C’est encore une histoire de drones et de Trump qui change à nouveau d’avis sur les droits de passage du détroit. N’oublions pas les premiers résultats de banques américaines et la surprise d’IBM.

La prolifération de drones kamikazes et d’intercepteurs à bas coût semble s’accélérer, les États commençant à constituer des stocks de ces plateformes consommables. Ce phénomène reflète une évolution rapide et structurelle de la guerre moderne vers des armes de masse à usage unique.

Plus inquiétant encore, certains de ces drones semblent être commercialisés bien au-delà des circuits militaires traditionnels et potentiellement vendus au plus offrant.

Des entreprises qui semblent être chinoises et qui font la publicité de systèmes de drones à double usage avancés ont été identifiées sur Facebook, ce qui laisse penser que les technologies de guerre par drones pourraient bientôt être facilement accessibles sur le marché commercial. Plusieurs entreprises présentes sur Facebook semblent commercialiser des drones kamikazes et des intercepteurs à bas coût, similaires à ceux observés en Ukraine, comme le montrent des vidéos Reels.

Lorsqu’on contacte des entreprises de drones apparemment basées en Chine ou à Hong Kong, qui vendent des drones intercepteurs dotés d’une intelligence artificielle avancée, on reçoit un document commercial. La question centrale est de savoir si ces exportateurs respectent la loi chinoise sur le contrôle des exportations et la réglementation de 2024 relative aux biens à double usage. Le risque potentiel pour la sécurité nationale est évident: des systèmes de drones à bas coût pourraient être acquis par des groupes criminels, des réseaux terroristes ou d’autres acteurs non étatiques menaçants, disposant de faibles barrières techniques et financières.

Un premier avertissement est parvenu du Mexique, où les autorités ont récupéré un drone à fibre optique. Cette découverte laisse penser que des technologies perfectionnées sur les champs de bataille modernes, comme en Ukraine, pourraient déjà se diffuser vers le territoire américain et d’autres pays alliés.

Et encore…De nouvelles données révèlent que l’Arabie saoudite a acheté pour 47,2 millions de dollars de petits drones à Taïwan le mois dernier, un montant record, soulignant ainsi la rapidité avec laquelle les gouvernements se procurent des drones kamikazes.

Bloomberg a été le premier média à citer ces nouvelles données du ministère taïwanais des Finances, montrant une forte hausse des exportations de drones en juin, alimentée par une commande record de l’Arabie saoudite. Ce calendrier suggère que Riyad a tiré de nombreux enseignements du conflit irano-américain et s’efforce de constituer rapidement des stocks de drones d’attaque unidirectionnelle et d’interception.

Les drones exportés pesaient entre 7 et 15 kilogrammes environ (jusqu’à 30 livres). Dans un récent rapport de Clarke Jeffries, analyste chez Piper Sandler, ces drones sont classés dans les groupes 1 et 2. Il a également listé des pistes pour tirer profit de l’industrie des drones face à cette vague de commandes.

2026.07.15.Drone Piper Sandler

Coup d’œil sur les marchés

Les Bourses européennes ont terminé en légère hausse mardi, se remettant des pertes enregistrées en début de séance grâce au ralentissement de l’inflation américaine, même si le contexte reste marqué par la flambée des prix du pétrole, alors que l’étau se resserre à nouveau autour du détroit d’Ormuz. À Paris, le CAC 40 a terminé sur un gain de 0,03%. Le Footsie a pris 0,30% et le Dax 0,12%. L’indice EuroStoxx 50 a terminé sur un gain de 0,19%, le FTSEurofirst 300 a progressé de 0,12% et le Stoxx 600 s’est octroyé 0,14%. À Paris, EssilorLuxottica a perdu 2,5% après que Goldman Sachs a abaissé sa recommandation pour le lunetier franco-italien, anticipant une concurrence plus rude sur le marché des lunettes dotées d’IA et un ralentissement de la croissance au second semestre. Les valeurs françaises du luxe ont également souffert, Kering et LVMH terminant en baisse respectivement de 2,4% et 1,7%, et pesant sur le compartiment sectoriel du Stoxx (-1,13%). Capgemini et Dassault Systemes ont pour leur part reculé d’environ 1,5%, les prévisions jugés décevantes du groupe américain IBM pour le trimestre pénalisant l’ensemble du secteur des logiciels.

En Suisse le SMI termine sur une note baissière (-0,17%). Les trois poids lourds, à savoir les deux mastodontes pharma Roche (-1,1%) et Novartis (-1,7%) ont fortement pesé sur les indices, tout comme le géant alimentaire Nestlé (-0,3%). Roche a annoncé le lancement du Cobas HDV, premier test automatisé pour détecter l’hépatite D, la forme la plus grave de l’hépatite virale.

Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans a fini presque inchangé à 3,0697%, tandis que celui de l’obligation à deux ans a grappillé 0,7 points de base à 2,7228%, réduisant leurs gains après la publication des données sur l’inflation américaine.

La Bourse de New York a terminé en hausse mardi, soutenue par des données d’inflation meilleures qu’anticipé, sur fond de résultats trimestriels solides pour le secteur financier. L’indice Nasdaq a progressé de 0,90%, l’indice élargi S&P 500 a gagné 0,38% et le Dow Jones a grappillé 0,02%. Goldman Sachs s’est envolée de 9,12% à 1.141,28 dollars, JPMorgan Chase a gagné 2,54% à 343,03 dollars et Bank of America, 1,91% à 60,64 dollars. Wells Fargo (-2,65% à 85,35 dollars) et Citigroup (-5,28% à 133,28 dollars) ont toutefois terminé dans le rouge, affectées par des prises de bénéfices et par des craintes concernant de futures hausses des coûts, selon les analystes.

