Quid de la déforestation et d'Infantino...
L’année 2026 s’annonce comme une année de contrastes. Le principal sujet d’actualité à l’échelle mondiale – la perte de forêts primaires tropicales – s’est nettement amélioré après les incendies records de 2024, et le Brésil, premier pays déforesteur au monde, est en voie d’atteindre son taux de déforestation amazonienne le plus bas depuis plus de dix ans. Parallèlement, les pressions sous-jacentes persistent : la déforestation tropicale brute reste bien supérieure aux niveaux des années 1990 et 2000, la régénération forestière ralentit et plusieurs zones critiques (Bolivie, bassin du Congo, Guyana) continuent de subir des pertes croissantes. Un épisode El Niño « super » prévu pour le second semestre 2026 menace d’anéantir les progrès récents en raison de la sécheresse et des incendies.
Chiffres clés:
- 4,3 millions d’hectares de forêts primaires tropicales ont disparu en 2025 (dernières données mondiales annuelles complètes disponibles), soit une baisse de 36% par rapport au record de 2024, mais une hausse de 46% par rapport à il y a dix ans. Amazonie brésilienne: la déforestation a diminué de 38% au premier semestre 2026 par rapport à la même période en 2025 (1’295 km² contre 2’090 km²), soit le niveau le plus bas depuis 2016.
- FAO FRA 2025: la déforestation mondiale brute s’établit actuellement en moyenne à 10,9 millions d’hectares par an (2015-2025), contre 17,6 millions d’hectares par an dans les années 1990; la perte nette (après régénération) est de 4,12 millions d’hectares par an.
- Bassin du Congo: la perte de forêt primaire a de nouveau augmenté en 2024-2025, la RDC étant à elle seule responsable d’environ les trois quarts des pertes régionales.
- Bolivie: la déforestation a fortement augmenté pendant trois années consécutives, sous l’effet de l’expansion des cultures de soja et de l’exploitation minière aurifère, les pertes en 2024 ayant bondi de 200% pour atteindre environ 1,5 million d’hectares.
Deux façons de mesurer la «déforestation»
Les rapports sur ce sujet se contredisent souvent car ils utilisent des indicateurs différents:
La perte brute de couvert forestier / perte de forêt primaire tropicale (Global Forest Watch, à partir des données satellitaires du laboratoire GLAD de l’Université du Maryland) comptabilise toutes les pertes, y compris les incendies et l’agriculture itinérante sur brûlis, que les terres soient converties de façon permanente ou non.
La déforestation nette (FAO) soustrait la superficie forestière nouvellement acquise grâce au reboisement et à la régénération naturelle. Selon les calculs de la FAO dans le cadre de l’Évaluation des forêts pour 2025 (FRA 2025), la déforestation brute a considérablement diminué depuis les années 1990, mais l’expansion forestière ralentit également – passant de 9,9 millions d’hectares par an (2000-2010) à 6,8 millions d’hectares par an (2015-2025) – ce qui signifie que le chiffre net ne s’améliore pas aussi rapidement que le suggère le chiffre brut, et l’écart entre le déboisement et la régénération pourrait se creuser à l’avenir.
Bilan 2025
L’année 2025 a enregistré la plus forte baisse annuelle de la perte de forêts primaires tropicales depuis vingt ans : une diminution de 36 % pour atteindre 4,3 millions d’hectares, selon les données de Global Forest Watch/WRI publiées en avril 2026. Cette amélioration est principalement due au Brésil, où la perte de forêts primaires non liées aux incendies a chuté de 41 à 42%, atteignant son niveau le plus bas jamais enregistré. Ce résultat est attribué au renforcement des mesures de lutte contre la déforestation sous l’administration du président Lula (relance du plan anti-déforestation PPCDAm et durcissement des sanctions pour les infractions environnementales). Les chercheurs soulignent toutefois qu’une partie de cette baisse reflète simplement une accalmie après l’année d’incendies extrêmes de 2024 et que les pertes dues aux incendies constituent une « nouvelle norme dangereuse » susceptible d’anéantir rapidement ces progrès.
Perspectives pour le reste de 2026
- Risque El Niño : un épisode El Niño «super» pourrait entraîner une sécheresse dans certaines régions de l’Amazonie au second semestre 2026, augmentant le risque d’incendies et risquant d’anéantir les progrès réalisés en début d’année. Il s’agit du principal facteur d’influence sur les chiffres mondiaux pour 2026.
- Élections brésiliennes (octobre 2026): le résultat et la composition du Congrès détermineront si la dynamique actuelle de mise en application des réglementations se poursuit, s’affaiblit ou se renforce.
