Hier, à la tribune de l'ONU, Donald Trump a expliqué qu'il hésitait entre deux options pour l'Iran : un accord qui en ferait « peut-être le meilleur pays DU MONDE ENTIER », ou « anéantir la République islamique, et vite ». Quelques heures plus tard, le même homme annonçait une réunion de trois heures avec les Iraniens, « très bonne », « très productive ». Le matin l'enfer, l'après-midi le Paradis.
L’Audio du 23 septembre 2026
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Et le marché a acheté les deux versions. Le Nasdaq a signé son deuxième record d’affilée et le S&P 500 a fini à… zéro. Pile. Mais derrière ce zéro parfait, il y a le vrai sujet : l’IA, ENCORE ET TOUJOURS ELLE, qui fait exploser les puces et démolit tout le reste de la cote en même temps. Comme quoi, on peut être un génie et un serial killer dans la même journée.
Le zéro parfait
Un S&P 500 à 0,00%, ce n’est pas une séance calme. C’est deux camps qui se sont foutu sur la gueule toute la journée et un arbitre qui déclare match nul. D’un côté, les semi-conducteurs signent leur sixième hausse d’affilée. De l’autre, les banques se prennent 3 à 4% dans les dents, Schwab se fait défenestrer de 6% et les sites de voyage se font massacrer.
Le coupable, dans les deux cas, c’est Muse, l’agent de Meta, numéro un de l’App Store devant ChatGPT, qui réserve vos vacances, compare vos assurances et passe vos commandes à votre place. Si c’est Muse qui réserve l’hôtel, pourquoi Booking toucherait sa commission ? Et ceux qui ont signé avec Meta avant les autres se font porter en triomphe : Shopify +7% après +7,3% la veille, juste pour avoir branché son paiement sur Muse. La règle du moment est d’une simplicité biblique : si l’IA vous mange, vous perdez 6%. Si vous vous faites manger volontairement, vous prenez 7%. L’important, ce n’est pas de survivre à l’ogre, c’est de lui tendre la fourchette.
Les taux ? Quels taux ?
Le dix ans américain reste collé à 4,96%, et la Fed de Richmond explique que l’inflation est au-dessus de sa cible depuis plus de cinq ans. Réaction du marché : deux records sur le Nasdaq depuis la hausse de la Fed. Et les rendements ? PLUS PERSONNE N’EN PARLE. Sauf en France, où l’écart avec l’Allemagne est au plus haut depuis 2012 et où le coût de l’assurance contre un défaut est au plus haut depuis mars 2020.
Le deal, le baril et le mouvement perpétuel
Côté Iran, oui, je sais, on en parle tous les matins depuis février. Mais Trump a donné une date : l’accord se fera « juste après les élections », parce que les Iraniens « attendent de voir comment je m’en sors aux midterms ». Avant d’ajouter, sublime : « Ce qu’ils ne comprennent pas, c’est que je ne suis pas candidat. » Et « après les élections », c’est dans six semaines. Le marché n’a pas entendu « six semaines », il a entendu « accord », et il a continué de vendre du pétrole. Quant à la réunion « très bonne » de trois heures, elle s’est faite par médiateurs interposés : Américains et Iraniens n’étaient même pas dans la même pièce.
Le plus beau, c’est la mécanique. Chaque fois que le baril s’approche des 105 dollars, Washington se découvre une vocation de colombe. Le marché y croit et vend le pétrole. L’accord ne vient pas, le baril remonte vers 105, Washington redevient colombe, le marché y croit… Oh, merde, on vient d’inventer le mouvement perpétuel !!!
Le diesel, ou l’art de tirer dans son propre réservoir
Le diesel américain bat un nouveau record à 6,53 dollars le gallon, l’Europe voit des pompes à 2,50 euros le litre, et l’hiver arrive. Alors Trump a eu une idée : interdire les exportations de diesel. Les États-Unis en exportent 1,5 million de barils par jour, plus du quart de leur production. Sauf qu’un baril donne à la fois du diesel, de l’essence et du kérosène. Moins d’exportations, c’est moins de raffinage, donc moins d’essence. On veut faire baisser le prix à la pompe et on risque de le faire monter. Génial.
La super intelligence a dit « super »
Trump a aussi décidé de rebaptiser l’IA. Désormais on dira « super intelligence », parce que, je cite, « le mot artificiel donne l’impression que c’est faux, et ce n’est pas faux, c’est incroyable ». Pour la superviser, il cherche un « tsar de l’IA », et le favori s’appelle Scott Bessent, déjà secrétaire au Trésor, chargé de la dette, des sanctions, de la Chine et des avions iraniens. À ce rythme, dans six mois, il sera aussi tsar du fromage et du gazon de la Maison-Blanche.
Le programme
Futures stables, Brent à 98,50, le cousin WTI à 89,60, or vers 4’360 dollars, Tokyo fermé pour l’équinoxe. Aujourd’hui : stocks pétroliers américains à 16h30, adjudication sur le cinq ans et surtout LE rendez-vous de la journée, le discours de Pezeshkian à l’ONU. Et en fin de journée, Xi Jinping atterrit à Washington, avec le sommet demain.
Ça, c’était la version courte. La vraie chronique fait cinq pages, elle tombe tous les matins avant l’ouverture, et elle contient tout ce qui n’a pas tenu ici : les 280 millions de dollars que les raffineurs américains encaissent CHAQUE JOUR sur le diesel pendant que les fermiers de l’Iowa font le plein à 6,50, le Brent qui a ignoré le démenti iranien sur Ormuz, Apple qui rate les 5’000 milliards justement parce qu’elle ne dépense rien dans l’IA, et le chiffre qui explique peut-être pourquoi ce marché refuse de baisser. Si vous voulez la lire avant que le marché ouvre, et accessoirement soutenir un type qui avale 40 pages de dépêches à 4h du matin pour que vous n’ayez pas à le faire, c’est sur Morningbull.ch.
Passez une excellente journée, écoutez Pezeshkian avec beaucoup de scepticisme et encore plus de café, et on se revoit demain pour savoir si l’accord « très bon » a survécu à la nuit.
À demain !!!
Thomas Veillet
Morningbull.ch
« Les technocrates, si tu leur donnais le Sahara, dans cinq ans il faudrait qu’ils achètent du sable ailleurs. » — Coluche