Bilan du « viril » Pete Hegseth mais aussi coup d’œil sur les marchés qui commencent difficilement le mois d’octobre, sauf...le marché américain!
Hegseth au Pentagone : un an et demi de bouleversements à la tête de l’armée américaine
Depuis son entrée en fonctions au début du second mandat de Donald Trump, Pete Hegseth, ancien animateur de Fox News et ancien officier de la Garde nationale, a engagé la plus profonde reconfiguration du haut commandement américain depuis des décennies. Son discours du 30 septembre à Quantico, présenté comme un «discours sur l’état des forces», en a donné un bilan chiffré.
Le décompte nominatif. CBS News recense au moins 20 généraux, amiraux et responsables civils de la défense limogés ou partis depuis l’arrivée de Hegseth. Ce chiffre inclut donc des civils (secrétaires de l’Armée et de la Marine, collaborateurs proches) et ne couvre que les départs les plus visibles. Il ne représente pas l’ensemble des officiers généraux écartés.
Le chiffre global revendiqué par Hegseth. Dans son discours, il a affirmé que les calculs internes évoquaient environ 10% des généraux et amiraux limogés, auxquels s’ajoute une réduction de 10 % du nombre de postes d’officiers généraux, soit 20% au total. Il a ajouté que la presse parlait d’une «purge» alors que lui parlait de responsabilisation. Le Pentagone comptait 851 généraux et amiraux d’active en juillet. Dix pour cent représente donc, selon mon calcul, environ 85 officiers, un ordre de grandeur cohérent avec d’autres estimations.
Le décompte élargi. Selon Military.com, plus de 80 généraux et amiraux ont été soit limogés, soit empêchés d’être promus. Ce chiffre mélange les officiers écartés ou poussés à la retraite anticipée et ceux sélectionnés par les comités de promotion puis retirés des listes avant de monter en grade.
Les départs les plus marquants
Le sommet de la hiérarchie a été le premier touché. Trump a limogé le général Charles Q. Brown, président des chefs d’état-major interarmées, seize mois après le début de son mandat de quatre ans. Le même jour, Hegseth a écarté l’amirale Lisa Franchetti, cheffe des opérations navales, et le général James Slife, vice-chef d’état-major de l’armée de l’Air.
Les annonces du 30 septembre
Hegseth a annoncé la création d’un Commandement de la guerre autonome, nouveau commandement quatre étoiles consacré aux capacités autonomes et robotiques. Il a aussi lancé «Project Meridian», une étude de 120 jours sur l’avenir de la guerre menée notamment par Elon Musk, Newt Gingrich et Palmer Luckey. S’y ajoutent un partenariat avec cinq universités, dont Liberty University et Hillsdale College, pour créer de nouveaux corps de cadets, et le projet d’une nouvelle grande base militaire.
Coup d’œil sur les marchés
L’inquiétude des investisseurs face à l’augmentation inexorable de la dette publique s’est clairement manifestée jeudi, dans un contexte de tensions généralisées sur les marchés obligataires mondiaux, alors que le risque inflationniste lié au conflit au Moyen-Orient se concrétise. Les marchés regardent d’un oeil méfiant la deuxième économie de la zone euro et ses efforts pour réduire le déficit de 5,4% du PIB prévu pour 2026 à 3% en 2029. La dette publique s’est établie à 119,0% PIB à la fin du deuxième trimestre, un chiffre qui dépasse même les niveaux observés pendant la crise sanitaire liée au COVID-19.
À Paris, le CAC 40 a perdu 1,62%. À Francfort, le Dax a reculé 1,03% et à Londres, le FTSE 100 abandonné 1,68%. L’indice EuroStoxx 50 a fini en baisse de 1,49%, le FTSEurofirst 300 de 1,21% et le Stoxx 600 de 1,30%. Les valeurs du secteur bancaire ont été particulièrement touchées par les craintes relatives à la dette souveraine. En France, Société générale, Crédit agricole et BNP Paribas ont perdu entre 5% et 3,6%, tandis qu’à Londres, Natwest a abandonné 5,3% et HSBC 4%. En Italie, même constat. BPER Banca a reculé de 3,6 %. BlackRock a porté sa participation totale dans la banque à 5,00%, contre 4,92% précédemment, franchissant ainsi le seuil de 5 %. Banco BPM a également accusé une baisse de 3,6%. Goldman Sachs Group a maintenu sa participation totale dans la banque à 5,48 %, tout en en modifiant la composition. La part des droits de vote associés à des actions a reculé à 0,02%, contre 0,22% précédemment, tandis que celle détenue par l’intermédiaire d’instruments financiers est passée à 5,46%, contre 5,26%. Intesa Sanpaolo, en baisse de 4,0%, et UniCredit, en repli de 4,1%, ont chacune enregistré un volume d’échanges supérieur à EUR500 millions. Le compartiment bancaire du Stoxx 600 a fini sur une perte de 3,74%. Les actions liées au secteur des logiciels ont en revanche bien résisté, portées par les prévisions du géant américain Accenture, qui laissent penser que les investisseurs pourraient être en train de réévaluer leurs craintes quant à l’impact négatif que l’IA générative pourrait avoir sur la demande de services informatiques traditionnels et de cabinets de conseil: Capgemini s’est envolé de 7,3% et Atos de 4,9%.