- Trajectoire du bassin du Congo: en l’absence de nouvelles interventions, la « lente mais persistante augmentation » en RDC et au Cameroun devrait se poursuivre. Un important engagement de financement pour le bassin du Congo (faisant partie des 1,5 à 2 milliards de dollars d’engagements des donateurs pour la période 2021-2026) fait l’objet d’un examen quant à son efficacité.
- Retard dans la publication des données: Les chiffres annuels complets de la perte de forêt tropicale pour 2026 (comparables à la publication d’avril 2026 couvrant l’année 2025) ne seront disponibles qu’aux alentours d’avril 2027. Par conséquent, le suivi en milieu d’année (alertes de l’INPE, MapBiomas, données quasi-temps réel du GFW) constitue actuellement le meilleur indicateur disponible.
Sources
World Resources Institute / Global Forest Watch, « La perte de forêts tropicales diminue de 36 % en 2025 » (avril 2026) et analyse Forest Pulse
FAO, Évaluation des ressources forestières mondiales 2025 (FRA 2025)
Institut national de recherche spatiale du Brésil (INPE), séries de données PRODES et DETER-B
Réseau de surveillance des incendies MapBiomas
Rapports de Mongabay (février-juillet 2026), Al Jazeera, UPI, phys.org
WRI Afrique, « Pourquoi la perte de forêts dans le bassin du Congo exige une action immédiate » (février 2026)
Coup d’œil sur les marchés
Les actions européennes ont réussi à terminer dans le vert une séance marquée par une nouvelle flambée des cours du pétrole dans un contexte d’attaques incessantes entre les États-Unis et l’Iran au Moyen-Orient et alors que les perturbations de la navigation dans les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb menacent l’approvisionnement. Quatre pétroliers ont fait demi-tour en mer Rouge mercredi, dont deux ont dit se diriger vers le canal de Suez, en raison des menaces proférées par les Houthis au Yémen, alliés de l’Iran. À Paris, le CAC 40 a gagné 0,89%. À Francfort, le Dax a pris 0,65% et à Londres, le FTSE 100 a progressé de 1,24%. L’indice EuroStoxx 50 a fini sur un gain de 0,53%, le FTSEurofirst 300 s’est octroyé 0,55% et le Stoxx 600 a avancé de 0,60%. À Paris, Airbus a pris 7% et clôturé en tête du CAC 40, après avoir lancé un programme de rachat d’actions de 5 milliards d’euros et dévoilé de nouveaux objectifs à moyen terme la veille. L’équipementier automobile français Opmobility a gagné 1,6% à la faveur de la publication d’un chiffre d’affaires en croissance organique sur les six premiers mois de son exercice financier. Le groupe pétrolier TotalEnergies, aidé par la hausse des cours du brut, a terminé sur un gain de 2%. Ailleurs en Europe, easyJet a plongé de 11,79% après que Reuters a rapporté que Bruxelles réexaminerait à l’automne la réglementation relative à l’actionnariat des compagnies aériennes afin d’empêcher les investisseurs étrangers de prendre le contrôle total des transporteurs européens. À Madrid, la banque espagnole Santander a gagné 1,4%, grâce notamment à la hausse de 17% de son bénéfice net sous-jacent au deuxième trimestre. Au niveau sectoriel, la technologie (-0,47%) et le tourisme (-0,33%) ont été pénalisés respectivement par la prudence qui règne avant la publication des résultats d’Alphabet et par la hausse des prix du pétrole.
La Bourse suisse a terminé sur une note inégale mercredi. Le SMI a terminé sur un gain de 0,12%. Nestlé (+2,2%) et SGS (+2,1%) occupent les deuxième et troisième places. Les autres poids lourds Roche (-0,4) et Novartis (-0,2%) ont pesé sur l’indice. Tout comme Nestlé, Roche présente jeudi ses résultats intermédiaires. Avant cela, Jefferies a relevé la recommandation du géant de Vevey à « buy » de « hold ».
Le rendement de l’obligation d’État allemande à deux ans a atteint son plus haut niveau depuis deux ans, sur fond de paris renforcés concernant les hausses de taux à venir dans la zone euro. Il a terminé sur un gain de 4,5 points de base à 2,8215% après avoir touché 2,8425%, un plus haut niveau depuis juillet 2024. Le rendement du Bund allemand à dix ans a pris quant à lui 1,4 point de base à 3,1793%. En France, le rendement de l’OAT à dix ans a pris 2 points de base pour terminer la séance à 3,9814%, frôlant ainsi les 4%, seuil qu’il n’a plus atteint depuis 2009, les craintes inflationnistes s’ajoutant à une situation budgétaire incertaine dans la deuxième économie de la zone euro.
