Nouveau coup de froid sur les marchés des obligations des sociétés liées à l’IA. Les rendements obligataires européens en hausse suite à l’émission d’obligations françaises et espagnoles et le pétrole qui remonte suite aux tractations Iran-Oman.

Les spreads obligataires liés à l’IA s’écartent de nouveau après une brève accalmie, dans un marché où les obligations de SpaceX sont devenues une référence clé pour évaluer le risque du secteur.

Nouvelle émission d’Alphabet

Alphabet (maison-mère de Google) prépare une nouvelle émission obligataire d’environ 25 milliards de dollars, sa troisième depuis novembre 2025. Les précédentes levées avaient déjà porté la dette à long terme du groupe à plus de 100 milliards de dollars. L’émission prévoit jusqu’à 10 tranches, avec des échéances allant de 2 à 40 ans, et un grand nombre de banques (Bank of America, Citigroup, Goldman, JPMorgan, Morgan Stanley, Wells Fargo) comme souscripteurs.

Pourquoi cela inquiète les marchés

Cette opération survient après qu’Amazon a émis un montant similaire un mois plus tôt.

Alphabet a récemment relevé ses prévisions de dépenses d’investissement 2026 à environ 205 milliards de dollars, soit plus du double de 2025.

L’appétit des investisseurs pour la dette liée aux hyperscalers s’est refroidi en juillet, avec un écartement historique des spreads.

Une opération parallèle de BlackRock (12,5 milliards de dollars adossés à un data center de Meta au Texas) a également rencontré une demande faible.

Situation financière d’Alphabet

La flambée des investissements a conduit Alphabet à enregistrer son premier trimestre de flux de trésorerie négatif depuis son introduction en bourse en 2004.

Le risque sous-jacent

A nouveau, l’incertitude sur la rentabilité future de ces investissements massifs, notamment face à la concurrence potentielle de modèles chinois à très bas coût pèse sur les marchés de la dette.

Coup d’œil sur les marchés

L’indice Stoxx Europe a progressé de 0,4%, le DAX allemand a gagné 0,1%, le FTSE 100 a cédé 0,1%, le CAC 40 français a progressé de 0,6%. Diageo a publié jeudi ses résultats préliminaires ajustés pour l’exercice fiscal 2026, affichant un bénéfice de 1,65 dollar par action ordinaire, contre 1,64 dollar un an plus tôt. Le titre du géant des boissons alcoolisées a bondi de 5,7% à Londres. BP a accepté d’acquérir la participation de 70% de Woodside Energy dans le projet gazier Calypso à Trinité-et-Tobago, a annoncé le groupe jeudi. L’action de la major pétrolière et gazière a progressé de 0,7% à Londres. Rio Tinto fait face à une pression accrue de la part de la Chine après que l’entreprise publique China Mineral Resources Group (CMRG) a ordonné à certaines aciéries d’interrompre les négociations pour les livraisons de minerai de fer au-delà du mois de septembre, a rapporté Reuters jeudi, citant des sources de marché. Le titre Rio Tinto a reculé de 0,7% à Londres. Le luxe a le vent en poupe en Europe, porté par une note favorable de Berenberg : Kering (+1,92%), Moncler (1,43%) ou Ferrari (+0,91%).

Les actions suisses ont reculé jeudi, alors que l’indice SMI suisse a baissé de 0,2%. Swiss Re a enregistré une hausse annuelle de 9% de son bénéfice net, s’établissant à 2,83 milliards de dollars au premier semestre 2026, portée par une croissance à deux chiffres dans ses trois unités opérationnelles. Le titre a progressé de 0,66%. De son côté, le bénéfice net de Swisscom au premier semestre a grimpé à 668 millions de francs, contre 625 millions de francs un an plus tôt, tandis que le chiffre d’affaires a reculé à 7,22 milliards de francs contre 7,45 milliards de francs. L’action Swisscom a terminé la séance en hausse de 4,38%. Le réassureur Swiss Re est parvenu à faire progresser sa rentabilité au premier semestre, grâce notamment à un nombre de catastrophes naturelles plus faible. Les objectifs d’économies ont été relevés et auront un impact sur l’emploi. Le titre a terminé jeudi sur un gain minime de 0,66%. L’assureur Zurich Insurance a soigné ses résultats au cours des six premiers mois de l’année, voyant ses excédents d’exploitation (BOP) progresser fortement au niveau du groupe, dans son activité dommages (P&C) ainsi que dans l’unité d’assurance vie. La direction revoit ses ambitions à la hausse pour 2026 et rassure sur l’intégration de Beazley. Mais le titre a baissé de 3%.

