Mega deal dans le secteur de la pharma mondiale. Marchés européens plutôt haussiers et pétrole en recul (sauf les prix à la pompe) et Trump qui essaie vainement de préparer la rentrée électorale avec de bonnes nouvelles.
Le Financial Times a rapporté qu’AstraZeneca aurait exploré un rachat de Bristol Myers Squibb (BMS), ce qui créerait l’un des plus grands groupes pharmaceutiques au monde, avec une capitalisation combinée proche de 400 milliards de dollars. Bristol vaut environ 133 milliards $, AstraZeneca environ 264 milliards $. Les discussions durent depuis plusieurs mois mais rien n’est acté — l’accord pourrait encore capoter. Les deux entreprises ont refusé de commenter.
Pourquoi ce deal interroge les analystes
Jefferies: qualifie l’opération de « casse-tête ». AstraZeneca est en pleine croissance et n’a pas besoin d’ingénierie financière ; le rationnel stratégique reste flou, même si BMS pourrait apporter du cash et un renfort en cardiovasculaire.
HSBC: juge la base stratégique du deal « fragile ». Les gros risques antitrust en oncologie, le fait qu’AstraZeneca a déjà une forte présence aux US, et l’historique peu concluant des méga-fusions dans le secteur rendent l’opération peu convaincante pour les investisseurs. Maintient « Hold » sur les deux valeurs.
Bank of America: note le timing particulier, avec BMS confronté à d’importantes pertes de brevets (Eliquis, Opdivo) et plusieurs résultats d’essais cliniques de phase 3 attendus. Le chevauchement commercial direct concerne surtout les inhibiteurs PD-1/PD-L1, mais l’expiration du brevet d’Opdivo (fin 2028) limite ce problème. Les mega-deals au-delà de 100 milliards $ restent rares et risqués.
Enjeux clés
Les brevets d’Eliquis et Opdivo (environ la moitié des ventes de Bristol) arrivent à expiration, ce qui pèse sur ses perspectives de croissance.
Une dimension politique existe: un acquéreur britannique rachetant une grande pharma américaine, dans un contexte où les autorités US se concentrent sur les industries stratégiques nationales.
Coup d’œil sur les marchés
Les principaux indices européens ont clôturé la première séance d’août en ordre dispersé, Londres étant la seule des grandes places du Vieux Continent à terminer en territoire négatif. Ainsi, le FTSE MIB a clôturé en hausse de 1,3%, le Mid-Cap a gagné 1,3%, le Small-Cap a progressé de 1,0% tandis que l’Italia Growth a avancé de 0,2%. Le FTSE 100 de Londres a fini dans le rouge à -0,1%, le CAC 40 de Paris a progressé de 1,4% tandis que le DAX 40 de Francfort a gagné 1,6%. Au chapitre des entreprises, AstraZeneca est en discussion avec Bristol Myers Squibb en vue d’un éventuel rapprochement qui créerait un géant pharmaceutique valorisé à près de 400 milliards de dollars, a rapporté dimanche le Financial Times, citant des sources anonymes proches du dossier. L’action du groupe pharmaceutique britannique a chuté de 8,6% à Londres. Shell a accepté de vendre son portefeuille européen d’énergies renouvelables terrestres à TotalEnergies, a révélé le géant pétrolier lundi. En parallèle, TotalEnergies a également annoncé la vente d’une participation de 50 % dans un portefeuille européen de 1,2 gigawatt de projets solaires et éoliens terrestres à une filiale d’assurance de la société d’investissement américaine KKR. L’action Shell a gagné 0,4% à Londres, tandis que le titre TotalEnergies a cédé 0,1% à Paris. BP a finalisé la vente de sa raffinerie de Gelsenkirchen et des activités connexes en Allemagne au groupe Klesch, a annoncé la société. L’action BP a reculé de 0,5% à Londres. Les valeurs du secteur des logiciels, qui font les frais depuis le début de l’année des craintes des investisseurs sur la pérennité de leur modèle avec l’arrivée de l’intelligence artificielle (IA), font l’objet d’un regain d’intérêt. SAP prenait 6,41% à Francfort, Dassault Systèmes gagnait 5,69% et Capgemini 5,66% à Paris.
