L’action de SpaceX s’arrêtera-t-il sur la lune ou sur mars ?

De nombreux analystes de Wall Street se montrent extrêmement optimistes quant aux perspectives de SpaceX, avec des objectifs de cours à 12 mois allant de 800 $ pour Raymond James à 401 $ pour Arete Research et 300 $ pour Morgan Stanley.

L’objectif de cours moyen des 34 analystes suivis par Bloomberg se situe désormais autour de 236 $, ce qui représente un potentiel de hausse considérable par rapport au cours actuel d’environ 150 $ et confirme l’idée que les analystes commencent à considérer SpaceX moins comme une entreprise aérospatiale et davantage comme un acteur majeur dans les domaines de l’IA, du haut débit par satellite et des infrastructures de nouvelle génération.

2026.07.13.SpaceX chart

Raymond James est l’analyste le plus optimiste parmi ceux qui suivent SpaceX, ayant initié sa couverture avec une recommandation de«Strong Bu » et un objectif de cours à 12 mois de 800 $, le plus élevé du marché, soit environ 500% au-dessus de son prix d’introduction en bourse. «Tout comme les chemins de fer, les réseaux électriques et Internet ont profondément transformé les époques économiques précédentes, nous pensons que SpaceX est en train de bâtir les fondements de la prochaine génération de capacités industrielles», a écrit Brian Gesuale, analyste chez Raymond James, dans une note à ses clients.

Doug Anmuth, analyste chez JPMorgan, a indiqué mardi à ses clients que son équipe avait entamé la couverture de SpaceX avec une recommandation « Surpondérer » et un objectif de cours de 225 $ à 12 mois.

«Les ambitions de SpaceX sont plus grandes que celles de toutes les entreprises que nous avons observées: rendre la vie multiplanétaire, exploiter l’énergie solaire pour développer l’IA dans l’espace et construire des bases sur la Lune et des villes sur d’autres planètes», a écrit M. Anmuth dans sa note.

Il a poursuivi: «À notre avis, aucune autre entreprise n’est aussi bien placée pour conquérir le marché total adressable (TAM) estimé à plus de 28’000 milliards de dollars.» Le lancement est un facteur clé de succès et de différenciation, avec environ 670 lancements orbitaux, un taux de réussite supérieur à 99% et plus de 80% de la masse totale placée en orbite depuis 2023. Starship devrait permettre de réaliser des économies d’un facteur 10 et d’offrir une charge utile environ quatre fois supérieure à celle de Falcon 9, tout en permettant à l’entreprise de conquérir des marchés entièrement nouveaux. La connectivité est le moteur des résultats financiers actuels grâce à Starlink, la plus grande constellation LEO (plus de 9 600 satellites, plus de 12 millions d’abonnés actifs, 164 marchés), où nous prévoyons une augmentation du nombre d’abonnés haut débit, passant de 9 millions en 2025 à plus de 95 millions en 2030. Surtout, l’IA devrait être le principal moteur de croissance à long terme, SpaceX prévoyant de multiplier par huit sa capacité de calcul terrestre pour atteindre 8 GW d’ici fin 2028 et de développer sa capacité de calcul orbitale pour atteindre environ 75 GW d’ici fin 2031. Nous pensons que le potentiel de croissance reste important, l’entreprise étant en train de repousser les limites de l’intelligence artificielle. Edison Yu, de la Deutsche Bank, a déclaré plus tôt dans la journée à ses clients que SpaceX «représente à nos yeux l’apogée de l’ambition civilisationnelle, souvent exprimée par l’acier et le feu, infléchissant le cours de l’histoire pour faire de l’humanité une civilisation multiplanétaire grâce à la construction d’infrastructures fondamentales dans les domaines du transport, de la connectivité et de l’IA.»

«En résumé, dans presque tous les secteurs, nous peinons à trouver des concurrents capables de remettre en cause l’avantage concurrentiel de SpaceX et, par conséquent, nous entamons la couverture du titre avec une recommandation d’achat et un objectif de cours de 255 $», a ajouté M. Yu.

Morgan Stanley est un autre investisseur optimiste, avec un objectif de cours de 300 $ à 12 mois. Les analystes de la banque estiment que l’entreprise est bien positionnée pour tirer profit de la demande en IA. L’analyste Tom Narayan de RBC Capital Markets a relevé l’objectif de cours de Tesla à 12 mois, anticipant une fusion entre SpaceX et Tesla.

