Le pétrole, le détroit d'Ormuz, Trump qui marque une pause...les marchés s'adaptent à nouveau aux prix du pétrole en attendant les résultats des entreprises mais les semi-conducteurs vivent à nouveau un cauchemar..
Le prix du pétrole Brent a fortement augmenté, dépassant récemment les 100 USD/baril ; les prix du gaz en Europe et en Asie ont progressé de plus de 40% par rapport au mois précédent ; les prix des produits raffinés, comme le kérosène et le diesel, s’envolent ; le prix de l’urée a augmenté de 13% ; et le prix du blé a atteint son plus haut niveau en trois ans – le tout en raison des craintes liées aux contraintes d’approvisionnement. La réduction des stocks ayant été un facteur d’ajustement clé, empêchant des flambées de prix beaucoup plus importantes au début du conflit, et les stocks étant désormais bien inférieurs, les inquiétudes concernant les niveaux critiques devraient revenir sur le devant de la scène.
Cependant, même en analysant en profondeur les stocks mesurés et les scénarios d’approvisionnement, il est difficile de prévoir avec certitude quand les réserves atteindront ces niveaux critiques. Les marchés des matières premières sont très adaptables et, lorsque la demande est présente, les marchés flexibles trouvent souvent un moyen de répondre. Les indices de prix agrégés ont également leurs limites. Face à de graves perturbations de l’offre, les marchés des matières premières ont tendance à se fragmenter, avec des prix très différents pour un même produit selon le lieu et les délais de livraison.

L’indice Bloomberg Agriculture Spot (BCOMAGSP) a atteint mercredi son plus haut niveau en trois ans. Cette situation s’explique par l’aggravation des tensions le long des principaux axes commerciaux d’énergie et de céréales, de la mer Noire au détroit d’Ormuz et au sud de la mer Rouge, conjuguée aux vagues de chaleur caniculaires qui frappent l’Europe et les États-Unis et à la montée des risques liés à El Niño dans les principales zones de production agricole, ravivant ainsi la menace d’une inflation alimentaire mondiale.
Le BCOMAGSP est un indice de référence libellé en dollars qui suit les cours de dix grands contrats à terme agricoles, dont le blé (à Chicago et à Kansas City), le maïs, le soja, le tourteau de soja, l’huile de soja, le café, le cacao, le sucre et le coton. Mercredi, l’indice a bondi à un niveau inédit depuis juillet 2023, poursuivant ainsi une progression entamée il y a sept semaines. Les contrats à terme sur le blé et le soja à Chicago ont atteint leur plus haut niveau en deux ans, les frappes russes et ukrainiennes en mer Noire menaçant les exportations de céréales d’une région qui représente plus d’un quart des exportations mondiales de blé. La hausse des prix du pétrole brut stimule également la demande de matières premières pour les biocarburants, tandis que les vagues de chaleur en Europe et aux États-Unis menacent des régions agricoles essentielles. L’indice de la FAO montre aussi cette tendance haussière.

À cela s’ajoute le phénomène climatique El Niño, qui devrait être le plus intense depuis plus de 75 ans. Ce phénomène accroît le risque de conditions météorologiques extrêmes aux États-Unis, en Asie, en Australie et en Amérique du Sud. Plus l’événement climatique s’intensifie, plus la menace qui pèse sur les chaînes d’approvisionnement alimentaire critiques, déjà fragilisées par la sécheresse, les inondations, les restrictions à l’exportation et la montée du protectionnisme, est grande.
Coup d’œil sur les marchés
À Paris, le CAC 40 a gagné 0,40. À Francfort, le Dax a pris 1,30% et à Londres, le FTSE 100 a progressé de 0,42%. L’indice EuroStoxx 50 a fini sur un gain de 0,27% et le Stoxx 600 de 0,19%. Le FTSEurofirst 300 a quant à lui enregistré un léger recul de 0,04%. À Paris, SES et Eutelsat ont gagné 1,14% et 4,5% respectivement, les deux opérateurs de satellites ayant annoncé s’attendre à recevoir des paiements incitatifs dans le cadre d’un plan de la Commission fédérale des communications (FCC) américaine. Dans le sillage de la chute des cours pétroliers, TotalEnergies et Maurel & Prom ont perdu 2% et 5,1%, tandis que le compartiment des énergies fossiles du Stoxx 600 a enregistré une perte de 1,86%. À l’inverse, la détente des cours du brut a profité aux compagnies aériennes, Air France-KLM gagnant 1,32%. Le compartiment des entreprises du secteur du voyage a fini sur un gain de 1,94%. Le groupe de luxe français LVMH a fini en légère hausse (+1,1%) avant la publication de ses chiffres trimestriels juste après la clôture de la Bourse. À Londres, Vodafone a grimpé de 4,8%, l’opérateur de télécommunications ayant revu à la hausse ses prévisions à la suite de son accord avec Safaricom. À Amsterdam, ASML a reculé de plus de 8% après que le site The Information a rapporté que la Chine avait commencé à produire localement des machines de lithographie DUV, un outil essentiel à la fabrication de puces longtemps dominé par le groupe néerlandais. Cette information a également pesé sur les actions des entreprises exposées à la chaîne d’approvisionnement mondiale des équipements pour semi-conducteurs. BE Semiconductor Industries a perdu plus de 9%, Soitec 7,12%, et Infineon 4,5%.
