Le Dow Jones a pris 160 points hier, le Nasdaq 0,66%, et tout le monde a racheté Nvidia avant ses chiffres. Sauf que dans ce même S&P 500 en hausse, plus de 320 valeurs ont fini DANS LE ROUGE. L'indice équipondéré a baissé. La moitié des secteurs a baissé. On a acheté du beta et du momentum, point. Les dividendes, la value, la qualité et la faible volatilité se sont tous fait sortir dans la même journée. Vive les algos. La veille du soir le plus important de l'année, le marché n'a pas acheté des entreprises, il a acheté de la volatilité. Ce qui veut dire qu'on n'a aucun doute sur les chiffres de ce soir : ils seront EXCELLENTS. La seule question, c'est de savoir de COMBIEN. Réponse à 22h20.

L’Audio du 26 août 2026

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Ce qu’ils ont acheté

Trois valeurs sur cinq du S&P sont dans le rouge dans une séance de hausse. Ce n’est pas un rebond, c’est une redistribution : des gens sortent de ce qui ne bougera pas ce soir pour se placer sur ce qui va bouger, dans un sens ou dans l’autre, et ils appellent ça de la conviction. Le SOXX reprend 1,56% après en avoir perdu 2,67% la veille, AMD s’envole de 4,91% parce qu’une grosse banque d’affaires est passée d’acheter à acheter encore plus fort. Sauf que sur la semaine, le secteur reste à -3,3% pendant que les vieilles valeurs à dividende du Dow font +0,45%.

La peur que ça baisse

Et voilà le vrai sujet du jour, celui dont personne ne parle : le plan de Bessent fonctionne. Le 30 ans a craqué de plus de 7 points de base à 5,16%, le 10 ans recule à 4,62%. Jusque-là, banal. Ce qui l’est moins, c’est ce qui se passe DERRIÈRE le prix. Depuis l’annonce des rachats, les emprunts d’État américains surperforment les swaps de même maturité et l’écart sur le trente ans est revenu à son plus bas depuis février. Traduction pour les gens normaux : ceux qui préféraient un contrat dérivé plutôt que la vraie obligation sont en train de changer d’avis. Sur les options, le rapport calls/puts sur les futures obligataires longs s’est brutalement retourné à la hausse. Un courtier en dérivés résume ça d’une phrase parfaite : la peur du moment, si on peut appeler ça de la peur, c’est que les taux longs PLONGENT à cause de l’intervention de Bessent. Intervention qui n’a même pas encore commencé. On a donc passé trois semaines à hurler que les taux longs allaient tuer le marché, et ce matin la panique consiste à ne pas être assez long en obligations avant que le Trésor n’en rachète. Un short squeeze sur la dette d’un pays qui doit 40’000 milliards. Sachant qu’on a franchi cette barre il y a huit jours et qu’on a emprunté 75 milliards depuis. À ce rythme, l’Amérique emprunte un PIB suisse entier tous les trois mois.

Le reste, en accéléré

Le Brent se rapproche des 85 dollars, huit pour cent de baisse en 72 heures, parce qu’une agence de presse d’État russe a rapporté que Washington et Téhéran seraient sur le point de signer un cessez-le-feu, en citant des sources que personne n’a pu vérifier. Autant dire du SOLIDE. Meilleure performance du S&P hier : Moderna, +14,36%, parce qu’une banque est passée de « vendez » à « faites ce que vous voulez, on sait pas trop ». On est arrivé au stade où arrêter de dire du mal d’une société est devenu une bonne nouvelle. Et à l’autre bout du magasin, Dick’s Sporting Goods s’est fait pulvériser de plus de 30%. Le consommateur américain achète toujours, mais il n’achète plus de baskets à 180 dollars. Il achète chez Walmart et il paie avec la carte de crédit qu’il remboursera avec ses huit autres cartes.

Le programme

Futures américains hésitants, l’Asie de bonne humeur avec le Kospi qui reprend 1,76% et le Nikkei à +0,56%. Brent à 85,28, WTI à 80,31 et cuivre sur un record absolu, +16% depuis janvier. Au menu : le PCE américain de juillet à 14h30, LE rendez-vous du jour avec un consensus à 3,6% en global et 3,3% en core, les stocks pétroliers dans l’après-midi et Nvidia après la clôture. Demain, Jackson Hole ouvre et Marvell publie. Vendredi, Warsh parle. Mais ça, je crois que je l’ai déjà dit hier. Et avant-hier.

Ce que vous ne lirez pas ici

Voilà pour la version express. Dans la chronique complète de ce matin, il y a trois choses que je n’ai pas la place de vous raconter ici. La note qui explique pourquoi le Trésor américain est en train de faire de la place sur le marché obligataire spécifiquement pour que les data centers empruntent moins cher — autrement dit, un État qui pousse le chariot de courses de la bulle, et qui paiera quand ça tournera mal. Ce que le mentor de Bessent pense publiquement de son plan, et croyez-moi, ça pique. Et la plus belle histoire du jour, à cent milliards de dollars, un million de satellites et un marais côtier que plus personne n’aura à dépolluer.

C’est sur morningbull.ch, tous les matins avant l’ouverture. Trente ans de marchés, aucune maison à défendre, aucun produit à vous vendre. Juste quelqu’un qui lit tout ça à 5 heures du matin pour que vous n’ayez pas à le faire.

Passez une excellente journée, on se retrouve demain matin pour découvrir si Jensen Huang a sauvé le monde ou s’il a juste publié de très bons chiffres, ce qui, comme vous le savez maintenant, ne suffit plus depuis longtemps. Et si vous ne pouvez pas attendre, je publierai une vidéo sur les chiffres de Nvidia vers 1 heure du matin sur la chaîne Swissquote en français.

Et si vous voulez savoir ce qu’il faut attendre ce soir, il y a la Cheat Sheet complète que vous trouverez sur morningbull.ch ou la vidéo qui vous dit tout pour ce soir qui est publiée sur YouTube. Pour ceux qui m’écoutent, les liens sont sur la version écrite !

À demain et très belle journée.

Thomas Veillet
Investir.ch

« Octobre. C’est un des mois particulièrement dangereux pour spéculer en Bourse. Les autres sont juillet, janvier, septembre, avril, novembre, mai, mars, juin, décembre, août et février. » Mark Twain