Goldman Sachs a réalisé un trimestre exceptionnel, avec un BPA de 20,98 $ contre un consensus de 14,10 $, alors que les attentes des investisseurs se situaient majoritairement entre 15 et 16 $. Ces résultats du deuxième trimestre marquent le troisième trimestre consécutif où la division actions de la banque établit un record historique. Ses gains sur les trois derniers mois seulement dépassent le total des quatre trimestres de 2019.

Bank of America a annoncé un BPA de 1,21 $ contre un consensus de 1,12 $, cette hausse étant principalement due aux revenus de commissions, qui ont atteint 15,6 milliards de dollars contre un consensus de 14,5 milliards de dollars. Il s’agit d’un premier semestre record pour la division des ventes et du trading, une activité que la banque s’est efforcée de renforcer ces dernières années.

Wells Fargo a dépassé les attentes, son résultat net par action (PPNR) étant supérieur d’environ 12 % au consensus grâce à la hausse des commissions de gestion de patrimoine et de banque d’investissement. Les commissions de banque d’investissement ont progressé de 35 % pour atteindre 939 millions de dollars. Wells Fargo se classe sixième au palmarès des fusions-acquisitions de Bloomberg et affiche la valeur moyenne des transactions la plus élevée, soulignant son rôle dans certaines des plus importantes opérations du marché cette année.

JPMorgan a de nouveau enregistré des résultats nettement supérieurs aux attentes sur les marchés de capitaux, mais la réaction de ces derniers pourrait être plus modérée. JPMorgan a revu à la hausse ses prévisions de coûts pour l’exercice, les portant à environ 107,5 milliards de dollars, un montant supérieur à celui annoncé par Dimon lors d’une conférence sectorielle en mai. La banque a indiqué que cette augmentation est « principalement due à la hausse des dépenses liées au volume et au chiffre d’affaires, elle-même liée aux niveaux d’activité et aux performances supérieures aux prévisions ». Pour le trimestre, les dépenses se sont élevées à 27,3 milliards de dollars, un montant supérieur aux attentes.

Le groupe informatique IBM a dévissé de 25,21% à 217,07 dollars après avoir annoncé que ses résultats du deuxième trimestre décevraient les attentes, évoquant une réorientation des dépenses de clients vers les infrastructures liées à l’intelligence artificielle (IA). Le constructeur de véhicules électriques Lucid a lui glissé de 16,15% à 4,62 dollars, miné par des informations de presse selon lesquelles le groupe pourrait se déclarer en faillite. Après avoir perdu près de 10% la veille, le fabricant sud-coréen de puces mémoire SK Hynix a été propulsé de 27,29% à 193,92 dollars mardi.

L’indice des prix à la consommation (CPI) a ralenti à 3,5% sur un an en juin aux Etats-Unis, contre 4,2% le mois précédent, notamment grâce au recul du prix de l’essence. Sur le marché obligataire, le taux d’emprunt de l’Etat américain à échéance dix ans se détendait à 4,58% vers 20H15 GMT, contre 4,62% à la clôture lundi.

Ce matin en Asie : En Corée du Sud, le KOSPI, à forte composante technologique, a bondi de 6 % en début de séance, tandis que le Nikkei japonais a progressé de 0,4%. L’indice MSCI le plus large des actions d’Asie-Pacifique hors Japon a grimpé de 1,7%. L’indice Hang Seng a progressé de 0,9% tandis que l’indice Hang Seng China Enterprises a gagné 0,6%.

Le dollar a accentué sa faiblesse mercredi après avoir décroché de son plus haut de deux semaines. Des données d’inflation plus modérées que prévu ont freiné les paris sur une hausse imminente des taux de la Réserve fédérale (Fed), malgré les craintes que la cherté du pétrole ne vienne alimenter les risques inflationnistes. Face au yen, le dollar s’échangeait à 162,08, en baisse de 0,1%. L’euro et la livre sterling progressaient chacun de 0,1%, s’échangeant respectivement à 1,1433 $ et 1,3401 $. Le dollar néo-zélandais était également bien orienté à 0,5819 $, gravitant autour de son plus haut niveau en un mois, tandis que le dollar australien restait stable à 0,6983 $. L’indice du dollar américain, qui mesure la devise face à un panier de six monnaies de référence, s’affichait en légère baisse à 100,81.

L’or au comptant cédait 0,5% à 4’035,67 dollars l’once. Parmi les autres métaux précieux, l’argent au comptant a perdu 0,3% à 58,48 dollars l’once. Le platine a progressé de 0, % à 1’635,56 dollars et le palladium a grimpé de 0,2% à 1’307,11 dollars.

Tôt ce matin, les États-Unis ont également entamé une nouvelle série de frappes « pour continuer à dégrader les capacités iraniennes utilisées pour attaquer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz », a déclaré l’armée américaine. Conséquence : après 2% de hausse hier, le baril de Brent gagne 1,46 dollar, soit 1,72%, à 86,19 dollars, tandis que le WTI progresse de 1,11 dollar, soit 1,4%, à 80,40 dollars.

Coup d’œil sur Trump

«Suite à des échanges très fructueux avec les dirigeants du Moyen-Orient, j’ai décidé de remplacer la taxe de remboursement de 20 % imposée par les États-Unis par des accords commerciaux et d’investissement que les différents États du Golfe concluront avec les États-Unis. Ces investissements seront considérables, mais aussi extrêmement bénéfiques pour eux et leur avenir.»