Une startup d'IA anglaise fait à nouveau parler d'elle et le feuilleton Trump vs Iran continue...les marchés attendent les résultats de plusieurs compagnies ainsi que la décision de la BCE jeudi prochain.

CuspAI, une startup d’intelligence artificielle basée à Cambridge, au Royaume-Uni, spécialisée dans la découverte de matériaux, a levé 450 millions de dollars dans un financement de série B lundi et a lancé une coalition de partenaires technologiques et industriels qu’elle appelle l’AI Materials Foundry. Le tour valorise l’entreprise à 2,6 milliards de dollars, contre 520 millions de dollars en septembre dernier, selon Bloomberg.

L’AI Materials Foundry rassemble plus de 45 organisations — incluant Nvidia, Samsung, Hyundai Motor Group et Lam Research pour mutualiser les ressources informatiques, l’accès aux laboratoires et l’expertise scientifique sur la plateforme de CuspAI, a déclaré la société. Cette collaboration vise à mettre fin au goulot d’étranglement lié aux matériaux qui freine le progrès, notamment dans les secteurs des semi-conducteurs, des énergies propres et de la fabrication de pointe, selon la start-up. CuspAI a indiqué que sa plateforme d’IA, MIRA, permet à ses partenaires de mener à bien des cycles de découverte complets «de la conception générative des matériaux à la simulation, en passant par la planification des voies de synthèse et la validation expérimentale coordonnée».

Selon un article publié sur frenchweb.fr, sur la plateforme de CuspAI, l’entrée n’est plus la molécule, mais la propriété recherchée: conductivité, résistance thermique, capacité énergétique. À partir de ces paramètres, l’intelligence artificielle génère des configurations moléculaires compatibles. L’approche s’inscrit dans le courant de l’ «AI for science», qui vise à intégrer les modèles d’apprentissage au cœur même du processus scientifique.

La startup bénéficie d’un réseau d’appuis scientifiques et industriels de premier plan. Geoffrey Hinton et Yann LeCun, figures majeures de l’intelligence artificielle, comptent parmi ses conseillers, aux côtés de Martin van den Brink, ancien président et CTO d’ASML, et de Lord John Browne, ex-CEO de BP.

Mais il faudra passer du calcul au monde réel et c’est ici que réside le point de friction. Si le calcul accélère une étape, il ne réduit pas nécessairement la durée globale du cycle d’innovation. Or, les clients visés, à commencer par les grands groupes industriels, opèrent sur des horizons longs, avec des exigences de fiabilité élevées. L’adoption d’un tel outil repose moins sur la promesse que sur l’accumulation de résultats validés.

Ceci dit, la société ne manque pas de compétiteurs. Tracxn classe l’entreprise troisième parmi 71 concurrents actifs, derrière Schrödinger (simulation physique pour la découverte de médicaments et de matériaux) et PhaseCraft (systèmes de simulation quantique). PASQAL, société française spécialisée dans l’informatique quantique à atomes neutres, est également présente sur le marché de la simulation de matériaux. La dynamique concurrentielle a évolué entre 2024 et 2025. Flagship Pioneering a créé Lila Sciences grâce à une levée de fonds d’amorçage de 200 millions de dollars. Periodic Labs, fondée par d’anciens employés d’OpenAI et de Google DeepMind, a levé 200 millions de dollars auprès d’Andreessen Horowitz lors d’une levée de fonds, pour une valorisation d’un milliard de dollars. L’intensité capitalistique de l’IA appliquée à la science s’accroît.

La différenciation de CuspAI repose sur trois pilier: des ensembles de données propriétaires (notamment pour les MOF), une conception de modèles prenant en compte la synthèse et une intégration en boucle fermée avec validation expérimentale. Le profil CB Insights de l’entreprise mentionne son accès au supercalculateur Isambard au Royaume-Uni, permettant l’entraînement de modèles plus performants que ceux de ses concurrents ne disposant pas d’une puissance de calcul équivalente.

Coup d’œil sur les marchés

Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé lundi, les développements sur la situation au Moyen-Orient ayant contrecarré un rebond observé plus tôt, la prudence restant de mise. À Paris, le CAC 40 a gagné 0,02% à 8.340,11 points. A Paris, le CAC 40 a été dominé par STMicroelectronics ( 2,06%) et Dassault Systèmes ( 1,45%) tandis que Saint-Gobain (-1,85%) a fermé la marche de l’indice. À Francfort, le Dax a pris 0,06% tandis qu’à Londres, le FTSE 100 a cédé 0,71%. L’indice EuroStoxx 50 a reculé de 0,06%, le FTSEurofirst 300 de 0,35% et le Stoxx 600 de 0,30%. Le compartiment des énergies fossiles a enregistré le meilleur gain sectoriel de la séance (+0,98%), tiré par l’incertitude entourant les flux d’approvisionnement en pétrole, les Houthis du Yémen ayant annoncé un blocus naval contre l’Arabie saoudite avec effet immédiat. La compagnie aérienne à bas prix irlandaise Ryanair a perdu 4,47% à la suite de la publication de ses résultats, faisant état d’un bénéfice inférieur aux attentes au premier trimestre.

La Bourse suisse a terminé sa journée de négoce en baisse lundi. La semaine sera marquée par la publication d’une quarantaine de résultats d’entreprises helvétiques. Le SMI a clôturé en perte de 0,69%. Pour les poids lourds, seul Nestlé (+0,2%) a terminé positivement. Le bon Roche a perdu 0,7%, UBS 1,1%, Swiss Re 2,1% et Novartis 1,5%.

