Au deuxième trimestre 2026, le Real Estate Risk Index (RERI) a chuté de 3,7 à 3,5 points. Pour la première fois depuis trois ans, les risques sur le marché immobilier ont diminué.
L’embellie que connaît l’indice des directeurs d’achats depuis le début de l’année et la hausse des prix de l’immobilier inférieure à l’inflation limitent ainsi les risques. La demande de logements en propriété est par ailleurs soutenue par les faibles taux d’intérêt. Parallèlement, le chômage reste à un niveau élevé, tandis que l’immigration tend à fléchir. Avec un regain d’activité dans le secteur du bâtiment, préfigurant une offre immobilière plus généreuse pour l’avenir, l’indice s’établit à la lisière des risques légèrement accrus, avec toutefois des disparités régionales conséquentes.

Une hausse des prix qui perd un peu de son élan, mais reste nettement persistante
Les prix des logements en propriété continuent d’augmenter plus rapidement que l’inflation globale, mais l’écart tend à se réduire. Au deuxième trimestre, la hausse des prix dépassait l’inflation de 3,8 points de pourcentage, après 4,2 points de pourcentage le trimestre précédent et 5,0 points de pourcentage au même trimestre de l’année précédente. L’endettement hypothécaire en cas de nouveaux financements, avec un ratio de presque 1,5 par rapport au patrimoine libre, est resté globalement stable. Le fait que la hausse réelle des prix s’atténue est une bonne chose. Au regard de la pénurie d’offres et de la disposition à payer encore élevée, il ne s’agit encore claire ment pas d’une correction massive.
Les taux d’intérêt bas alimentent la demande, les disparités entre les prestataires restent de taille
L’environnement actuel de taux nuls soutient la demande de logements en propriété. Le taux directeur de la BNS a stagné au deuxième trimestre autour de 0% et la différence entre les taux swap à dix et deux ans s’est légèrement amenuisée, pour s’inscrire à quelque 0,45 point de pourcentage. La courbe des taux s’est donc légèrement infléchie par rapport à la fin 2025 et se situe à nouveau au niveau de l’année précédente. Pour les preneuses et preneurs d’hypothèque, le marché n’en reste pas moins tendu: l’écart entre les offres les plus abordables et les plus onéreuses pour les hypothèques à taux fixe sur dix ans a augmenté d’environ 0,96 point de pourcentage. La com paraison d’un large panel de prestataires peut donc mettre en lumière des différences de plusieurs milliers de francs par an. Parallèlement, les règles strictes qui restent applicables en matière de nantissement et de capacité financière exercent un effet stabilisateur. Elles limitent certes l’endettement, mais excluent en particulier les ménages ayant peu de fonds propres ou des bas revenus de l’accession à la propriété du logement.

Perspective: une possible poursuite de cette détente, qui n’ira toutefois pas de soi
Au fil des trimestres à venir, le RERI devrait plutôt stagner, voire évoluer à un niveau légèrement inférieur. Les signes annonciateurs de cette évolution sont les meilleures perspectives économiques, la hausse réelle des prix qui s’atténue et le faible niveau des taux. La hausse du chômage, la dynamique persistante des prix de l’immobilier et les écarts importants entre les prestataires entravent toute détente rapide. L’élément déterminant sera par ailleurs de savoir si la diminution de l’immigration va freiner la demande et si la reprise de l’activité de construction va effectivement créer plus d’offres sur le plan régional. Le marché devrait rester solide, mais deviedra plus sélectif. La situation et la qualité du bien, ainsi que la structure de financement, sont des éléments qui continuent à gagner en importance.
Source Moneypark