Centres de données veut dire énergie donc nouvelle génération de centrales nucléaires. Prises de bénéfices dans le secteur des semi-conducteurs. Bessent montre ses petits muscles.

Les États-Unis accusent un retard considérable sur la Chine en matière de déploiement de l’énergie indispensable pour alimenter les centaines de gigawatts nécessaires au fonctionnement des centaines de centres de données qui entrent en service. La Chine construit actuellement 37 réacteurs nucléaires, tandis que les États-Unis n’en construisent aucun. Donc les Etats-Unis essaient de créer et de commercialiser des réacteurs dits modulaires de nouvelle génération, donc les fameux mico-réacteurs.

Les micro-réacteurs nucléaires (parfois appelés «nano-réacteurs» dans le langage commercial ou médiatique): des réacteurs de très petite puissance, généralement inférieure à 20 MWe, conçus pour être transportables, préfabriqués en usine et déployés sur des sites isolés, industriels ou militaires.

Les micro-réacteurs reposent le plus souvent sur des technologies dites de «génération IV»: réacteurs à haute température refroidis au gaz (HTGR) utilisant un combustible TRISO résistant à la fusion du cœur, réacteurs «batterie» à cœur solide sans pièces mobiles, ou petits réacteurs à sels fondus. Leur point commun est une sûreté reposant sur des principes passifs — la physique du réacteur limite ou arrête la réaction en cas d’anomalie, sans intervention humaine ni système actif de secours.

Au-delà de la société NANO Nuclear Energy Inc., le secteur des petits réacteurs modulaires et des réacteurs avancés rassemble aujourd’hui plusieurs dizaines d’acteurs à travers le monde, avec des niveaux de maturité technologique et réglementaire très variables. Le tableau ci-dessous présente une sélection des principaux intervenants.

Selon les recensements sectoriels les plus récents, plus de soixante entreprises réparties dans une quinzaine de pays développent, homologuent ou déploient des technologies de réacteurs modulaires ou avancés, depuis l’extraction et l’enrichissement d’uranium jusqu’aux concepteurs de réacteurs et aux exploitants de centrales.

Applications potentielles

  • Alimentation de centres de données et d’infrastructures d’intelligence artificielle, fortement consommateurs d’électricité continue et décarbonée.
  • Sites industriels isolés, mines, bases militaires ou zones sans accès à un réseau électrique stable.
  • Chaleur bas carbone pour l’industrie lourde ou les réseaux de chaleur urbains, notamment dans des systèmes électriques déjà largement décarbonés.
  • Applications spatiales : alimentation énergétique et, à terme, propulsion pour des missions cis-lunaires ou de longue durée.

Conclusion

Le secteur du nano/micro-nucléaire se trouve à un stade précoce de son développement industriel. L’enthousiasme médiatique et boursier observé depuis 2024-2025, porté notamment par les besoins énergétiques de l’intelligence artificielle, contraste avec l’absence quasi générale de revenus commerciaux et avec des calendriers de déploiement qui s’étendent le plus souvent au-delà de 2030. Les investisseurs, décideurs publics et industriels devront donc distinguer la promesse technologique, réelle sur le plan de la sûreté passive et de la modularité, de la maturité commerciale effective, qui reste largement à démontrer.

