Le concept romain: panem et circenses et le parallèle avec Trump et la Coupe du monde 2026 mais aussi le coup d'oeil sur les marchés financiers avec les titres des semi-conducteurs qui baissent encore, le pétrole et Trump (comme d'habitude)
L’expression vient du poète Juvénal (Satire X, début du IIe siècle apr. J.-C.), qui déplorait qu’un peuple romain autrefois souverain se soit résigné à ne plus demander que «du pain et des jeux». L’idée: les empereurs finançaient largement les jeux du cirque, les combats de gladiateurs et les distributions de blé pour:
- Détourner l’attention des difficultés économiques ou politiques
- Asseoir leur popularité personnelle sans passer par des réformes institutionnelles
- Afficher leur puissance et leur générosité (l’ampleur des jeux organisés par un empereur signalait sa magnificence)
- Créer une identification directe entre le peuple et le souverain, court-circuitant le Sénat
Plusieurs éléments alimentent la comparaison :
- L’appropriation personnelle de l’événement. Donald Trump s’est impliqué personnellement dans la candidature américaine dès 2017, lors de son premier mandat, et a fait de ce Mondial l’un des événements majeurs de son second mandat, espérant en tirer un gain politique à quelques mois des élections de mi-mandat.
- Le goût pour le spectacle et les caméras. Sa formule récurrente — « ça va être de la grande télévision » — illustre une conception de l’événement sportif comme scène de communication politique personnelle.
- L’instrumentalisation interne. Trump se sert aussi de l’organisation pour remettre en cause l’accueil de matchs par certaines villes démocrates en désaccord avec sa politique — un usage du prestige de l’événement comme levier de politique intérieure, assez proche de la logique impériale de récompense/sanction.
- Le culte de la personnalité institutionnalisé. Un « prix de la paix » de la FIFA lui a été remis lors du tirage au sort en décembre 2025 à Washington, un geste que plusieurs observateurs ont jugé disproportionné compte tenu du contexte géopolitique de l’époque.
- La structure de pouvoir dédiée. Trump a créé un groupe de travail de la Maison-Blanche pour la Coupe du monde 2026, qu’il préside lui-même, avec pour mission affichée de « montrer la fierté et l’hospitalité de la Nation » tout en promouvant la croissance économique et le tourisme.
Mais Trump fait encore mieux en susurrant à l’oreille d’Infantino et en obtenant peut-être des droits financiers sur les prochaines compétitions organisées par la FIFA.
Coup d’œil sur les marchés
À Paris, le CAC 40 a fini sur une perte de 0,60%. Le Footsie britannique a avancé de 0,24%, bien aidé par les valeurs liés aux hydrocarbures. Le Dax allemand a reflué de 0,06%. L’indice EuroStoxx 50 a perdu 0,71%, le FTSEurofirst 300 0,43% et le Stoxx 600 .STOXX 0,36%. Kering a bondi 16,90% après la publication de résultats trimestriels supérieurs aux attentes, tant en termes de chiffre d’affaires que de résultat d’exploitation récurrent, ce qui a incité HSBC à relever sa recommandation de « conserver » à « acheter ». Hermès, en revanche, a dévissé de 11,02%, tombant en séance à un creux depuis début 2023. Le groupe de luxe n’est pas parvenu à convaincre les investisseurs d’un redressement imminent avec l’actualisation de ses comptes trimestriels. Les autres groupes de luxe comme ont connu des fortunes diverses: LVMH a cédé 0,49% et Richemont a reculé de 2,66%, tandis que Moncler a gagné 1,81%. Dans les autres compartiments, Danone a perdu 2,29% dans un contexte de ralentissement de ses ventes en Chine. Rémy Cointreau a avancé de 1,07% après avoir réalisé un chiffre d’affaires trimestriel en hausse organique. Deutsche Bank a gagne 1,07% après avoir fait état d’une hausse de 10% de son bénéfice au deuxième trimestre. Caixabank a chuté de 7,12%, le maintien de perspectives de marge inchangées pour 2026 ayant déçu les investisseurs. Aberdeen a reculé de 4,26% après avoir enregistré des sorties de capitaux de trois milliards de livres sterling au cours du premier semestre, contre des entrées attendues de 800 millions de livres.
