenus par les secteurs les plus défensifs et par une conjoncture favorable alliant espoirs géopolitiques et une légère atténuation des risques inflationnistes. Tout cela a permis de compenser les difficultés rencontrées par le secteur technologique sur le Stoxx 600, qui a reculé de 2,1% et a été le seul à avoir clôturé dans le rouge parmi les compartiments de l’indice paneuropéen, qui a suivi la tendance déjà observée chez ses homologues asiatiques et américains et entamé le semestre sur une tendance hésitante. Sodexo a fini sur un gain de 7,3% après avoir relevé son objectif de croissance interne pour l’année 2026, le groupe français de services de restauration citant une performance supérieure aux attentes au troisième trimestre. Le laboratoire pharmaceutique Bayer s’est octroyé près de 9% après avoir annoncé le regroupement de ses activités américaines liées au Roundup au sein d’une nouvelle entité, Ruveon.

En Suisse, le SMI a terminé la journée en forte hausse de 1,69%. Les poids lourds de la cote Novartis (+2,4%), qui a obtenu de la Commission européenne l’homologation d’une version de sa thérapie génique contre l’amyotrophie spinale destinée aux enfants de plus de deux ans, aux adolescents et aux adultes, et Nestlé (+1,9%) ont fini dans le vert. UBS (+1,9%) a également étoffé ses gains. La Banque nationale suisse (BNS) a estimé que le géant bancaire UBS, ainsi que les banques axées sur le marché suisse, seraient capables d’absorber les pertes engendrées par « des scénarios défavorables ».

Dans la zone euro, le ralentissement plus marqué que prévu de l’inflation en juin a également renforcé la conviction des opérateurs que la Banque centrale européenne (BCE) maintiendra le statu quo ce mois-ci, après une hausse des taux d’intérêt intervenue en juin. Le rendement du Bund allemand à dix ans a pris 2,2 points de base à 2,9457%, tandis que celui de l’obligation à deux ans a reculé de 1,5 points de base à 2,4974%. Les BTP italiens sont carrément malmenés avec +7Pts vers 3,697%. Les « Gilts » UK s’en tirent mieux en relatif avec +2Pts à 4,785%.

Les marchés américains ont vécu des destins différents. L’indice Nasdaq, qui rassemble les valeurs technologiques, a reculé de 0,80%, l’indice élargi S&P 500 a terminé à l’équilibre (+0,00%) tandis que le Dow Jones a progressé de 1,14%, s’offrant un nouveau record en clôture, à 52.900,07 points. Le secteur des semi-conducteurs pèse sur le Nasdaq avec Nvidia (-1,39%), AMD (-4,26%), Intel (-5,25%), Broadcom (-2,41%), Sandisk (-14,13%) ou encore Micron (-5,49%). Le repli des grands noms des puces s’effectue au profit d’autres géants de la tech, tels qu’Apple (+4,84%), Microsoft (+1,62%) ou Amazon (+0,40%), mais profite aussi à d’autres secteurs comme la santé (AbbVie +3,96%, Eli Lilly +1,62%) ou les produits de consommation courante, à l’image des supermarchés (Walmart +2,78%, Costco +2,92%). Le spécialiste des véhicules électriques Tesla (-7,49% à 393,45 dollars) a chuté, malgré l’annonce d’une hausse de quasiment 25% des ventes mondiales au deuxième trimestre par rapport à début 2025.

Sur le plan macro-économique, le rapport sur l’emploi non agricole aux États-Unis a montré que l’économie avait créé 57 000 emplois le mois dernier, un chiffre bien inférieur aux estimations des économistes qui tablaient sur une hausse de 110 000. Le taux de chômage s’est établi à 4,2%, conformément aux prévisions de 4,3%. Dans ce contexte, sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à échéance dix ans restait stable par rapport à la veille, à 4,48%.

Ce matin en Asie, l’indice MSCI le plus large des actions de la région Asie-Pacifique hors Japon a progressé de 1,3% après deux jours consécutifs de baisse. En Corée du Sud, le Kospi a oscillé entre hausses et baisses, pour finalement clôturer en hausse de 3%, les acheteurs se ruant sur les actions des fabricants de puces électroniques, qui avaient été malmenées. Le Nikkei 225 a effacé ses pertes initiales pour terminer en hausse de 0,7%. L’indice Hang Seng a progressé de 0,8% tout comme l’indice Hang Seng China Enterprises.

L’indice du dollar américain a reculé de 0,2 % à 100,80. Face au yen, le dollar américain est resté stable à 161,125 yens alors que La livre sterling est restée à 1,3361 dollar, en voie de réaliser un gain hebdomadaire de 1,2%, sa meilleure performance en près de trois mois. Le dollar australien, sensible au risque, s’est négocié à 0,6935 dollar, s’apprêtant à rompre une série de quatre semaines de pertes. Le kiwi néo-zélandais s’échangeait à 0,5702 dollar, en hausse de 1,2% sur la semaine.

Du côté des cryptomonnaies, le bitcoin reculait de 0,4% à 61.306,45 dollars, tandis que l’ether perdait 0,7% à 1.692,16 dollars.

L’or au comptant gagnait 0,4% à 4 179,94 dollars l’once, atteignant son plus haut niveau depuis le 23 juin. Le métal jaune était en voie de réaliser un gain hebdomadaire de 2,3%. L’argent au comptant a progressé de 2,3%, le platine a gagné 2,7% et le palladium a ajouté 1,3%.

Les cours du pétrole ont légèrement augmenté vendredi avant un long week-end férié aux Etats-Unis, portes par un optimisme prudent concernant les efforts de paix au Moyen-Orient entre les Etats-Unis et l’Iran. Le contrat a terme sur le Brent progressait de 0,24%, à 72,10 dollars le baril. Le West Texas Intermediate (WTI) gagnait 0,20%, à68,83 dollars le baril.

Coup d’œil sur Trump

Le président Donald Trump a déclaré que le président de la Réserve fédérale (Fed), Kevin Warsh, est confronté à un conseil d’administration ‘un peu hostile’ et ‘peut-être un conseil qui veut prendre la mauvaise décision’. Trump a affirmé que Warsh est ‘un homme formidable et un grand professionnel’ mais qu’il ‘doit faire ce qu’il a à faire’, après avoir été interrogé sur le fait de savoir si un rapport sur l’emploi de juin plus faible que prévu donnait à la Fed plus de flexibilité pour réduire les taux d’intérêt. Il a également déclaré que son administration relancerait les efforts visant à évincer la gouverneure de la Fed, Lisa Cook, suite à une décision de la Cour suprême pour des motifs de procédure.