Trump nous gratifie d’un revirement de dernière minute avec son accord avec Poutine sur l’exportation de diesel alors qu’il empêche les européens de commercer avec les russes. Vendredi le pétrole se détend mais samedi les Houthis attaquent. Affaire à suivre. Le président américain, Donald Trump, a décoré, jeudi 8 octobre, Elon Musk de la médaille nationale de la science. Dans la foulée SpaceX acquière un portefeuille de fréquences à l'échelle nationale aux États-Unis: mauvais pour les compagnies de télécom.
L’administration Trump a opéré un revirement vendredi et a fait appel à la Russie pour l’aider à augmenter les approvisionnements en diesel aux Etats-Unis et dans le monde, dans le but de faire baisser les prix de ce carburant à l’approche des élections de mi-mandat américaines de novembre. Le président Donald Trump a déclaré vendredi dans une publication sur les réseaux sociaux avoir conclu un accord avec le président russe Vladimir Poutine, qui conduira la Russie à fournir plus de 300’000 tonnes de diesel « au marché américain et mondial », suivies de 500’000 autres tonnes en novembre et de 1 million de tonnes par la suite.
Trump a affirmé que ces libérations de stocks contribueraient à faire baisser les prix du diesel pour les agriculteurs, les éleveurs et les camionneurs américains — des électorats clés à l’approche des élections de mi-mandat de novembre, où le coût de la vie (énergie incluse) constitue l’enjeu majeur. C’est possible, mais un simple calcul laisse perplexe: les 300’000 tonnes libérées en octobre représentent un peu plus de 2,2 millions de barils de diesel. Sachant que les États-Unis consomment un peu plus de 4 millions de barils de diesel par jour, cela correspond à une demi-journée de consommation. En prolongeant le calcul pour novembre, on obtient 3,725 millions de barils — soit moins d’une journée complète de consommation — tandis que le «million de tonnes prévu par la suite» représente un peu plus de quatre jours de consommation. Poutine vendra donc aux États-Unis l’équivalent d’un peu plus de cinq jours de consommation de diesel.
Coup d’œil sur les marchés
Les actions européennes se sont redressées vendredi, les cours du pétrole et les rendements obligataires s’étant détendus grâce aux espoirs d’une accalmie dans le conflit au Moyen-Orient, tandis que les valeurs des télécommunications ont chuté après que l’accord conclu par SpaceX pour acquérir un portefeuille de fréquences à l’échelle nationale aux États-Unis a provoqué des remous dans l’ensemble du secteur. Le STOXX 600 paneuropéen a clôturé en hausse de 1% vendredi, effaçant ainsi sa baisse hebdomadaire. L’indice avait clôturé jeudi à son plus bas niveau depuis près de quatre mois, la flambée des cours du pétrole et des rendements obligataires ayant détourné les investisseurs des actifs risqués.
Par ailleurs, l’Union européenne et la Chine ont convenu de réduire de moitié les exportations chinoises de véhicules hybrides et hybrides rechargeables vers l’UE, d’améliorer l’accès de l’UE au marché chinois et d’assouplir les procédures chinoises d’octroi de licences pour les exportations de terres rares, a déclaré le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic. Les actions des constructeurs automobiles européens ont bondi de 1,5%, enregistrant leur plus forte hausse journalière depuis plus de trois semaines. La plupart des secteurs de l’indice STOXX 600 ont terminé en hausse, à l’exception de l’indice des télécommunications, qui a chuté de 2,9% pour atteindre son plus bas niveau depuis huit mois. Deutsche Telekom a perdu 7,9%, enregistrant sa plus forte baisse journalière depuis plus de trois ans, après que SpaceX a conclu un accord visant à acquérir un portefeuille national de fréquences en bande basse aux États-Unis, lançant ainsi un défi direct et orbital aux géants historiques de la téléphonie mobile à travers le pays. Deutsche Telekom détient une participation de 54% dans T-Mobile US, dont le cours a chuté de 12% lors de la séance de l’après-midi aux États-Unis. L’opérateur britannique Vodafone et l’espagnol Telefónica ont chacun reculé de plus de 4,5%, tandis que le français Orange ORAN.PA a perdu 2,5 %.
En Suisse, le SMI a clôturé en nette hausse de 1,10%. En haut de tableau, Sonova (+3,6%) a terminé sur la plus haute marche du podium, le titre du fabricant d’appareils auditifs tirant profit d’un objectif de cours remonté par Morgan Stanley. Suivait le numéro un bancaire helvétique UBS (+2,8%) et le spécialiste de l’inspection et de la certification SGS (+2,5%). Sika (+1,7%), a procédé à une acquisition outre-Manche. A l’exception du géant de l’alimentation Nestlé (+0,05%), lequel aurait prévu de doubler ses investissements au Mexique pour les porter à deux milliards de dollars, selon la présidente mexicaine, les poids lourds de la cote ont soutenu les indices, le bon Roche bondissant de 1,4% et la nominative du voisin et concurrent Novartis de 1,2%. Le groupe d’électrotechnique ABB a pris 1,1%. Côté perdants du jour, Logitech (-2,5%) a hérité de la lanterne rouge, derrière le géant bleu Swisscom (-2,2%).