En Suisse, le SMI a terminé en baisse de 0,58%. Un temps dans le trio de tête, UBS (+0,9%) a dégagé au deuxième trimestre un bénéfice net de 2,8 milliards de dollars, supérieur aux 2,4 milliards annoncés un an plus tôt, nonobstant un avantage fiscal sur la base de comparaison. Le bénéfice avant impôts a bondi de plus de moitié à 3,59 milliards. Le groupe a annoncé le lancement d’un nouveau programme de rachat d’actions, doté de 3 milliards de dollars. Les autres poids de la cote Nestlé (+0,4%) Novartis (-0,5%) et Roche (-1,7%) ont évolué diversement.
En zone euro, le rendement du Bund allemand a dix ans a fini sur un gain de 4,7 points de base, à 3,1561%, et celui à deux ans à 2,8028%, en hausse de 6,2 points de base.
La Bourse de New York a terminé en forte baisse mercredi, après que la Réserve fédérale américaine (Fed) a fait le choix de garder ses taux inchangés, sur fond de flambée des taux obligataires et des prix du pétrole. Le Dow Jones a chuté de 2,19%, l’indice Nasdaq a reculé de 1,74% et l’indice élargi S&P 500 a lâché 1,52%. Les semi-conducteurs ont encore terminé en nette baisse, à l’image du mastodonte Nvidia (-3,55%), AMD (-5,51%), Broadcom (-2,78%) ou Micron (-9,94%). Publiées après la clôture de Wall Street, les performances financières de Microsoft sont ressorties supérieures aux attentes, le groupe étant toujours tiré par l’informatique à distance (« cloud ») et l’intelligence artificielle (IA). Meta a lui annoncé un bénéfice trimestriel moins bon qu’escompté, plombé par des charges judiciaires, tout en augmentant encore ses dépenses massives dans l’IA. Microsoft prenait 3,01% dans les échanges électroniques après clôture, tandis que Meta chutait de 6,59%.
Sur le marché obligataire, le rendement à 30 ans des emprunts de l’Etat américain a touché un plus haut depuis 2007, à un peu plus de 5,22%, contre 5,09% la veille en clôture. L’échéance à dix ans s’est tendue à 4,69% contre un peu moins de 4,61% mardi.
Le marché pétrolier est en forte hausse mercredi, de nouvelles frappes aériennes de grande ampleur ayant repris au Moyen-Orient, anéantissant les espoirs d’une fin imminente de la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran, tandis que les données du secteur montrent une baisse des stocks de brut américains. Le Brent grimpe de 7,12% à 90,10 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) monte de 6,60% à 84,49 dollars.
Ce matin en Asie : l’indice MSCI le plus large des actions d’Asie-Pacifique hors Japon a progressé de plus de 1% en début de séance. Le Nikkei japonais a gagné 2%, mais reste sur une baisse de 3% sur la semaine. L’indice KOSPI a progressé de 4% dans des échanges volatils jeudi, mais se dirige vers un déclin hebdomadaire de 12%, ce qui a poussé le ministre des Finances, Koo Yun-cheol, à présenter ses excuses pour l’introduction d’ETF à effet de levier sur des titres individuels. L’indice Shanghai Composite a débuté la séance en baisse de 0,4%. L’indice Shenzhen Component a quant à lui reculé de 0,9%.
L’indice dollar a progressé de 0,1% à 100,89 après que les États-Unis ont annoncé mener des frappes aériennes en Iran. La livre sterling s’est repliée de 0,1% à 1,3355 dollar avant la décision de la Banque d’Angleterre (BoE) sur les taux d’intérêt ce jeudi, les acteurs du marché s’attendant à un statu quo. L’euro a glissé de 0,1% à 1,1457 dollar. Le dollar australien est resté stable, tout comme son homologue néo-zélandais, à respectivement 0,6959 dollar et 0,5795 dollar, tandis que le yen s’est maintenu à 163,455 yens pour un dollar américain.
L’or au comptant gagnait 0,3% à 4’076,29 dollars l’once alors que l’argent au comptant a progressé de 04% à 57,86 dollars l’once, et le palladium a augmenté de 1,5% à 1’264,49 dollars. Le platine a reculé de 0,6% à 1’602,34 dollars.
Coup d’œil sur Trump
Le président Trump a déclaré à Fox News qu’il allait «démolir» l’Iran en représailles à son attaque contre les forces américaines en Jordanie la nuit dernière. S’adressant à Trey Yingst, il a ajouté: «On va les frapper fort, ils vont se faire laminer.»