Les dividendes mondiaux ont atteint 424,5 milliards de dollars au premier trimestre 2026, soit une hausse de 10,1% en glissement annuel, selon la première édition de l’indice Janus Henderson Global Dividend and Buyback Index. La croissance des dividendes a été généralisée, avec des hausses significatives en Amérique du Nord, en Europe, au Japon et au Royaume-Uni, malgré un contexte macroéconomique mouvementé.
Ce nouvel indice élargit les recherches de longue date menées par Janus Henderson sur les dividendes pour y inclure les rachats d’actions, offrant ainsi une vision plus complète de la manière dont les plus grandes entreprises mondiales restituent du capital à leurs actionnaires. Au premier trimestre, les rachats d’actions à l’échelle mondiale ont atteint 425,7 milliards de dollars, dépassant légèrement les versements de dividendes, mais ont reculé de 3,1% par rapport à la même période de l’année précédente, ce qui suggère que les entreprises se montrent de plus en plus sélectives dans leur approche des rendements offerts aux actionnaires.
Les dividendes font preuve de résilience alors que les rachats d’actions marquent le pas – la Suisse, premier pays distributeur de dividendes en Europe
Le premier trimestre a mis en évidence une divergence entre les dividendes et les rachats d’actions. Les versements de dividendes se sont accélérés, soutenus par la résilience des bénéfices des entreprises, tandis que les rachats d’actions ont ralenti dans un contexte de taux d’intérêt élevés pour une durée prolongée, d’incertitudes commerciales et de risques géopolitiques.
L’Europe hors Royaume-Uni a versé 67,4 milliards de dollars de dividendes au premier trimestre, soit une hausse de 35,5% en glissement annuel, soutenue par des effets de change et de calendrier. La Suisse a été le plus gros verseur du continent, avec 27,3 milliards de dollars distribués, suivie du Danemark avec 9,4 milliards de dollars.
La première place occupée par la Suisse en comparaison européenne s’explique en partie par des différences dans le calendrier des distributions, une proportion relativement élevée des dividendes suisses étant versée au premier trimestre.
La Suisse a non seulement contribué de manière disproportionnée au volume total européen, mais elle a également enregistré une croissance supérieure à la moyenne. La croissance sous-jacente s’est établie à 5,7%, tandis que la croissance publiée a atteint 38,8%. Comme sur d’autres marchés européens, les effets de change et de calendrier ont largement contribué à cet écart. La différence entre les taux de croissance sous-jacente et publiée s’explique en partie par des distributions exceptionnelles. Plusieurs grandes entreprises, dont Roche Holding et Schindler Holding, ont versé des dividendes exceptionnels au premier trimestre. Roche a également augmenté son dividende ordinaire par rapport à l’année précédente. D’autres écarts résultent d’un décalage du calendrier de distribution chez ABB et Swisscom: en 2025, les deux entreprises avaient versé leurs dividendes annuels au début du deuxième trimestre, tandis qu’en 2026, elles les ont distribués dès la fin du premier trimestre.
La Suisse a également figuré parmi les marchés les plus performants en matière de rachats d’actions, se classant au deuxième rang en Europe avec des versements de 4,1 milliards de dollars américains au premier trimestre 2026. Cela représentait environ 21,8% du volume total européen.
L’Amérique du Nord a continué de dominer les rendements mondiaux pour les actionnaires. Les États-Unis ont versé 183,5 milliards de dollars de dividendes, soit 46,3% du total de l’indice, et ont racheté pour 266,7 milliards de dollars d’actions, ce qui en fait de loin le plus grand marché mondial tant pour les dividendes que pour les rachats d’actions. La croissance des dividendes aux États-Unis a été généralisée dans tous les secteurs, les technologies, la finance et l’énergie figurant parmi les principaux contributeurs.
Le secteur financier domine les distributions, tandis que les investissements dans l’IA soutiennent celui des matériaux de base
Le secteur financier est resté le principal contributeur aux dividendes mondiaux au premier trimestre, avec 90,8 milliards de dollars distribués. Ce secteur a également dominé les rachats d’actions à l’échelle mondiale, avec 110,7 milliards de dollars de rachats, soit plus d’un tiers du total de l’indice.
Le secteur des matières premières a enregistré la plus forte croissance des dividendes parmi tous les secteurs, avec des versements en hausse de 47,1% sur la période considérée. Cette progression s’explique par la forte demande en minéraux stratégiques tels que le cuivre et le lithium, qui constituent des intrants essentiels pour les centres de données, les semi-conducteurs et les infrastructures d’intelligence artificielle.
Le secteur technologique est également resté au cœur de la performance des rendements pour les actionnaires. Il a distribué 43,7 milliards de dollars de dividendes et procédé à 66,6 milliards de dollars de rachats d’actions au premier trimestre, soulignant l’importance persistante des grandes entreprises technologiques pour les rendements mondiaux.
Perspectives revues à la hausse pour les dividendes, mais les rachats d’actions devraient reculer
Janus Henderson prévoit une croissance mondiale des dividendes de 8,3% en 2026, contre 6,8% en 2025. En revanche, les rachats d’actions à l’échelle mondiale devraient reculer de 1,1% cette année, après avoir progressé de 6,1% en 2025.
Les perspectives en matière de dividendes restent soutenues par la résilience des bénéfices, même si Janus Henderson note que le maintien prolongé des taux d’intérêt à des niveaux élevés, les risques géopolitiques et la pression sur les secteurs orientés vers les consommateurs constituent toujours des risques importants. Les rachats d’actions devraient rester plus conjoncturels, offrant ainsi aux entreprises une certaine flexibilité en cas de détérioration des conditions.
Jane Shoemake, gestionnaire de portefeuille clients au sein de l’équipe Global Equity Income chez Janus Henderson, a déclaré:
«Dans un contexte macroéconomique qui semble de plus en plus incertain, la solidité des bénéfices à l’échelle mondiale a été une surprise. Ces bénéfices se traduisent presque toujours par une hausse des dividendes, et c’est exactement ce que nous observons actuellement dans divers secteurs et régions.
«Les rachats d’actions ajoutent une autre dimension à ce tableau. Le niveau absolu des rachats reste substantiel, globalement en ligne avec les dividendes du premier trimestre, mais la légère baisse en glissement annuel montre également pourquoi ils doivent être traités différemment. Les dividendes relèvent généralement de décisions à long terme prises par les conseils d’administration et fondées sur la pérennité, tandis que les rachats d’actions sont de nature plus discrétionnaire et cyclique. En ce sens, les dividendes restent le signe le plus fort de confiance, tandis que les rachats d’actions agissent comme un amortisseur plus flexible.»