Je vous annonce tout de suite la couleur : aujourd'hui, il ne se passera RIEN. Les marchés américains sont fermés parce que le 4 juillet tombe un samedi et qu'aux États-Unis, plutôt que de « rater » un jour de congé, on ferme le vendredi et on fait le pont à l'envers. Il fallait y penser. J'aurais plutôt cru que c'était une méthode française, mais non. Sauf qu'avant de partir griller des burgers, Wall Street nous a offert une dernière séance qui résume parfaitement l'état mental du marché en ce début de deuxième semestre. Et croyez-moi, il y a de quoi raconter.

Make the rotation great again

Le Dow Jones prend 594 points et signe un nouveau record historique — le vingtième de l’année — pendant que le Nasdaq affiche une tronche de dépressif et que le secteur des semiconducteurs se fait couper en rondelles. Le SOX a rendu plus de 11% en deux jours. Le MÊME indice qui venait de boucler, mardi soir, le meilleur trimestre de toute son histoire. On termine le plus beau trimestre jamais enregistré, on débouche le champagne, et 48 heures plus tard on balance tout par la fenêtre comme si les puces étaient devenues radioactives.
Pourquoi ? Il y a une explication propre et une explication sale. L’explication propre, ce sont les « arbitrages de portefeuille » de début de semestre.

Mécanique, saisonnier, presque ennuyeux. L’explication sale, c’est qu’il a suffi d’une rumeur sur Meta mercredi pour que tout le monde se mette à imaginer que les hyperscalers pourraient — horreur — DÉPENSER MOINS. Et cette rumeur-là, je vous la décortique dans la chronique complète, parce qu’elle en dit plus long sur la fragilité de la thèse IA que trois mois de rapports d’analystes. Pendant que les puces se faisaient laminer, devinez qui faisait la fête ? Les marchands de canons. Saab +8.6%, Rheinmetall +6.4%, Thales +4.8%, et Paris qui flirte avec les 8’500 points. Le message du marché est d’une élégance rare : on vend les trucs qui calculent et on achète les trucs qui font exploser d’autres trucs.

Le chiffre qui fout les jetons

Et puis il y a CE chiffre. Celui dont personne ne parle ce matin et qui devrait pourtant vous empêcher de bronzer tranquille : le spread de volatilité implicite entre le Nasdaq 100 et le S&P 500 est au plus large depuis… 2008. Oui, 2008, l’année dont on ne prononce pas le nom. Et le détail qui tue, c’est que cette fois, ce ne sont plus les paris sur la hausse qui gonflent cet écart. Ce sont les protections contre la baisse — payées à des niveaux qu’on n’a vus qu’en 2020 et en septembre 2008. Les mêmes génies qui empilaient les ETF à levier en mai s’assurent maintenant contre le scénario qu’ils juraient impossible il y a six semaines. Qui achète ces assurances, contre quoi exactement, et pourquoi ce n’est pas encore un signal de krach mais que c’en est un d’autre chose — tout est expliqué, vulgarisé et décortiqué dans la version complète sur Morningbull.ch. Croyez-moi, celle-là, vous voulez la comprendre.

C’est mauvais, donc c’est bien

Côté macro, les chiffres de l’emploi américain sont tombés jeudi et ils étaient ratés : 57’000 créations de postes contre le double attendu, révisions à la baisse sur mai ET avril — le mois dernier on se félicitait de ces EXCELLENTS chiffres, EH BEN NON, le BLS s’est encore foutu de nous. Le taux de chômage recule à 4.2%, mais uniquement parce que le taux de participation s’effondre. Il y a moins de chômeurs parce qu’il y a moins de gens qui cherchent du boulot.

C’est comme améliorer la moyenne de la classe en virant les cancres avant l’examen. Et le marché a ADORÉ, parce qu’en 2026 la question n’est plus de savoir si la Fed va baisser les taux, mais si elle va les MONTER. Warsh a d’ailleurs lâché une phrase à Sintra qui devrait faire réfléchir tous ceux qui sont longs jusqu’aux oreilles — elle est dans la chronique, avec ce que le marché obligataire nous dit VRAIMENT quand on regarde la semaine entière plutôt que la réaction d’une matinée. Indice : on a déplacé la date de l’exécution, on n’a pas gracié le condamné.

Trump, Micron et les autres

Ma scène préférée de la semaine : Micron, +240% depuis janvier, se fait défoncer deux jours de suite. Trump vole à son secours sur son réseau — « Micron, une GRANDE société américaine » — et le titre continue de plonger. Même le pouce magique de Donald n’arrête plus la gravité. Pendant ce temps, Sam Altman propose de CÉDER 5% d’OpenAI au gouvernement américain. 42 milliards de dollars, comme ça, pour qu’on lui fiche la paix. Officiellement, c’est « partager les fruits de l’IA avec le public ». Moi j’appelle ça autrement, et je vous explique dans la version complète pourquoi cette histoire — ajoutée au mois très étrange que vient de vivre Anthropic — redéfinit complètement la façon d’analyser les valeurs américaines. Spoiler : la liste des invités à Mar-a-Lago devient un document d’analyse fondamentale. Vous retrouvez la version complète sur Morningbull.ch.

Il y a aussi Tesla, qui publie des livraisons RECORD et perd 8% — un cas d’école de psychologie de marché que je démonte pièce par pièce — et le pétrole revenu à ses niveaux d’avant-guerre pendant que les réserves stratégiques américaines touchent leur plus bas depuis MAI 1983. Ce dernier point mérite à lui seul le détour, parce que personne n’en parle et que le cocktail est explosif.

Tout ça — la rotation décortiquée, le signal 2008 expliqué pour les humains normaux, Warsh, Tesla, le pétrole, et un « spécial week-end » sur le sujet qui pourrait devenir LE caillou dans la chaussure de toute la thèse IA — c’est dans la chronique complète du jour sur Morningbull.ch.

Excellent week-end prolongé, et on se retrouve lundi !

Thomas Veillet
Investir.ch