Comment Trump sauvera-t-il la face avec l’Iran et l’inflation avant les élections ? Et les marchés européens continuent leur chemin haussier contrairement aux asiatiques.
L’accord en préparation Iran-Oman-US
Bloomberg rapporte qu’un accord de 60 jours entre les États-Unis, l’Iran et Oman est en préparation concernant la navigation dans le détroit d’Ormuz — mais l’Iran n’a pas confirmé cette information.
Téhéran affirme piloter les négociations avec Oman et dit que Washington a été mis à l’écart, alors que la Maison Blanche revendique une implication directe.
Mécanique proposée du deal (selon CBS et Axios)
- Les navires entrant dans le détroit emprunteraient un couloir nord, côté iranien (trafic géré par l’Iran).
- Les navires sortants emprunteraient un couloir sud, côté omanais (trafic géré par Oman).
- Une «redevance de service» serait partagée entre l’Iran et Oman — bien qu’Axios évoque l’absence de « péages » pendant les 60 jours, ce qui pourrait relever de la sémantique (frais présentés sous couvert de sécurité navigation/environnement).
- Un déminage naval de la voie médiane serait entrepris dans les 30 jours, avec l’aide d’opérateurs tiers. Une fois déminée, cette voie médiane serait utilisée selon un arrangement permanent à négocier entre Oman et l’Iran.
Obstacles et tensions persistantes
Rubio insiste sur le fait que la question nucléaire doit être résolue, alors que l’Iran affirme que ce sujet ne pourra être abordé qu’après la fin du conflit.
La télévision d’État iranienne prévient que même en cas d’accord, la réouverture du détroit n’aura pas lieu tant que les États-Unis n’auront pas levé leur blocus naval — une condition clé pour Téhéran.
Selon Axios, Araghchi aurait donné un accord de principe, en attente de validation du Guide suprême et du Conseil suprême de sécurité nationale — validation qui aurait été complétée mardi.
Enjeux géopolitiques
Si l’accord se concrétise, il serait perçu comme une victoire pour l’Iran, qui gagnerait un contrôle accru sur le transit énergétique par rapport à l’avant-guerre.
Pour Trump, ce serait une façon de se retirer du bourbier militaire à l’approche des six mois du début de l’opération «Epic Fury». Le New York Times souligne que même si les marchés seraient soulagés, l’accord risque de «ratifier» le contrôle de Téhéran sur une voie internationale auparavant ouverte — les officiels américains insistant sur son caractère «temporaire», ce qui laisse présager un accord fragile aux interprétations divergentes.
Coup d’œil sur les marchés
A Paris, le CAC 40, après avoir signé hier un double record historique a grappillé 0,03% à 8 669 points tout en inscrivant dans la matinée un record historique en séance à 8 693,89 points. Le Dax a reculé de 0,21% tandis que le Footsie 100 a gagné 0,17%. Glencore a gagné près de 4% après avoir publié une hausse de 86% de son bénéfice semestriel, tandis que le distributeur Next (5,79%) a relevé pour la troisième fois cette année sa prévision de bénéfice annuel. A Francfort, Siemens Energy ( 0,27%) a progressé grâce à des ventes, des marges et un carnet de commandes records, alors qu’Infineon (-5,64%) a lourdement reculé après sa publication. DHL (-3,69%) a également terminé en baisse malgré le renforcement de son programme de rachat d’actions. Heineken ( 2,19%) a été soutenu par un bénéfice opérationnel supérieur aux attentes. A l’inverse, Novo Nordisk (-4,32%) a reculé malgré un relèvement de ses objectifs annuels, les investisseurs ayant manifestement intégré des attentes encore plus élevées.
En Suisse, le SMI a terminé la séance en hausse de 0,61%. rès recherché, Sandoz (+6,0%) a terminé sur la première marche du podium du jour. Le géant des médicaments génériques et biosimilaires a vu son bénéfice net s’évaporer de 70% sur les six premiers mois de l’année, à 109 millions de dollars, nonobstant une performance commerciale et opérationnelle convaincante. Sika (+2,6%) et Givaudan (+2,0%) se sont attribués les deuxième et troisième places. La médaille en chocolat est revenue à Amrize (+2,0%), qui doit annoncer ses résultats trimestriels jeudi soir. Les poids lourds de la cote Roche (+1,9%) et Nestlé (+0,8%) ont fini également dans le vert. Les deux autres mastodontes Novartis (-0,1%) et UBS (-0,2%) sont en revanche tombés dans le camp des perdants.
Sur le plan macroéconomique, les enquêtes PMI ont confirmé une amélioration progressive de l’activité en zone euro. En France, le secteur des services est resté légèrement en contraction avec un indice révisé à 49,6 en juillet. En Allemagne, le PMI des services s’est établi à 49,8, tandis que le PMI composite est remonté à 51,3, signalant un retour à l’expansion. Pour l’ensemble de la zone euro, le PMI composite a atteint 52,0, son meilleur niveau depuis huit mois, témoignant d’un renforcement graduel de la dynamique économique.
