Les Etats-Unis, l'Arabie Saoudite, le nucléaire mais aussi la suite de la descente en enfer des semi-conducteurs
Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, et le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdulaziz bin Salman, ont signé l’« accord 123 » de coopération nucléaire «à des fins pacifiques», ainsi qu’un accord bilatéral de garanties qui l’accompagne, a indiqué la Maison Blanche. «Ensemble, ces deux accords jettent les bases juridiques d’un partenariat s’étendant sur plusieurs décennies et représentant plusieurs milliards de dollars, qui soutient plusieurs objectifs économiques et stratégiques prioritaires, notamment la non-prolifération nucléaire».
Le secrétaire Wright a déclaré dans le communiqué: «Soyez assurés que ces accords respectent les normes les plus strictes en matière de sûreté nucléaire et de non-prolifération, tout en s’appuyant sur les meilleures technologies nucléaires et les meilleurs scientifiques du monde, développés ici même aux États-Unis.»
MAIS… Le mémorandum ne comprendrait pas les dispositions de référence qui interdiraient à l’Arabie saoudite d’enrichir l’uranium ou de retraiter le combustible nucléaire, ni les conditions de surveillance plus strictes de l’AIEA acceptées par les Émirats arabes unis – ce qui inquiète les défenseurs de la non-prolifération, d’autant plus que le prince héritier Mohammed ben Salmane a déclaré que l’Arabie saoudite se doterait de l’arme nucléaire si l’Iran le faisait. Le lendemain de la signature, Trump a ajouté une nouvelle condition: l’Arabie saoudite doit désormais adhérer aux accords d’Abraham et normaliser ses relations avec Israël pour que l’accord puisse être validé. Il a par ailleurs affirmé: «Il n’y aura pas d’enrichissement de matières!», contredisant ainsi des informations antérieures. Le Congrès dispose encore de 90 jours pour l’examiner et ne peut le bloquer qu’avec un vote à la majorité des deux tiers pour passer outre un veto. Il est donc probable qu’il soit adopté sous une forme ou une autre, à moins que la condition relative aux accords d’Abraham ne devienne un véritable point de blocage (MBS a déclaré qu’il ne pouvait pas normaliser les relations avec Israël sans progrès sur la question de l’État palestinien).
Est-ce que l’Arabie Saoudite et Trump est un remake de l’Iran sous le Shah?
Sous le Shah, dans les années 1970, l’Iran a lancé un ambitieux programme nucléaire bénéficiant d’un soutien important des États-Unis, de la France et de l’Allemagne de l’Ouest. Deux éléments impliquaient spécifiquement la France:
- En 1974, le Shah a prêté 1 milliard de dollars au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) pour la construction de l’usine d’enrichissement Eurodif, en échange du droit d’acheter 10% de l’uranium enrichi produit, ainsi que 180 millions de dollars supplémentaires versés en 1977 pour des services d’enrichissement ultérieurs.
- Puis la révolution de 1979 a tout bouleversé: l’Iran a annulé son accord Eurodif et cessé les paiements, et Eurodif n’a jamais livré de combustible nucléaire à l’Iran. Une bataille juridique concernant ce prêt s’est prolongée pendant plus de dix ans, jusqu’à son règlement fin 1991. L’Iran a été remboursé de 1,6 milliard de dollars et les entreprises françaises ont été indemnisées pour leurs pertes ; l’Iran a conservé une participation indirecte dans Eurodif via la coentreprise franco-iranienne Sofidif.
Aucune usine n’a jamais été achevée avec l’aide de la France, et les infrastructures d’enrichissement iraniennes ultérieures (Natanz, etc.) ont été construites au niveau national, avec l’aide secrète du réseau A.Q. Khan (Pakistan).
Coup d’œil sur les marchés
Les Bourses européennes ont terminé dans le vert mardi, grâce à une série de résultats d’entreprises bien accueillis et à l’accalmie des cours du pétrole, même si les doutes concernant le secteur technologique et la politique monétaire persistent en arrière-plan. À Paris, le CAC 40 a gagné 0,63%. À Francfort, le Dax a pris 0,52% et à Londres, le FTSE 100 s’est octroyé 0,83%. L’indice EuroStoxx 50 a fini sur un gain de 0,19%, tandis que le FTSEurofirst 300 a progressé de 0,36% et le Stoxx 600 de 0,41%. L’opérateur français de télécommunications Orange ORAN.PA a pris 4,6% après avoir relevé ses objectifs pour cette année, signant une des meilleures performances du CAC 40. Safran, qui a annoncé relever ses perspectives pour 2026, avec des ventes et des profits en forte hausse au premier semestre, a gagné 2,9%. Toujours à Paris, et en attendant la publication de ses résultats, Capgemini a progressé de 6,9%, les éditeurs de logiciels se démarquant dans un secteur technologique mis à rude épreuve. À Londres, Unilever a grimpé de 8%, le géant des biens de consommation ayant dépassé les attentes sur ses ventes du deuxième trimestre Le constructeur allemand Mercedes-Benz a fait état mardi d’une hausse de 22% sur un an de son résultat d’exploitation trimestriel, a terminé sur un gain de 2,8%. Dans le secteur des sei-conducteurs, à Amsterdam, ASML a perdu 2,9% après avoir plongé la veille de plus de 8%, tandis qu’ASMI a abandonné 5,3% et Besi 3,5%.
En Suisse le SMI a terminé en hausse de 1,04% grâce aux poids lourds comme Nestlé (+2,5%), Roche (+2,2%) et Novartis (+1,5%).