Narayan poursuit: «Notre analyse: Dans ce rapport, nous relevons notre objectif de cours pour Tesla à 500 $ en intégrant une prime de 25 à 30% par rapport au cours actuel (et une prime de 15% par rapport à la valeur intrinsèque de l’action), compte tenu d’un scénario d’acquisition potentiel par SpaceX, basé sur des informations médiatiques non confirmées. Nous affinons également notre évaluation de la valeur intrinsèque de Tesla. Nous sommes convaincus que notre travail sur les robotaxis est unique, tant par son approche que par sa précision. Parallèlement, les analystes de Morningstar restent les plus pessimistes quant aux perspectives de SpaceX, avec une recommandation de «Vendre» et un objectif de cours à 12 mois de 62 $.

Coup d’œil sur les marchés

Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé vendredi, les investisseurs s’interrogeant sur ‌les derniers développements sur le Moyen-Orient, tandis que la cotation américaine de SK Hynix vient rassurer les craintes liées à l’IA. À Paris, le CAC 40 a gagné 0,15% ​à 8.338,97 points. À Francfort, le Dax a cédé 0,20% et à Londres, le FTSE 100 a pris 0,24%. L’indice EuroStoxx 50 a reculé de 0,23%, tandis que le FTSEurofirst 300 a avancé de 0,02% et le Stoxx 600 de 0,04%. Sur la semaine, le Stoxx 600 a abandonné 1,90% et le CAC 40 a perdu 2,25%. À Paris, ArcelorMittal a gagné 6,42% après que JP Morgan a relevé sa recommandation sur le titre, se hissant à la ‌tête du CAC 40. Ailleurs en Europe, EasyJet a décollé de 14,28% après que la compagnie aérienne britannique à bas prix a annoncé avoir donné ⁠son accord de principe à une offre de rachat de 5,7 milliards de livres sterling (6,69 milliards d’euros) émanant d’Apollo ⁠Global.

En Suisse, le SMI a terminé la séance en hausse de 0,14%. Côté perdants, ABB (-1,3%) a terminé avec la lanterne rouge, confronté à plusieurs baisses d’objectifs de cours, derrière Sandoz Group (-1,2%) et Lindt & Sprüngli (-1,0%), qui a continué de souffrir des craintes d’une nouvelle hausse des prix du cacao, en raison d’une baisse potentielle de la prochaine récolte. Richemont (-1%), Galderma (-0,9%), ainsi que les deux poids lourds Nestlé (-0,2%) et Novartis (-0,02%) complétaient la liste. Le bon Roche (+0,3%) a en revanche soutenu le marché.

Les chiffres de l’inflation en France et en Allemagne sont « contrastés ». L’inflation en France, harmonisée selon les normes européennes (IPCH), a ralenti comme prévu sur un an ‌en juin à 2,0%, montrent les données définitives publiées vendredi par l’Insee. En Allemagne, l’inflation IPCH a été confirmée vendredi en hausse de 2,4% sur un an et en recul de 0,2% sur un ​mois en juin.

En Europe les OAT sont inchangées à 3,829% mais le Bund rajoute +1,2Pt à 3,044%… les BTP italiens se détendent de -0,5Pt à 3,8100%. Outre-Manche, les « Gilts » véhiculent un petit signe d’apaisement avec -1,7Pt de base à 4,8880%… mais sur la semaine, le bilan reste très négatif avec +11Pts, et même +20Pts la veille lors du test des 4,9820%.

Les trois principaux indices américains ont terminé la journée en hausse vendredi: le Dow Jones Industrial Average a progressé de 0,29%, le S&P 500 de 0,42% et le Nasdaq de 0,29%. L’indice MSCI, qui recense les actions du monde entier, affichait en fin de séance une hausse de 0,4%. Le fabricant sud-coréen de puces SK Hynix a fait une entrée fracassante sur les marchés américains vendredi, ses actions cotées aux États-Unis ayant bondi de 14 % lors de leurs débuts au Nasdaq, après que l’entreprise eut levé environ 26,5 milliards de dollars, ce qui témoigne d’un fort engouement des investisseurs pour s’exposer à la chaîne d’approvisionnement de l’IA. Les autres grands noms des puces ont terminé en ordre dispersé. Le mastodonte Nvidia a progressé (+4,03%), de même qu’AMD (+2,04%) et Texas Instruments (+0,95%), tandis qu’Intel a perdu 2,40% et Broadcom, 0,28%. Ailleurs à la cote, Meta gagné du terrain (+5.97% à 669,21 dollars), profitant du lancement de Muse Spark 1.1, un modèle d’IA destiné aux développeurs informatiques, la plaçant en concurrence plus directe avec les leaders du secteur, OpenAI et Anthropic.

