Billets de banque et expression de pouvoir mais aussi une inflation en baisse aux Etats-Unis...mais pour combien de temps?
Par Mathieu Bidaux, chercheur associé au laboratoire GRHIS, Université de Rouen Normandie
Alors que Donald Trump souhaite imprimer sa signature et son visage sur un billet de 250 dollars états-uniens, la Banque nationale suisse présente sa nouvelle gamme de billets tandis que la Banque centrale européenne (BCE) a sélectionné deux thèmes pour ses nouveaux billets: «La culture européenne: un héritage commun» et «Fleuves et oiseaux: force et diversité». Alors, quel objectif poursuivent les banques centrales?
Le 27 mars 2026, le département du Trésor des États-Unis annonce que la signature du président Donald Trump allait figurer sur le billet vert. Le dollar prend le risque d’éroder la confiance dont il bénéficiait jusqu’alors. L’autorité avec laquelle Donald Trump impose son projet – comme en témoigne le limogeage de la directrice du Bureau of Engraving and Printing – contraste avec les précautions et les sondages publics mobilisés par les banques d’émission européennes pour choisir leurs vignettes.
Pour sa troisième série, la BCE a lancé des groupes de discussion entre décembre 2021 et mars 2022 puis organisé des enquêtes publiques mobilisant jusqu’à 365’000 Européens. De ces consultations sont sorties deux gammes «La culture européenne: un héritage commun » et «Fleuves et oiseaux: force et diversité», dont l’une d’elles propose le retour des portraits de personnalités, permettant de donner de la chair au billet, permettant de s’identifier.
Banque nationale Suisse et BCE mettent à profit les progrès techniques permettant de consulter les populations avant l’émission des billets afin de s’assurer l’adhésion des peuples à leurs monnaies. La démarche de Donald Trump prend ainsi le contre-pied des banques d’émission attachées à leur indépendance dans le processus de fabrication des billets. Deux modèles coexistent. L’avenir dira si le dollar états-unien gagnera ou perdra en crédibilité.
(Source : The Conversation Juillet 14, 2026)
Coup d’œil sur les marchés
Les Bourses européennes ont clôturé la séance de ce mercredi en ordre dispersé, en dépit d’un secteur du luxe bien orienté grâce aux solides ventes au premier trimestre de Richemont. L’escalade du conflit au Moyen-Orient se poursuit avec l’intensification des frappes entre Américains et Iraniens. Le CAC 40 a grappillé 0,19% à 8 382,43 points, enchaînant une cinquième séance consécutive de hausse. L’Euro Stoxx 50 a perdu 0,22% à 6 266,50 points. Francfort et Londres ont fléchi respectivement de 0,51% et de 0,17%. En revanche, Amsterdam a gagné 0,74%. Dans l’actualité des sociétés, les valeurs du secteur du luxe ont progressé, soutenues par les revenus supérieurs aux attentes au premier trimestre de son exercice 2026/2027 de Richemont. Kering a fini à la deuxième place du CAC 40 en gagnant 3,64%. Hermès s’est octroyé 2,37%. Par ailleurs, ASML s’était hissé parmi les plus fortes hausses de l’AEX 25 dans la matinée et a terminé par perdre 0,41%. A Londres, le groupe Rio Tinto a reculé de 1,5% malgré le maintien de ses objectifs de ventes et de production pour l’année 2026. La production globale en équivalent cuivre (CuEq) du groupe minier anglo-australien a progressé de 3% sur un an au premier semestre, résistant aux incertitudes géopolitiques mondiales.
L’indice vedette de la place zurichoise, le Swiss Market Index (SMI), a terminé la séance de mercredi sur une progression de 0,46%. Compagnie Financière Richemont (CFR.SW) a bondi de 6,68 % à la clôture. Le groupe de luxe suisse a enregistré une hausse de son chiffre d’affaires au premier trimestre de son exercice décalé, s’élevant à 6,33 milliards d’euros contre 5,41 milliards d’euros un an plus tôt. Par ailleurs, ABB (ABBN.SW) va faire l’acquisition d’Advantics, une société française spécialisée dans l’électronique de puissance au carbure de silicium et les systèmes de contrôle avancés, pour un montant non divulgué. La transaction devrait être finalisée au quatrième trimestre. Le titre du groupe d’électrification et d’automatisation a terminé la séance en repli de 2,69%.
Au chapitre macroéconomique, la production industrielle a reculé dans la zone euro comme dans l’Union européenne en mai, selon les premières estimations publiées mercredi par Eurostat. Par rapport au mois d’avril, la production industrielle, corrigée des variations saisonnières, a diminué de 0,2% dans les pays de la zone euro et de 0,1% à l’échelle de l’Union européenne. Un mois plus tôt, elle avait progressé respectivement de 0,3% et de 0,2%. Sur un an, le repli est plus marqué : la production industrielle affiche une baisse de 1,2% dans la zone euro et de 0,3% dans l’Union européenne par rapport à mai 2025.