Sur le front des statistiques, en Allemagne, après une hausse de 0,3% en mai par rapport au mois précédent, les commandes manufacturières ont progressé de 3,1% en juin 2026. Cette progression est en grande partie attribuable aux fortes hausses enregistrées dans la fabrication de machines et d’équipements (+12,7%) ainsi que dans celle de produits informatiques, électroniques et optiques (+22,7%), des commandes de grande ampleur ayant été enregistrées dans ces deux secteurs.

De leur côté, les ventes au détail de la zone euro ont marqué le pas en juin, en recul de 0,3% (et de 0,1% dans l’Union européenne), selon les premières estimations publiées par Eurostat.

Le rendement du Bund allemand à 10 ans s’échangeait à 3,12% jeudi, en hausse de 1,7 point de base, tandis que le rendement à 2 ans progressait de 1,6 point de base à 2,73%. L’OAT française à 10 ans s’échangeait en hausse de 1,9 point de base sur la journée, à 3,91%. Les rendements du Bono de référence à 10 ans étaient en hausse de 1,4 point de base sur la journée, à 3,56%.

Aux Etats-Unis, le Dow Jones a perdu 0,85%, l’indice Nasdaq a cédé 0,06% et l’indice élargi S&P 500 a reculé de 0,18%. Malgré un trimestre au-delà des attentes, le spécialiste des puces mémoires SanDisk a chuté de 6,81% et son concurrent Western Digital de 13,03%. SpaceX a effacé une partie de ses pertes de la veille avec un gain de 6,14%.

Alors que Washington continuait d’afficher son optimisme sur la possibilité d’un accord nucléaire avec Téhéran, le WTI a gagné environ 4% à 78 dollars le baril après des informations évoquant de nouvelles restrictions au trafic dans le détroit d’Ormuz. Un projet étudié par un comité parlementaire iranien prévoirait notamment d’interdire le passage aux navires américains et israéliens, d’exiger des compensations de certains pays et de conditionner la réouverture complète du détroit à la levée du blocus maritime américain. Cette remontée du pétrole s’est transmise au marché obligataire. Le rendement des titres à 2 ans a progressé de 7,26 points de base pour s’établir à 4,252%. Le rendement des obligations de référence à 10 ans a augmenté de 5,67 points de base à 4,674%.

Ce matin en Asie : l’indice MSCI le plus large des actions d’Asie-Pacifique hors Japon est resté stable, affichant un repli de 0,4% sur la semaine. Le Nikkei japonais a reculé de 0,9%, bien qu’il s’apprête à conclure la semaine sur une progression de 1,2%. Le KOSPI sud-coréen a cédé 0,5%, portant sa perte hebdomadaire à 5,0% pour une septième semaine consécutive de baisse. Le Shanghai Composite Index a ouvert en baisse de 0,1%. De son côté, le Shenzhen Component Index a progressé de 0,3%.

L’or au comptant progressait de 0,4% à 4’254,11 dollars l’once. L’argent au comptant a progressé de 0,8% à 61,96 dollars l’once, le platine a gagné 0,4% à 1’735,71 dollars, tandis que le palladium a reculé de 0,3% à 1’367,06 dollars.

Les cours du pétrole ont poursuivi leur ascension, portés par de nouvelles inquiétudes concernant l’accès au détroit d’Ormuz.  Le contrat à terme sur le Brent a progressé de 99 cents, soit 1,2%, à 83,48 dollars le baril. Le West Texas Intermediate américain a gagné 85 cents, soit 1,1%, à 78,84 dollars. L’Iran cherche à instaurer des redevances comprises entre 5 % et 7 % du prix des cargaisons pour les navires empruntant le détroit, selon un haut responsable iranien. Oman discute de frais d’environ 3 %, tandis que Washington s’oppose à toute taxation.

Coup d’œil sur Trump

«Les entreprises de défense construisent actuellement plus d’usines que jamais dans l’histoire de notre pays», a écrit Trump sur sa plateforme Truth Social, sans fournir de preuves ni de détails concernant les armes en question.

Ces propos font suite à un article révélant qu’il avait exigé des explications de son secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, au sujet de pénuries présumées, lors d’une réunion du cabinet vendredi dernier à Camp David, la résidence présidentielle américaine dans le Maryland.