Le rendement de référence à 10 ans a progressé de 3 points de base (pb) à 4,569 %, après avoir atteint mercredi un sommet de sept semaines. Les rendements des obligations américaines à 30 ans ont augmenté de 1,8 pb à 5,071%, après avoir également grimpé à un pic de sept semaines mercredi. Sur la partie courte de la courbe, le rendement des notes à 2 ans a progressé de 5 pb à 4,212%. Dans l’ensemble, les rendements du Trésor ont augmenté pour la deuxième semaine consécutive. Les rendements américains à 10 ans, par exemple, ont pris près de 20 pb au cours des deux dernières semaines, leur plus forte progression sur une telle période depuis la mi-mai. Le rendement à deux ans a également grimpé, progressant de plus de 12 pb en deux semaines, soit la plus forte hausse depuis la semaine du 18 mai.

2026.07.13.US rates

Vendredi, le billet vert glanait 0,15% face à la monnaie unique européenne, à 1,1414 dollar pour un euro, et grappillait 0,11% face à la devise britannique, à 1,3394 dollar pour une livre sterling. En parallèle, la devise japonaise, qui avait atteint fin juin un plus bas depuis 40 ans face au billet vert, prenait vendredi 0,42%, à 161,73 yens pour un dollar. La ministre japonaise des Finances Satsuki Katayama a appelé les fonds de pension du pays à accroître leurs participations dans des actifs nationaux, à l’occasion d’un point presse vendredi sur les projets d’investissements du gouvernement, a rapporté le Japan Times.

Les cours pétroliers reculent légèrement alors que Donald Trump a déclaré que les États-Unis acceptent de reprendre les négociations avec l’Iran. Le Brent cède 1,05% à 75,50 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) lâche 1,54% à 70,97 dollars. Les cours sont toutefois en passe d’enregistrer une hausse hebdomadaire de près de 5% au gré de la reprise des hostilités au Moyen-Orient.

Ce matin en Asie: au Japon, le Nikkei a chuté de 1,6 %, après avoir déjà perdu 1,7 % la semaine dernière, tandis que l’indice MSCI le plus large des actions d’Asie-Pacifique hors Japon a reculé de 0,9 %. Le marché sud-coréen, autrefois en pleine effervescence, a dévissé de 5,4 %. Il sera particulièrement surveillé après avoir perdu près de 8 % la semaine dernière. L’indice Shanghai Composite, principal baromètre des actions chinoises, a débuté la séance en baisse de 0,8 % à 3 966,02 points. L’indice Shenzhen Component a quant à lui reculé de 0,9 % pour s’établir à 14 908,98 points.

Le baril de Brent a grimpé de 4,1 % pour atteindre 79,11 dollars, s’éloignant de son récent creux de 70,14 dollars, tandis que le brut américain (WTI) a progressé de 4,1 % à 74,37 dollars le baril.

Le FMI a sorti les nouveaux chiffres économiques. La croissance mondiale est projetée à 3,0% pour 2026 et à 3,4% pour 2027, un niveau globalement inchangé par rapport aux Perspectives de l’économie mondiale d’avril 2026. Les perspectives sont contrastées: le choc de la guerre pèse sur les importateurs d’énergie et les économies vulnérables, tandis que la demande alimentée par l’IA stimule les pays intégrés à la chaîne de valeur technologique mondiale.

La désinflation mondiale est au point mort. Les risques sont plus équilibrés qu’en avril, mais les risques de dégradation liés à la reprise des conflits et à la réévaluation des marchés financiers persistent. Les décideurs politiques devraient préserver la stabilité des prix, reconstituer les marges de manœuvre budgétaires et renforcer la capacité d’adaptation.

Coup d’œil sur Trump

Sans commentaire…

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Source : FT