En Suisse, le SMI a entamé la nouvelle semaine de cotation en territoire positif, clôturant en hausse de 0,18%. Le poids lourd de la cote Roche (+0,7%) a étoffé ses gains. Mais Nestlé (-0,3%) et Novartis (-1,6%) sont en revanche tombés dans le camp des perdants. Sandoz (-2,7%) a fini lanterne rouge. Le groupe pharmaceutique bâlois a annoncé la conclusion de deux accords amiables pour clore les litiges liés aux pratiques anticoncurrentielles présumées sur le marché américain des médicaments génériques.
Le taux d’inflation annuel en Suisse a légèrement fléchi pour s’établir à 0,4% en juillet, contre 0,5% le mois précédent. Sur le front du marché du travail, l’indicateur de l’emploi du KOF a grimpé à 2,1 points au troisième trimestre, contre 1,6 point (chiffre révisé à la baisse) au trimestre précédent, se situant légèrement au-dessus de sa moyenne à long terme de 1,7 point. «Cette amélioration est portée par des prévisions d’emploi plus encourageantes pour les trois prochains mois, bien que les entreprises évaluent leurs niveaux d’emploi actuels avec un peu plus de prudence qu’au trimestre dernier», a indiqué l’Institut de recherches conjoncturelles (KOF).
Les rendements obligataires de la zone euro ont baissé lundi, portés par le repli des cours du pétrole après que le président américain Donald Trump a déclaré que des discussions avec l’Iran étaient imminentes. Le rendement de l’emprunt d’État allemand à 10 ans, référence du bloc, a reculé de 6 points de base (pb) à 3,145 %. Le rendement de l’obligation allemande à deux ans a reculé de 4,5 pb à 2,763%. Le rendement de l’obligation italienne à 10 ans, traditionnellement la référence pour les économies dites périphériques de la zone euro, a chuté de 9 pb à 3,941%. Pour mémoire, le taux du 10 ans de la Confédération Suisse est de 0,476%.
Aux Etats-Unis, le Dow Jones (+1,32%) a décroché un nouveau sommet en clôture, son premier depuis début juillet. L’indice Nasdaq s’est envolé de 2,13% et le S&P 500 s’est octroyé 1,48%. Amazon (+4,58% à 284,02 dollars) a d’ailleurs dépassé pour la première fois lundi le seuil symbolique des 3’000 milliards de dollars de capitalisation boursière, surfant toujours sur l’enthousiasme suscité par ses performances financières. Dans son sillage, Nvidia a gagné 2,93%, Microsoft a progressé de 4,93%, Alphabet (Google) de 4,88% et Meta de 6,02%. Boeing (+8% à 233,44 dollars) a été recherché, profitant de la certification attendue de son 737 MAX 7 après sept ans de retard. ExxonMobil (-0,24% à 155,06 dollars) et Chevron (-1,87% à 193,15 dollars) ont terminé dans le rouge, pâtissant à la fois du repli des prix du brut et de commentaires négatifs de Donald Trump, qui a accusé les entreprises pétrolières de « faire trop d’argent » en profitant de la situation au Moyen-Orient. Palantir a publié des résultats supérieurs aux attentes pour le deuxième trimestre. L’action Palantir progressait de 5% après bourse.
Ce matin en Asie : le Nikkei affichait une baisse de 0,11% à la pause de la mi-journée, tandis que le Topix cédait 0,26%. L’indice Shanghai Composite a ouvert en hausse de 0,2%. L’indice Shenzhen Component a progressé de 0,9%. Le KOSPI perdait 1,9% après avoir progressé jusqu’à 2,1% plus tôt dans la séance. Parmi les poids lourds de l’indice, le fabricant de puces Samsung Electronics a reculé de 3,76%, tandis que son homologue SK Hynix a perdu 3,70%.
L’or au comptant était stable à 4’055,39 dollars l’once. L’argent au comptant a gagné 0,1%, le platine a progressé de 0,4% tandis que le palladium a reculé de 0,2%.
Le contrat à terme sur le Brent progressait de 0,62 dollar, soit 0,7%, à 84,39 dollars le baril après avoir chuté de 7 % lors de la séance précédente. Le brut américain West Texas Intermediate gagnait 0,61 dollar, soit 0,7%, à 80,95 dollars.
Coup d’œil sur Trump
«Chevron, trop d’argent. ExxonMobil, trop d’argent», a déclaré Trump. «Ils vont en restituer une partie au public et ils ont intérêt à baisser le prix de détail, le prix pour le consommateur.»