Les marchés américains ont évolué en ordre dispersé mercredi, les investisseurs arbitrant entre la remontée du pétrole et des rendements obligataires et l’imminence de la publication très attendue des résultats d’Alphabet. Le S&P 500 a terminé en baisse de -0,14%, le Nasdaq 100 de -0,54% à 28 998,1 points tandis que le Dow Jones a clôturé stable (-0,01%). Super Micro Computer a bondi de près de 20% après avoir dévoilé des résultats préliminaires faisant ressortir un carnet de commandes record de 60 MdsUSD, une prévision de marge brute comprise entre 15% et 17% et un nouveau partenariat avec SpaceX dans les data centers dédiés à l’IA. Le mouvement a soutenu d’autres fabricants de serveurs comme Dell (+9%) et Hewlett Packard Enterprise (+3%). Wabtec (+10%), EQT (+9%) et CME Group (+5%) ont également figuré parmi les meilleures performances du S&P 500 après leurs publications. À l’inverse, les logiciels ont pesé sur le marché, avec des replis de plus de 6% pour Atlassian, Palantir et Workday. Après la clôture, Alphabet a rassuré les investisseurs grâce à des performances de son activité cloud largement supérieures aux attentes de Wall Street. Par contre Le groupe américain Tesla, spécialiste des véhicules électriques et du stockage d’énergie, a annoncé mercredi un bénéfice net inférieur aux attentes. Dans les échanges électroniques après la fermeture de la Bourse de New York, l’action Tesla reculait de 3,03%.
Dans le secteur obligataire, le « 10 ans » US se tend de +3,1% vers 4,66% et plus inquiétant encore, le « 2 ans » bondit de +5Pts vers 3,311%, sa pire marqué depuis le 18 février 2025.
Ce matin en Asie : l’indice Shanghai Composite, principal baromètre des actions chinoises, a progressé de 1,06 point à l’ouverture pour s’établir à 3 868,09 points. L’indice Shenzhen Component a, de son côté, progressé de 0,4%. L’indice Hang Seng a progressé de 0,3% tandis que l’indice Hang Seng China Enterprises a gagné 0,2%. En Corée, le KOSPI gagnait 3,04%. L’indice a progressé de plus de 7% au cours des trois dernières séances, bien qu’il reste en repli de 23 % par rapport à son record de clôture du 22 juin. Les poids lourds du secteur des puces au sein du KOSPI, SK Hynix et Samsung Electronics, ont progressé respectivement de 6,5% et 4,8%. Le Nikkei affichait une hausse de 0,47% à la pause de la mi-journée, tandis que l’indice élargi Topix progressait de 0,39%. Au Japon, les titres liés aux puces ont progressé, Advantest bondissant de 4,31%. Tokyo Electron a pris 0,45% et l’investisseur technologique SoftBank Group a gagné 2,09%.
L’indice dollar, qui mesure le billet vert face à un panier de devises comprenant le yen et l’euro, a reculé de 0,06% à 101,05. L’euro était en hausse de 0,07 % à 1,1418 dollar. Le dollar australien a gagné 0,2 % face au billet vert à 0,7012 dollar, tandis que le kiwi néo-zélandais s’échangeait à 0,5818 dollar. La livre sterling a progressé de près de 0,1% à 1,3383 dollar. Du côté des cryptomonnaies, le bitcoin a chuté de 0,2% à 65’741,43 dollars. L’ether a perdu 0,04%.
L’or au comptant était quasi stable à 4 133,39 dollars l’once. L’argent au comptant a progressé de 0,1 % comme le platine et le palladium a pris 0,4%.
Le contrat à terme sur le baril de Brent a gagné 1,93 dollar, soit 2%, pour s’établir à 96 dollars, son niveau le plus élevé depuis le 8 juin. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain a progressé de 1,44 dollar, soit 1,7%, à 88,27 dollars, après avoir bondi de près de 3% mercredi. Le blocus naval des Houthis contre l’Arabie saoudite en mer Rouge menace de perturber les approvisionnements énergétiques mondiaux au-delà du Golfe, tandis que le porte-parole des Gardiens de la révolution iraniens a également averti les compagnies maritimes, dans une publication sur X, que la route sud du détroit d’Ormuz était minée.
Coup d’œil sur Trump
Le président Trump souhaite que Gianni Infantino, président de la FIFA, devienne le prochain secrétaire général des Nations Unies, selon les informations du Washington Post. Infantino, âgé de 56 ans, s’est rapproché de Trump lors de l’organisation de la Coupe du monde de cette année. L’administrateur de football d’origine suisse s’est efforcé de séduire et d’associer le président, allant jusqu’à lui remettre le premier prix Nobel de la paix de la FIFA en décembre. Trump estime qu’Infantino «est respecté dans le monde entier et reconnaît son talent exceptionnel pour rassembler les peuples», a confié une source proche du président au Washington Post.