En Suisse, le SMI a reculé de 1,5%. Côté gagnants, Logitech (+1,1%) a grimpé sur la plus haute marche du podium, devant Swiss Re (+0,4%) et ABB (+0,25). Kühne + Nagel (+0,15) est venu compléter cette petite liste. A l’autre extrémité du tableau, Julius Bär a dévissé de 4,1%, héritant de la lanterne rouge, derrière Sandoz Group (-3,4%) et Richemont (-3,4% aussi). Holcim (-3,2%) a souffert d’un abaissement d’objectif de cours de la part de Jefferies. Le numéro un bancaire helvétique UBS a également été à la peine, alors que jeudi un petit actionnaire, Artisan Partners, a exigé que la banque aux trois clefs quitte la Suisse en raison du renforcement des prescriptions sur les fonds propres. Parmi les poids lourds de la cote, Novartis (-1,6%) et Nestlé (-1,8%) n’ont été d’aucun secours, alors que le bon Roche (-0,03%) est lui parvenu à terminer tout proche de l’équilibre.
L’aggravation de la crise énergétique, qui a entraîné en septembre des chiffres d’inflation plus élevés que prévu dans plusieurs pays de la zone euro, a conduit les marchés à anticiper au moins trois hausses des taux d’intérêt de la part de la Banque centrale européenne (BCE) d’ici fin 2027. En Allemagne, le rendement du Bund à dix ans a fini sur une baisse de 6 points de base à 3,5178% après avoir enregistré leur plus forte hausse trimestrielle depuis 2022. Le deux ans a perdu 14 points de base à 3,0529%. En France, le rendement de l’OAT à dix ans a gagné environ 8 points de base à 4,9230%, amplifiant son écart avec le titre allemand de même échéance, son niveau le plus élevé depuis la crise de la dette européenne de 2011-2012.
À la clôture, le S&P 500 a progressé de 0,20%, le Dow Jones de 0,04% et le Nasdaq 100 de 0,31%. La technologie a une nouvelle fois assuré l’essentiel du soutien, tandis que l’énergie a profité du rebond du pétrole et que plusieurs secteurs défensifs sont restés à la traîne. La technologie (+1,1%) a profité de cette détente des rendements, portée cette fois-ci par Accenture (+16%) qui a signé l’une des meilleures performances du S&P 500 après avoir publié un bénéfice trimestriel de 3,29 dollars par action pour 18,7 Mds USD de chiffre d’affaires, tous deux supérieurs aux attentes, tandis que ses réservations ont atteint 22,2 Mds USD. Synopsys (+13%) a également prolongé son rebond d’hier après l’annonce d’un accord pluriannuel avec Amazon valorisé à plus de 1 Md USD. Micron (+3%) a évolué plus modestement malgré une publication solide. Le fabricant de mémoires a dépassé les attentes sur le chiffre d’affaires, quasiment quadruplé ses ventes et relevé ses perspectives pour le premier trimestre, tout en faisant état d’environ 32 Mds USD d’engagements liés à l’IA. Les interrogations entourant les dépenses d’investissement ont néanmoins limité l’enthousiasme initial.
Les rendements des bons du Trésor américain ont reculé après avoir atteint leur plus haut niveau en plus de deux décennies, les anticipations d’un resserrement prochain de la politique monétaire s’étant tassées. Le rendement de l’emprunt d’État à 10 ans a diminué de 5,4 points de base à 5,239% avant la clôture de jeudi, après avoir atteint un pic en séance à 5,344%, son niveau le plus élevé depuis 2002. Le taux à 30 ans a reculé de 2,9 points de base à 5,610%, après avoir progressé plus tôt dans la journée jusqu’à son niveau le plus élevé depuis 2002. Le rendement à 2 ans a chuté de 10,2 points de base à 4,785%.
Le dollar a atteint jeudi son plus haut niveau en 17 mois face à l’euro. L’euro reculait dernièrement de 0,79%, à 1,1238 dollar. Il a cédé près de 2,5% en septembre, soit son plus fort repli mensuel depuis juillet 2025. La livre sterling reculait de 0,54%, à 1,31924 dollar, après avoir cédé 2,1% le mois dernier, mais elle était stable face à l’euro, qui évoluait à son plus bas niveau depuis fin juin face à la livre, autour de 85,11 pence. Le yen japonais s’est déprécié de 0,11% face au billet vert, à 157,6 yens pour un dollar. Le dollar australien est tombé à un plus bas de deux mois, à 0,69040 dollar après une inflation intérieure inférieure aux prévisions.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en décembre, dont c’était le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, a gagné 4,37% à 102,31 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en novembre, a progressé de 2,71% à 92,87 dollars.
Ce matin en Asie : L’indice de référence Nikkei 225 a cédé 0,79% mais reste en bonne voie pour progresser de 3% sur la semaine. L’indice élargi Topix a perdu 0,57%. L’indice Hang Seng a reculé de 2,1% tandis que l’indice Hang Seng China Enterprises a cédé 1,7%.
Les cours de l’or reculaient vendredi et s’acheminaient vers une deuxième baisse hebdomadaire consécutive, pénalisés par un dollar américain plus ferme et par le niveau élevé des rendements des bons du Trésor des États-Unis. L’or au comptant reculait de 0,4% à 4’161,58 dollars l’once et cédait environ 3% sur la semaine à ce stade. L’argent au comptant reculait de 0,2%, le platine cédait 03% et le palladium progressait de 0,6%.
Les contrats à terme sur le blé à Chicago ont reculé vendredi et se dirigeaient vers une 5e baisse hebdomadaire consécutive, mais les opérateurs espéraient qu’un important appel d’offres à l’importation de l’Arabie saoudite signalerait une reprise de la demande, susceptible de soutenir les cours. Les contrats à terme sur le maïs ont également légèrement reculé et se dirigeaient vers une forte baisse hebdomadaire après que le ministère américain de l’Agriculture a indiqué plus tôt dans la semaine que les stocks américains étaient supérieurs aux attentes des analystes. Le soja a cédé du terrain sous la pression de la récolte américaine en cours, qui devrait être la plus importante jamais enregistrée.