En Allemagne, les prix à la production ont décéléré à +1,8% en juin sur un an, montrent les données publiées lundi par l’Office fédéral de la statistique, après +2,2% en mai et contre des attentes à +1,9%. Sur un mois, les prix à la production ont reculé de 0,3%, alors que le consensus tablait sur une baisse de 0,2% après +0,3% en mai. Outre-Rhin, tandis que les marchés évaluent à 80% la probabilité d’un nouveau relèvement d’ici la fin de l’année, le rendement du Bund allemand à dix ans grappille 0,4 point de base à 3,1515% et le deux ans grignote 0,5 point de base à 2,7822%. Les OAT rajoutent +2Pts à 3,947% (après un test des 3,973% en séance), le « 10 ans » italien (BTP) prend +4Pts vers 3,9800% (et jusqu’à +7,5Pts avec une culmination à 4,015%. Outre-Manche, la débâcle des « Gilts » se poursuit avec +7,5Pts vers 5,0485 (5,055% en séance), pire niveau observé depuis le 19 mai dernier.

La Bourse de New York a fini en léger repli. L’indice Dow Jones a cédé en clôture 0,59%, tandis que le S&P500 a perdu 0,19%. Le Nasdaq Composite a reculé de 0,04%. Parmi les principales variations de la séance, Alphabet a gagné 1,5% après des informations faisant état du développement d’une nouvelle puce pour serveurs intégrant Gemini, destinée à améliorer l’efficacité des applications d’intelligence artificielle tout en réduisant les besoins en capacité de calcul. Intel a progressé de 2,2%, porté par l’optimisme de plusieurs courtiers avant la publication de ses résultats prévue après la clôture de jeudi. La séance a en outre été marquée par un rebond mitigé du secteur des puces (Nvidia +0,23%, AMD +1,58%, Micron +1,94%) après un important mouvement de vente ces derniers jours. La start-up Archer, connue pour son ambition de développer un taxi aérien, s’est envolée de 19,59% à 5,31 dollars après avoir présenté un prototype d’aéronef autonome destiné au domaine militaire, conçu en partenariat avec la société américaine de défense Anduril.

Le rendement du « 10 ans » US se tend de +3Pts vers 4,60%, le « 30 ans » affiche +2,8Pts vers 5,114%, le « 2 ans » fait un bond de +7Pts vers 4,226%, son pire score depuis février 2025.

L’or au comptant cédait 0,2% à 4’007,91 dollars l’once. Parmi les autres métaux précieux, l’argent au comptant a progressé de 1,2% à 56,55 dollars l’once, le platine a gagné 0,1% à 1’592,86 dollars et le palladium a augmenté de 0,9% à 1’258,83 dollars.

À Chicago, les cours du soja ont bondi et ceux du maïs ont légèrement progressé lundi, portés par les inquiétudes liées à la sécheresse dans le Midwest américain et par une demande soutenue. Parallèlement, la reprise des affrontements au Moyen-Orient a vu les États-Unis durcir leur blocus des côtes iraniennes. Les prix du soja et du maïs sont souvent corrélés à ceux du pétrole brut en raison de leur rôle dans la production de biocarburants. Le blé sur le Chicago Board of Trade (CBOT) a frôlé lundi les sommets de deux ans atteints la semaine dernière, avant de se replier. Les craintes de perturbations des expéditions en mer Noire persistent après la poursuite des attaques russes et ukrainiennes contre des ports céréaliers et des navires.

Ce matin en Asie : l’indice MSCI le plus large des actions d’Asie-Pacifique hors Japon a progressé de 0,25% après trois séances consécutives de baisse. Au Japon, le Nikkei a gagné plus de 1%, tandis que le KOSPI sud-coréen a bondi de près de 3%. L’indice Hang Seng a progressé de 7,49 points pour s’établir à 25 150,54, tandis que l’indice Hang Seng China Enterprises a reculé de 0,71 point à 8 381,19. L’indice Shanghai Composite, principal baromètre des actions chinoises, a débuté la séance en hausse de 0,4%. L’indice Shenzhen Component a progressé de 0,3%.

Le dollar est resté stable face à la plupart des grandes devises, soutenu par des flux de valeurs refuges. L’euro s’échangeait en dernier lieu à 1,14145 dollar, tandis que le yen japonais se situait à 162,51 pour un dollar, maintenant les cambistes en alerte quant à une possible intervention de Tokyo.

Le contrat à terme sur le Brent cédait 35 cents, soit 0,4%, à 88,87 dollars le baril, tandis que le brut américain West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en septembre se stabilisait à 82,47 dollars le baril. Un haut responsable iranien a indiqué à Reuters que Téhéran avait reçu une proposition des médiateurs pour un cessez-le-feu de 10 jours, dans le but de sauver un accord intérimaire signé le 17 juin. Celui-ci est censé ouvrir la voie à un accord durable pour mettre fin à la guerre qui a débuté le 28 février par des attaques américano-israéliennes contre l’Iran.

Coup d’œil sur Trump

Le président Donald Trump a signé lundi trois décrets imposant des droits de douane supplémentaires de 50 % sur une large gamme de produits canadiens, accusant le Canada de discrimination à l’encontre des exportations américaines de produits laitiers, d’alcool et d’automobiles. La Maison Blanche a déclaré que le président agissait ainsi pour tenir le Canada responsable de ce qu’elle a qualifié de «discrimination persistante» à l’encontre du commerce américain. Ces droits de douane entreront en vigueur dans 30 jours.