Nous sommes le 13 juillet, 237 ans moins un jour après la prise de la Bastille. Les élites vont très bien, merci pour elles, et c'est l'Iran qui prend des missiles dans la tronche. Ce week-end : cinq pays du Golfe arrosés, le détroit d'Ormuz déclaré « fermé jusqu'à nouvel ordre », plus de 300 cibles rasées en trois nuits par les Américains. Réaction des futures : -0,3 %. Trois dixièmes. C'est donc officiel, gravé dans le marbre : ale marché se fout TOTALEMENT de la guerre. La vraie question, c'est pourquoi. Et surtout : jusqu'à quand.

Version express — Investir.ch — lundi 13 juillet 2026 – version Full sur : www.morningbull.ch 

Le divorce est prononcé

Pendant que Téhéran et Washington échangeaient des missiles, Wall Street regardait ailleurs : SK Hynix a débarqué sur le Nasdaq, levé 26,5 milliards — deuxième plus grosse introduction de l’histoire derrière SpaceX — et pris 14 % dans la journée. Meta a gagné 15 % sur la semaine parce que Zuckerberg envisage de sous-louer sa cave à calcul. Le S&P termine à 7 575, +11 % sur l’année. L’IA mène la danse, la guerre fait de la figuration : Trump pourrait raser Téhéran à la bombe nucléaire, si le S&P perdait 2 % sur la nouvelle, la moitié de Wall Street y verrait une opportunité d’achat.

Personne ne mise sur une reprise de la guerre, tout le monde mise sur des escarmouches — et tout le monde attend que Trump nous annonce un accord de paix dans la nuit, comme tous les lundis depuis février. Et le pire, c’est qu’on va le croire. Pourquoi plus personne ne croit à la guerre — et ce qui pourrait faire paniquer tout le monde d’un seul coup — je vous le raconte dans la version complète.

Le monde à l’envers

Sur les taux, accrochez-vous : le marché price désormais 70 % de chances d’une HAUSSE d’ici septembre. Oui, une hausse. Et le plus drôle, c’est que l’homme installé à la Fed précisément pour les baisser passe à la casserole cette semaine : Kevin Warsh, première audition de sa vie devant le Congrès, mardi et mercredi. Depuis sa nomination, le monsieur pratique le silence intégral façon Volcker et Greenspan — sans le cigare, sans le CV, mais avec cinq « task forces » et un abonnement au mutisme. Les Démocrates l’attendent avec le mors aux dents et un plan de campagne. Ce qu’il risque de devoir lâcher pourrait secouer les marchés bien plus fort que tous les missiles iraniens réunis. Les détails sont sur Morningbull.ch, et croyez-moi, le personnage vaut le détour.

Ormuz au ralenti

Le pétrole, lui, a quand même daigné réagir : Brent +3 % à 78 dollars et quelques — rappel utile, on était à 119 en mars. Six navires ont franchi le détroit dimanche, plus bas niveau en cinq semaines. Les stratèges parlent d’un niveau « inconfortable mais gérable ». Inconfortable surtout pour Trump : le prix à la pompe est l’indicateur économique préféré de l’électeur américain, et novembre approche. Pourquoi ce chiffre de six bateaux est bien plus important qu’il n’en a l’air, c’est dans la chronique complète.

Les banques ouvrent le bal

Dès demain, JPMorgan, Bank of America, Goldman Sachs, Wells Fargo et Citi publient à quelques heures d’intervalle. Trimestre de rêve pour les desks de trading, M&A à plein régime — « c’est la fête du slip », dixit Jamie Dimon — et 23,6 % de croissance des profits attendue pour le S&P 500. Un seul problème : tout le monde le sait déjà. Et il y a un scénario qui circule chez les brokers — résumé par un conseil d’une grande poésie que je vous traduis dans la chronique complète — qui ne va pas plaire aux acheteurs de la dernière heure. Indice : ça commence par « take the money ».

La rubrique des pourris

Le week-end politique fut dense : un sénateur américain décédé subitement, un autre qui prouve qu’il est encore vivant photo du journal à l’appui — technique habituellement réservée aux preneurs d’otages —, la FIFA qui confirme officiellement ce que tout le monde savait depuis toujours, et Marine Le Pen qui annonce sa candidature, déclenchant instantanément une épidémie nationale de conscience subite chez des politiciens qui ne savaient pas écrire le mot il y a huit jours. Mon pronostic pour le second tour implique un fruit de mer. Je n’en dis pas plus ici.

Dans la version complète ce matin : Samsung qui multiplie ses profits par dix-neuf et se fait quand même punir, Volkswagen qui prépare la plus grosse restructuration de l’histoire industrielle allemande, le consommateur américain déclaré « résilient » — traduction fournie —, et le menu CPI-PPI qui peut faire dérailler toute la semaine. Tout est sur Morningbull.ch. On se retrouve de l’autre côté.

Thomas Veillet

Morningbull.ch