Sur le marché des taux, le rendement du Bund allemand à dix ans est inchangé, à 3,13%. Le taux de l’OAT française de même échéance cède 1 point de base (0,01 point de pourcentage), à 3,89%.
Aux Etats-Unis, le S&P 500 a perdu 0,17% et l’indice Nasdaq a reculé de 0,83%. Seul le Dow Jones (+0,49%) a terminé dans le vert, parvenant à décrocher un troisième record d’affilée en clôture, à 54.349,12 points. Côté entreprises, l’indice Nasdaq a notamment été plombé par la dégringolade du géant de l’espace SpaceX, qui a perdu 13,61% à 108,27 dollars, soit plus de 200 milliards de dollars partis en fumée. Le joyau d’Elon Musk a largement dépassé les attentes pour ses premiers résultats publics depuis son introduction en Bourse en juin, avec un chiffre d’affaires quasi doublé au deuxième trimestre. Mais ses dépenses massives (18,4 milliards de dollars en tout sur le trimestre), notamment dans l’intelligence artificielle, ont crispé les investisseurs. Autre valeur technologique dans le rouge, le géant des puces AMD (-7,04% à 482,05 dollars) a été sanctionné pour avoir fait seulement timidement mieux qu’attendu. Le géant américain du divertissement Disney (+3,66% à 101,77 dollars) a été salué mercredi après avoir fait état d’un chiffre d’affaires trimestriel en hausse de 7% grâce au streaming et aux parcs d’attractions. Il a aussi annoncé un partenariat avec TikTok, autorisant l’utilisation d’extraits de ses films et séries dans les vidéos courtes publiées sur la plateforme. Le laboratoire Eli Lilly, qui a dépassé les attentes des analystes d’avril à juin et relevé ses prévisions pour l’exercice fiscal complet, a gagné lui 4,81% à 1.169,33 dollars. Occidental Petroleum (OXY) a publié mercredi soir un bénéfice net ajusté de 2,40 $ par action diluée pour le deuxième trimestre, contre 0,26 $ un an plus tôt. Les analystes interrogés par FactSet tablaient sur 1,83 $. Le chiffre d’affaires pour les trois mois clos le 30 juin a progressé pour atteindre 8,33 milliards de dollars, contre 5,30 milliards de dollars l’année précédente. Le consensus des analystes prévoyait 7,07 milliards de dollars.
Le rendement des bons du Trésor à 2 ans a reculé de 0,66 point de base pour s’établir à 4,187%, son plus bas niveau depuis le 20 juillet. Le rendement des obligations américaines à 10 ans a cédé 1,23 point de base à 4,615%. La courbe des taux entre les échéances à 2 et 10 ans s’est pentifiée pour atteindre 42,6 points de base.
Ce matin en Asie : L’indice MSCI Asie-Pacifique hors Japon recule de 0,69 %, entraîné par la chute de 3,64 % enregistrée par la Corée du Sud. Le Nikkei a perdu 1,57%. À Séoul, Samsung Electronics a reculé de 2,44% et son concurrent SK Hynix a perdu 6,95%. À Tokyo, Kioxia a plongé de 9,61%, tandis que Tokyo Electron a chuté de 4,61%. L’indice Shanghai Composite a débuté la séance en baisse de 0,4%. L’indice Shenzhen Component a quant à lui reculé de 1,2%.
Les marchés des changes ont fait du surplace jeudi, le yen peinant à conserver ses gains issus des interventions et le dollar restant bloqué près de ses plus bas de six semaines. Le yen est resté quasi stable à 157,71 pour un dollar lors des premiers échanges. L’euro a peu évolué à 1,1557 dollar, tandis que la livre sterling s’est échangée à l’équilibre à 1,3469 dollar. Le dollar néo-zélandais et le dollar australien étaient également stables, s’échangeant respectivement à 0,5885 dollar et 0,7056 dollar.
L’or au comptant progressait de 1% à 4’285,84 dollars l’once. Parmi les autres métaux, l’argent au comptant a gagné 0,1% tandis que le platine a progressé de 1,7% après avoir atteint son plus haut niveau depuis juin. Le palladium a grimpé de 1,1%, en hausse pour la troisième séance consécutive.
Le contrat à terme sur le Brent a cédé 37 cents, soit 0,5%, à 79,08 dollars le baril. Le West Texas Intermediate (WTI) américain a reculé de 53 cents, soit 0,7%, à 74,69 dollars le baril. Le Brent avait clôturé en légère hausse mercredi, tandis que le WTI s’inscrivait en repli marginal.
Coup d’œil sur Trump
Donald Trump a lancé de nouvelles flèches envers le gouvernement canadien, lors d’un point de presse, mercredi. «Le Canada est désagréable, il l’est, a-t-il déclaré. Son peuple, j’adore son peuple, mais [le pays] est désagréable».