En Suisse, le SMI a terminé en hausse de 0,66%. Les poids lourds de la cote Roche (+1,4%), Novartis (+1,3%) et UBS (+1,2%) ont fini dans le vert. Côté perdants, on retrouve un autre poids lourd, Nestlé (-0,3%). ABB (-1,2%) et Kühne+Nagel (-1,4%) ont échoué dans le fond du classement.
La Banque nationale suisse (BNS) a refusé de commenter un article de presse affirmant que l’institution prévoit de maintenir ses taux d’intérêt à zéro jusqu’à la fin de l’année 2027. Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans a diminué de 4,7 points de base à 3,1266%. Le deux ans a quant à lui reculé de 3,9 points de base pour finir à 2,7809%.
Aux Etats-Unis, le Dow Jones a gagné 0,51%, le SP500 0,02% et le Nasdaq a perdu 0,17%. Les craintes liées à la concurrence chinoise ont été ravivées lundi par un article du site The Information, qui affirme que Shanghai Yuliangsheng a lancé la production industrielle de machines de lithographie par immersion dans l’ultraviolet profond (DUV). Cela a fait tanguer le secteur des semi-conducteurs, déjà régulièrement ébranlé par les inquiétudes sur son niveau de valorisation. AMD a abandonné 5,17%, Nvidia 4,99%, Micron, 2,25% et Intel 0,70%. Ailleurs à la cote, les spécialistes de l’énergie ont souffert du repli des prix du brut, comme ExxonMobil (-1,38%), Chevron (-2,46%) ou ConocoPhillips (-3,89%).
Les rendements américains reculent de 1 à 4 points de base, la courbe s’aplatit légèrement (bull flattening). Le 10 ans a clôturé lundi à 4,64%, à seulement 7 points de base de son sommet de la semaine dernière au-dessus de 4,71%. L’adjudication de titres à 2 ans a été mitigée, celle à 5 ans très faible.
Les cours mondiaux du pétrole de référence ont plongé de 7 % à 9 % lundi, leur plus forte baisse en plus de deux mois. Entre le pic de jeudi et le creux de hier, le WTI a chuté jusqu’à 12%.
Ce matin en Asie : le Nikkei a cédé 4,34 % tandis que l’indice élargi Topix reculait de 2,76%. Le fabricant de puces mémoire Kioxia a dévissé de 18%. Dans le secteur des semi-conducteurs, Advantest et Tokyo Electron ont chuté de 10% chacun. L’indice Shanghai Composite, principal baromètre des actions chinoises, a ouvert en repli de 0,9%. Le Shenzhen Component Index, à forte coloration technologique, a chuté de 2,3% en début de séance. L’indice de référence KOSPI a perdu 7,41%, entraînant l’activation de mécanismes de coupe-circuit (« sidecars ») sur le KOSPI et sur l’indice secondaire Kosdaq, suspendant temporairement les transactions programmées. Le fabricant de puces mémoire SK Hynix a sombré de 10% et Samsung Electronics a reculé de 9,15%.
L’indice dollar a progressé de 0,03% à 101,55, l’euro cédant 0,01% à 1,1366 $. Face au yen japonais, le dollar a gagné 0,05% à 163,82, tandis que la livre sterling a reculé de 0,02% à 1,3284 $. Parmi les autres devises majeures, le dollar australien a faibli de 0,11% par rapport au billet vert à 0,6981 $, tandis que le dollar néo-zélandais a perdu 0,12 % à 0,5766 $. Du côté des cryptomonnaies, le bitcoin a chuté de 1,88% à 63’ 694,59 $. L’ether a reculé de 2,83% à 1’890,30 $.
Les contrats à terme sur le soja et le maïs à Chicago ont progressé mardi, effaçant une partie des pertes de la séance précédente après qu’un rapport du gouvernement américain a abaissé les notations de l’état des cultures suite à un temps chaud et sec. Les prix du blé ont légèrement augmenté dans un contexte de perturbations des expéditions de céréales en provenance de la région de la mer Noire.
Les cours du pétrole ont baissé de 1%, les acteurs du marché continuant d’évaluer la suspension des frappes américaines contre l’Iran, ce qui a ravivé l’espoir d’une solution diplomatique au conflit et d’une normalisation des flux énergétiques au Moyen-Orient. Le contrat à terme sur le Brent a reculé de 0,54 dollar, soit 0,6%, à 87,82 dollars. Le brut américain West Texas Intermediate (WTI) s’affichait à 81,95 dollars le baril, en baisse de 0,66 dollar, soit 0,8%.
Coup d’œil sur Trump
Interrogé sur l’opposition, publique et de longue date, de Netanyahu à la vente de F-35 à la Turquie, Trump a répondu fermement: «Personne ne me dicte ce que nous devons vendre ou non. La Turquie a toujours été un allié précieux.» Il a ajouté: «La Turquie n’apprécie guère Israël, ni Netanyahu. Mais elle a toujours été un allié formidable pour moi.» Il a également loué à plusieurs reprises la Turquie, la qualifiant de grand allié des États-Unis.