Coup d’œil sur les marchés

À Paris, le CAC 40 a perdu ​0,37%. À Francfort, le Dax a reculé de 0,11% tandis qu’à Londres, le FTSE 100 a pris 0,35%. L’indice EuroStoxx 50 a reculé de de 0,22%, le FTSEurofirst 300 a grappillé 0,03%, tandis que le Stoxx 600 a terminé stable. Lanterne rouge du CAC 40, Stellantis a perdu 4,41%, alors que la menace du président américain Donald Trump de porter à 50% les droits de douane sur les véhicules produits au Canada nuit aux grands groupes automobiles. Dans le ⁠sillage de nouvelles sanctions américaines ‌prévues contre l’Iran, le compartiment des énergies fossiles a perdu 1,57%, enregistrant de loin la pire performance sectorielle ⁠de la séance. Parmi les autres secteurs, les valeurs du voyage et des loisirs, gourmandes en énergie, ont mené la hausse avec une progression de 1,7%, alors que le Brent reculait de 1,9%. Les compartiments des médias et des biens personnels et ménagers ont progressé de 1,4%. Enfin, le secteur technologique a glissé de 0,8% avant les résultats de Nvidia attendus mercredi, sur fond d’inquiétudes persistantes quant à la capacité du fabricant de puces à répondre à des attentes stratosphériques. Infineon Technologies a accepté d’acquérir la société indienne de gestion de l’énergie numérique C2i Semiconductors. La transaction devrait être finalisée au troisième trimestre. Le fabricant allemand de semi-conducteurs a cédé 3,23%.

En Suisse, le SMI a reculé de 0,1%. ABB (-2,5%) a terminé lanterne rouge, derrière Roche (-1,4%) et Lonza et Amrize (chacun -0,7%). Le bon Roche n’a pas profité de l’annonce d’une autorisation de commercialisation par l’Agence américaine du médicament (FDA) du test sanguin Elecsys pTau217. Celui-ci doit faciliter le diagnostic de la pathologie amyloïde associée à la maladie d’Alzheimer. Par ailleurs, sa filiale californienne Genentech s’est assuré les droits mondiaux de développement, production et commercialisation sur un traitement expérimental de l’obésité auprès du sud-coréen Hanmi Pharmaceuticals. Novartis (-0,5%) a également pesé sur l’indice. UBS (+1,7%) a fini sur la plus haute marche du podium, devant Helvetia Baloise et Julius Bär (chacun +1,6%) et Logitech (+1,4%). Dans la première moitié du peloton des gagnants, Nestlé (+1,0%) a bien soutenu l’indice.

Le rendement du Bund allemand à 10 ans, référence de la zone euro, était inchangé sur la journée à 3,258%. Le rendement allemand à 2 ans était en hausse de 2,5 points de base à 2,863%. Le rendement de l’OAT française à 30 ans touchant son plus haut niveau depuis septembre 2008 la semaine dernière. Il était en baisse de 1 point de base sur la journée à 4,90%.

Les contrats à terme sur le maïs à Chicago ont bondi lundi vers des plus hauts de trois ans, après qu’une inspection des cultures dans la « Corn Belt » américaine la semaine dernière a révélé que la récolte de maïs aux États-Unis était dans un état pire que ce que beaucoup prévoyaient. Le blé a atteint son niveau le plus élevé depuis environ deux ans, alors que les attaques croisées entre la Russie et l’Ukraine ont freiné les exportations des ports de la mer Noire. Le soja a reculé, sous la pression de la baisse du pétrole brut, bien que les pertes aient été limitées par une forte demande d’exportation pour les fèves américaines.

Le S&P 500 (-0,28%) et le Nasdaq (0,76%) ont terminé en baisse entraînés par les valeurs technologiques, alors que les investisseurs évaluaient les nouvelles pressions économiques exercées par les États-Unis sur l’Iran et se préparaient à une semaine marquée par la publication des résultats de Nvidia et d’un rapport sur l’inflation très attendu. Par contre, Le Dow Jones a clôturé en hausse de 0,26%. Les valeurs du secteur des semi-conducteurs ont subi une vague de ventes, entraînant à la baisse l’indice Philadelphia SE Semiconductor. Nvidia a chuté de 2,9%, Micron Technology a reculé de 5,8% et Broadcom a glissé de 2,6%. Les valeurs financières ont toutefois progressé, JPMorgan Chase gagnant 1,4% et Visa 3%. Elles ont donc permis au Dow Jones de se maintenir à flot. Par ailleurs, le président américain Trump a averti que les droits de douane sur les voitures, les camions et les pièces automobiles en provenance du Canada seraient portés à 50% à compter du 1er janvier, après l’échec des négociations commerciales ce week-end. Les constructeurs automobiles Ford et General Motors ont reculé respectivement de 3,3% et 1,1%, tandis que la société de transport routier J.B. Hunt Transport JBHT.O a chuté d’environ 5,7%.