Le rendement de l’emprunt d’État allemand à 2 ans progressait dernièrement de 1 point de base pour s’établir à 2,731 %. Le rendement du Bund allemand à 10 ans a progressé de 2 points de base à 3,091 %. Les marchés monétaires intègrent désormais un durcissement supplémentaire de 43 points de base de la part de la BCE cette année, contre 30 points de base il y a une semaine, mais en deçà du pic de 48 points de base atteint mardi.
Dans le secteur des produits agricoles, notons les cours du blé européens qui ont bondi de plus de 6 % mercredi, l’intensification des attaques en mer Noire faisant craindre pour les principales routes d’exportation de céréales. Les opérateurs s’attendent à ce qu’une partie de la demande se reporte sur les approvisionnements de l’Union européenne.
La Bourse de New York a fini en hausse, pour une deuxième séance consécutive, alors que des données sur l’inflation et le début de la saison des résultats trimestriels ont de nouveau alimenté l’optimisme des investisseurs, faisant fi du regain des tensions entre les Etats-Unis et l’Iran. L’indice Dow Jones a gagné 0,29%, ou 150,91 points, à 52.659,18 points. Le S&P-500 a pris 28,83 points, soit 0,38%, à 7.572,42 points. Le Nasdaq Composite a avancé de son côté de 162,22 points (soit 0,62%) à 26.269,23 points. Une deuxième journée consécutive de résultats trimestriels solides publiés par de grandes banques américaines ont également contribué à l’optimisme à Wall Street. BlackRock et Morgan Stanley ont fait état de bénéfices supérieurs aux attentes, prenant respectivement 6,6% et 0,4%. Le mastodonte Nvidia a finalement gagné 0,33% et Broadcom a pris 1,33%, mais AMD a perdu 3,46% et Intel a reculé de 4,43%. Le prix des actions américaines du néerlandais ASML, plus important fournisseur au monde de machines dédiées à la fabrication de puces, a lui augmenté de 2,23% à 1.815,27 dollars. Le groupe a affiché une hausse de son bénéfice net à 2,9 milliards d’euros au 2e trimestre 2026, soit plus de 26% par rapport aux 2,3 milliards du second trimestre 2025. L’action du géant de l’aérospatiale SpaceX (-0,60%) est finalement parvenue à rester juste au-dessus des 135 dollars en clôture, soit le prix fixé pour son arrivée historique à Wall Street le mois dernier.
L’inflation côté producteurs a ralenti en juin, à 5,5% sur un an, grâce au recul du coût de l’énergie sur la période, contre 6% en mai. C’est bien moins qu’attendu par les marchés. La veille, l’indice CPI s’était aussi replié plus que prévu, à 3,5% sur un an en juin. Le taux d’emprunt de l’Etat américain à échéance dix ans se détendait à 4,55% contre 4,59% à la clôture la veille. Le rendement de l’obligation à 30 ans a perdu 1,2 point de base pour s’établir à 5,082%.
Les cours du blé à Chicago ont bondi de 5%, ceux du mais de 2% tandis que le soja a fini en progression de 10,75 cents, soit 0,9%.
Ce matin en Asie: les actions asiatiques ont reculé jeudi, entraînées par le repli des fabricants de puces avant la publication des résultats du géant TSMC. L’indice MSCI le plus large des actions d’Asie-Pacifique hors Japon a glissé de 1,7%, tandis que le KOSPI sud-coréen a chuté de 6,3%, plombé par la faiblesse de Samsung (-8%) et de SK Hynix (-11%). À Tokyo, le Nikkei a perdu 3%. Les actions taïwanaises ont reculé de 0,5%, tandis que l’indice Hang Seng de Hong Kong a progressé de 1,2%.
L’indice dollar est resté stable à 100,48, après avoir reculé de 0,4% la veille pour atteindre son plus bas niveau depuis le 18 juin. Le yen oscillait autour de 162,08, non loin de son plus bas de 40 ans à 162,84, les spéculateurs restant sur le qui-vive face à une possible intervention des autorités japonaises. La livre sterling a atteint des sommets de deux mois, portée par l’anticipation qu’Andy Burnham, pressenti pour devenir le nouveau leader du Parti travailliste vendredi, choisisse un ministre des Finances partisan de la rigueur budgétaire. La devise britannique s’appréciait de 0,1% à 1,3538 dollar, après un bond de 1% la veille. L’euro a progressé de 0,1% à 1,1472 dollar, son niveau le plus élevé en un mois. Les dollars australien et néo-zélandais ont tous deux reculé d’environ 0,1%, s’établissant respectivement à 0,6995 dollar et 0,5842 dollar.
L’or au comptant était quasi inchangé à 4’056,59 dollars l’once. Par ailleurs, l’argent au comptant a reculé de 0,3% à 57,61 dollars l’once. Le platine a cédé 0,3% à 1’668,43 dollars et le palladium a légèrement baissé de 0,3% à 1’310,36 dollars.
Coup d’œil sur Trump
«L’Iran a autorisé une citoyenne américaine, détenue à tort en décembre 2024 sous la “présidence” de Sleepy Joe Biden, à quitter le pays. Elle est désormais en sécurité hors d’Iran et en bonne santé», a déclaré Trump sur Truth Social. Et, plus surprenant encore: Les États-Unis d’Amérique apprécient ce geste de bonne volonté de la part de l’Iran!», a-t-il ajouté.