Le marché obligataire continue de susciter des craintes, tandis que l’écart entre la France et l’Allemagne reste élevé face à la situation budgétaire dans l’Hexagone. Le « spread » entre les obligations allemandes et françaises à 10 ans s’établit à 137 points de base après avoir dépassé le seuil de 150 pdb la semaine dernière pour la première fois depuis 2011. En France, le rendement de l’OAT à dix ans a cédé 0,1 point de base à 4,8598% et le deux ans a abandonné 0,3 point de base à 3,6340%. En Allemagne, le rendement du Bund allemand à dix ans est resté inchangé à 3,4859%, tout comme le deux ans à 3,0945%.
La Bourse de New York a terminé en hausse vendredi, aidée par la vigueur de certains géants technologiques et par une stabilisation des taux obligataires, à l’issue d’une semaine mouvementée sur les deux fronts. Le Nasdaq a progressé de 0,64 %, le Dow Jones a gagné 0,83% et le S&P 500 s’est octroyé 0,59%, s’établissant à quelques points seulement de son record en clôture. La place américaine a aussi profité des gains enregistrés par certaines capitalisations géantes de la tech américaine, à l’image de Microsoft (+2,38%), Amazon (+3,29%) ou encore Alphabet, maison mère de Google (+0,97%). En revanche, les opérateurs téléphoniques ont décroché à l’instar de Verizon (-8,75 %), AT&T (-9,81 %) ou T-Mobile (-13,27 %).
Les bons du Trésor américain ont reculé vendredi, effaçant une partie de leurs gains du début de la semaine, les investisseurs attendant les prochains indicateurs d’inflation afin de déterminer les intentions de la Réserve fédérale (Fed) lors de sa réunion de politique monétaire des 27 et 28 octobre. Le rendement du 10 ans progressait de 2,8 points de base à 5,261%, après avoir atteint cette semaine son plus haut niveau en 24 ans. Sur la semaine, toutefois, le rendement à 10 ans a reculé de 3,5 pb, soit sa plus forte baisse hebdomadaire en deux mois. Le rendement américain à 30 ans progressait légèrement, à 5,608%, mais reculait de 2,9 pb sur une base hebdomadaire. Enfin, le rendement américain à 2 ans, qui reflète généralement les anticipations de taux d’intérêt, a augmenté de 4,4 pb, à 4,799%. Sur la semaine, le rendement a diminué de 3,4 points de base.
L’indice dollar a progressé de 0,13% à 102,25. Il gagnait environ 0,3% sur la semaine et se dirigeait vers une quatrième hausse hebdomadaire consécutive, sa plus longue série depuis mai 2025. L’euro reculait pour sa part de 0,1% à 1,1198 dollar et perdait environ 0,5% sur la semaine, se dirigeant vers sa plus longue série de baisses hebdomadaires face au dollar depuis le début de 2025. La livre sterling gagnait 0,08% à 1,3235 dollar, mais se dirigeait vers une septième baisse hebdomadaire consécutive, sa plus longue série depuis novembre 2024. Face au yen, le dollar s’appréciait de 0,25% à 158,25. La monnaie japonaise s’orientait vers une quatrième baisse hebdomadaire consécutive face au billet vert, reculant d’environ 0,2% sur la semaine.
L’or au comptant a gagné 1,5% à 4 194,36 dollars l’once s’orientant vers un gain hebdomadaire d’environ 1,3%. Parmi les autres métaux, l’argent au comptant a gagné 2,4%. Le platine a bondi de 3,1% et le palladium a progressé de 2,1%. Les deux métaux s’orientaient vers des pertes hebdomadaires.
Ce matin en Asie : Les actions sud-coréennes ont reculé de 2,2% et les valeurs taïwanaises ont cédé 0,5%. L’indice le plus large de MSCI regroupant les actions de la région Asie-Pacifique hors Japon a perdu 0,3%, tandis que les grandes capitalisations chinoises ont gagné 0,1%.
La proposition de Donald Trump visant à ce que la Russie augmente ses exportations de diesel s’est ajoutée à la confusion, tout en suscitant l’opposition de sénateurs républicains et démocrates, qui la jugent potentiellement illégale. Les contrats à terme sur le Brent ont d’abord progressé, avant de reculer rapidement de 1,6%, à 103,01 dollars le baril, sous un récent sommet de 109,97 dollars, tandis que les contrats à terme sur le brut américain ont perdu 1,9%, à 90,11 dollars le baril.
Les cours du cuivre ont légèrement progressé lundi, soutenus par les risques persistants pesant sur l’offre et l’optimisme concernant la demande. Le cuivre à trois mois de référence sur la Bourse des métaux de Londres a augmenté de 0,4% après avoir enregistré un gain hebdomadaire vendredi. Parmi les métaux cotés au LME, l’aluminium a progressé de 0,4%, le zinc a gagné 0,2%, le plomb est resté stable, le nickel a gagné 0,1% et l’étain s’est raffermi de 0,1%.
Le blé et le maïs de Chicago ont reculé pour la quatrième séance consécutive lundi, les investisseurs attendant le rapport hebdomadaire du ministère américain de l’Agriculture (USDA) sur l’avancement des récoltes, prévu mardi. Le soja a également reculé, les prévisions météorologiques favorables dans une grande partie du Midwest américain la semaine dernière ayant ravivé l’espoir que les agriculteurs puissent rattraper leur retard dans les récoltes après les pluies de fin septembre et de début octobre.