Le Trésor américain poursuivra ses adjudications de dette régulièrement programmées, y compris pour les obligations à long terme, malgré sa décision d’augmenter le volume des rachats de titres de 10 à 30 ans, a déclaré lundi le secrétaire au Trésor, Scott Bessent. Le « 10 ans » US efface -3,5Pts vers 4,702%, le « 30 ans » -5Pts vers 5,225% mais le « 2 ans » se dégrade de +0,5Pt à 4,239%.

L’indice dollar a progressé de 0,17% à 98,99, tandis que l’euro a reculé de 0,14% à 1,1663 dollar. Les tensions commerciales ont pesé sur le dollar canadien, qui a reculé de 0,61 %, sa plus forte baisse depuis le 17 juin, face au billet vert à 1,385 dollar canadien pour un dollar américain. La livre sterling a cédé 0,06 % à 1,3632 dollar, se maintenant proche de son plus haut de six mois de 1,3675 dollar atteint vendredi. Le yen japonais s’est déprécié de 0,13% face au billet vert à 159,13 yens pour un dollar. Du côté des cryptomonnaies, le bitcoin a progressé de 2,05 % à 78 993,42 dollars.

Scott Bessent a dévoilé ce qu’il a décrit comme une campagne « sans précédent » de Washington pour couper Téhéran de l’économie mondiale, avertissant que tout État commerçant avec le pays s’expose à des sanctions américaines. M. Bessent a précisé que cette campagne cible cinq secteurs identifiés par le Trésor comme vitaux pour l’économie iranienne : les actifs numériques, la technologie, l’or, l’aviation et le transport maritime. Le contrat sur le pétrole brut WTI pour livraison en octobre clôture en baisse de 2,05 $, soit 2,4%, à 85,01 $ le baril. Le Brent d’octobre s’affichait en dernier lieu en repli de 2,44 $, soit 2,6%, à 91,95 $.

Ce matin en Asie : Le Nikkei affichait un recul de 0,5% tandis que l’indice élargi Topix progressait légèrement de 0,06%. Le fabricant d’équipements de test de puces Advantest a chuté de 3,33% et le fabricant d’équipements de production de semi-conducteurs Tokyo Electron a perdu 1,03%. Le fabricant de puces mémoire Kioxia a cédé 1,37%. L’indice de référence KOSPI perdait 1,96%. Parmi les poids lourds de l’indice, le fabricant de puces Samsung Electronics a reculé de 1,95%, tandis que son concurrent SK Hynix a perdu 4,55%. L’indice Shanghai Composite a ouvert en recul de 0,5%. L’indice Shenzhen Component a quant à lui cédé 0,8%.

L’or au comptant progressait de 0,4% à 4’668,19 dollars l’once. Parmi les autres métaux, l’argent au comptant a gagné 0,3%, le platine a progressé de 0,4% et le palladium s’est raffermi de 0, %.

Les contrats à terme sur le maïs à Chicago ont progressé mardi, se maintenant proche des sommets de trois ans atteints lors de la séance précédente, après que les notations sur l’état des cultures aux États-Unis ont chuté davantage que ne l’anticipaient la plupart des analystes. Le blé est resté stable mais s’est maintenu à proximité d’un plus haut de deux ans atteint lundi. Le soja a légèrement reculé, les analystes évoquant des rumeurs selon lesquelles le gouvernement américain pourrait accorder aux raffineurs de pétrole plus d’exemptions que prévu concernant les règles de mélange de carburants renouvelables, ce qui réduirait la demande de biocarburants produits en partie à partir d’huile de soja.

Coup d’œil sur Trump

Les États-Unis se préparent à imposer un tarif de 7,5% sur les marchandises chinoises dans le cadre d’une enquête sur les surcapacités de production menée au titre de la Section 301, une mesure qui porterait les droits de douane du second mandat de Trump sur la Chine à environ 20%, selon un rapport de Bloomberg publié lundi, citant des sources proches du dossier.