En France, la confiance des ménages a augmenté plus que prévu en juillet, selon l’enquête mensuelle de conjoncture de l’Insee. En Allemagne, l’économie devrait enregistrer une croissance modeste au deuxième trimestre, malgré les difficultés liées à la guerre au Moyen-Orient, grâce à la relative résilience de son vaste secteur industriel et au maintien des dépenses de consommation, a déclaré mardi la Bundesbank dans son rapport mensuel. Le rendement du Bund allemand à dix ans a reculé de près de 2 points de base à 3,1090%. Le deux ans a perdu 4 points de base pour s’établir à 2,7413%.
Le Dow Jones a gagné 1,03% tandis que l’indice Nasdaq a perdu 0,22%. L’indice S&P 500 a progressé de 0,22%. Coca-Cola, (+5,04% à 88,31 dollars), qui a fait état d’un bond de 16% de son bénéfice net le trimestre dernier sur un an, porté par une hausse des volumes de ventes liée entre autres à la Coupe du monde de football. L’avionneur Boeing (+4,74% à 221,53 dollars) a aussi été recherché après une amélioration de son chiffre d’affaires et son flux de trésorerie. En parallèle, le secteur des semi-conducteurs, qui pèse lourd à Wall Street, est marqué depuis plusieurs semaines « par des inquiétudes autour des perspectives de rentabilité » des investissements massifs dans les solutions d’intelligence artificielle. AMD a glissé de 8,15%, de même que Micron (-8,85%). Broadcom a aussi terminé dans le rouge (-0,60%), comme Intel (-5,86%) ou Qualcomm (-4,21%). KLA chute symétriquement de -9% suite à la divulgation d’estimations inférieures aux attentes, le chiffre d’affaires de 2,83MdsUSD étant conforme au consensus. NXP plonge de -8% avec un C.A de 1,94Mds USD contre 1,93 estimé et des bénéfices un peu meilleurs qu’attendu : il faut aujourd’hui annoncer chiffres très supérieurs aux attentes pour susciter un accueil favorable. Ford annonce une perte de 1,3 Mds USD, mais publie une marge d’ebitda de 5,1%, supérieur aux attentes et relève ses prévisions de CA pour le trimestre en cours (+8% en « after hour »). Meta prévoit d’investir jusqu’à 600Mds USD dans les data-centers d’ici 2028, dont 147Mds USD en 2026 et 246Mds$ en 2027 Avec de tels CAPEX, aucun rachat de titre n’est envisageable et le groupe figurera désormais parmi les plus endettés parmi les « hyperscalers ».
Les opérateurs attendent l’issue de la réunion de deux jours de la Réserve fédérale (Fed), qui devrait garder ses taux inchangés, au même niveau depuis décembre (entre 3,50% et 3,75%). En attendant, les taux d’emprunt américains à dix ans se détendaient à 4,61% contre près de 4,65%, signe d’un recul des risques d’inflation dans l’esprit des créanciers.
Le contrat de pétrole brut WTI pour livraison en septembre clôture en baisse de 3,35 $, soit 4,1%, à 79,26 $ le baril. Le Brent de septembre finit en repli de 4,46 $, soit 5,1%, à 83,90 $.
Ce matin en Asie : le Nikkei affichait dernièrement une baisse de 0,04% après avoir alterné entre gains et pertes. L’indice élargi Topix a progressé de 0,33%. Les actions liées à l’IA étaient pour la plupart en baisse, Murata Manufacturing chutant de près de 10%, Tokyo Electron cédant 6,19% et SoftBank Group perdant 5,75%. L’indice Hang Seng a progressé de 0,7%, tandis que le Hang Seng China Enterprises Index a gagné 0,8%. Les actions sud-coréennes ont progressé mercredi, après avoir chuté de plus de 10% lors de la séance précédente. L’indice de référence KOSPI gagnait 1,49%. Le fabricant de puces SK Hynix progressait de 0,26% et son concurrent Samsung Electronics a bondi de 4,09%.
Le dollar restait ferme à 101,38 face à un panier de devises et se maintenait proche d’un sommet de 40 ans face au yen, à 163,74. L’euro pansait ses plaies après être tombé à un plus bas d’un mois lors de la séance précédente, progressant de 0,03% à 1,1389 $. La livre sterling a cédé 0,03% à 1,3287 $, stagnant près de son niveau le plus bas depuis le 1er juillet. Le dollar néo-zélandais a reculé de 0,08% à 0,5783 $. Le dollar australien a chuté après que les données sur l’inflation sont ressorties inférieures aux attentes, réduisant la probabilité de nouvelles hausses de taux de la part de la Reserve Bank of Australia (RBA). Il s’échangeait en baisse de 0,37% à 0,69475 $.
L’or au comptant affichait peu de changement à 4’029,08 dollars l’once, l’argent au comptant a progressé de 0,9% et le platine a grimpé de 0,3% à 1 600,40 dollars. Le palladium a chuté de 0,7%.
Les cours du pétrole ont progressé de plus de 3 dollars le baril, portés par des frappes conjointes des États-Unis et de l’Arabie saoudite en Irak et l’interception de missiles balistiques iraniens visant les forces américaines au Moyen-Orient, alors que les stocks de brut américain se sont contractés. Le contrat à terme sur le Brent progressait de 3,30 dollars, soit 3,9%, à 87,39 dollars le baril, tandis que le brut américain West Texas Intermediate (WTI) gagnait 3,05 dollars, soit 3,8%, à 82,31 dollars le baril.
Coup d’œil sur Trump
Le président américain Trump a déclaré que les nouveaux droits de douane ne nuiraient pas à l’économie et que les droits de douane avaient sauvé General Motors (GM), tout en affirmant qu’il ne souhaitait pas moderniser l’ACEUM et que l’ACEUM était important pour le Canada et le Mexique, mais pas pour les États-Unis.