La guerre en Iran, épisode n°xxx… nous ne savons plus tellement Trump et Netanyahu changent les scénarios du film. Le département américain du Travail a indiqué que les prix à la consommation (CPI) aux Etats-Unis avaient accéléré en septembre, à 3,7% sur un an et 0,6% en rythme mensuel. Et Nestlé à nouveau confronté avec un scandale concernant la présence de métaux lourds toxiques dans les aliments pour bébés Gerber. En Asie, les marchés se teintent de rouge.

Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il prendrait très prochainement une décision concernant l’Iran et qu’il s’était entretenu avec le prince héritier saoudien ; il a par ailleurs répondu « C’est possible » lorsqu’on lui a demandé s’il solliciterait la participation de la Turquie à la réponse au conflit au Yémen. En outre, M. Trump a affirmé que les Houthis se comportaient très mal et que quelqu’un devrait leur expliquer qu’il ne brigue pas de nouveau mandat — ayant déjà remporté l’élection — mais qu’il sera toujours là après le scrutin et qu’il n’oubliera jamais.

Lors d’un rassemblement en Alaska, le président Trump a déclaré que le volume de pétrole transitant par le détroit d’Ormuz était supérieur à celui d’avant la guerre; il a réitéré que le conflit avec l’Iran prendrait fin prochainement et que ce pays ne se doterait pas de l’arme nucléaire. M. Trump a également lancé: «Attendez de voir ce que nous allons faire à l’Iran. Nous allons les frapper fort. Attendez de voir ce que nous allons faire à l’Iran, car nous en avons assez.»

Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a rejeté les affirmations du commandant des forces navales du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), selon lesquelles le détroit d’Ormuz serait sous contrôle iranien et tout navire de guerre américain s’en approchant serait coulé. Le CENTCOM a déclaré: «Le commandant des forces navales du CGRI ne dispose d’aucune marine. Les forces américaines et leurs partenaires régionaux contrôlent clairement le détroit d’Ormuz. Pas plus tard qu’hier, les forces américaines ont aidé leurs partenaires du Golfe à faire transiter plus de 19 millions de barils de pétrole brut par le détroit.»

Le commandant des forces navales du CGRI a contesté l’affirmation américaine selon laquelle le détroit d’Ormuz est ouvert et sous contrôle, déclarant: «Qu’ils viennent sur le terrain et voient qui en a le contrôle.» Il a également affirmé que les forces iraniennes attendaient que les navires américains s’approchent de l’entrée du détroit d’Ormuz pour les couler, ajoutant qu’elles décomptaient les jours jusqu’à ce que cela se produise, selon l’agence Tasnim.

La chaîne israélienne N12 News a rapporté que l’Iran avait procédé à une série d’essais de tirs de missiles balistiques ces derniers jours; toutefois, aucun renseignement ne justifie une action israélo-américaine dans les semaines à venir, alors même qu’Israël, les États-Unis et les pays du Golfe coordonnent leurs efforts et se préparent à divers scénarios. Selon deux responsables iraniens cités par Reuters, l’Iran modifierait sa stratégie pour intensifier les attaques contre le trafic maritime à l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis. Les ministres des Affaires étrangères de l’Iran et d’Oman se sont entretenus par téléphone pour discuter des derniers développements régionaux, notamment au Yémen, et ont examiné les moyens de parvenir à la paix et à la stabilité dans la région.

Selon certaines informations, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est entretenu la semaine dernière avec le président américain Donald Trump au sujet d’une reprise des hostilités contre l’Iran. Les responsables américains auraient été frappés par la volonté de Netanyahu de lancer une attaque avant les élections. Netanyahu a évoqué à plusieurs reprises avec Trump l’idée d’une nouvelle guerre contre l’Iran; Trump lui aurait répondu: «Eh bien, tu sais quoi, Bibi, vas-y et prépare-toi.» Toutefois, Trump ne s’est pas engagé fermement, précisant que cela pourrait se produire maintenant, être trop tard ou ne jamais arriver.

Selon le site Axios, qui cite des responsables, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump ont discuté la semaine dernière de la possibilité de lancer une nouvelle opération majeure contre l’Iran avant les élections israéliennes et américaines. Netanyahu et Trump ont évoqué une éventuelle opération conjointe américano-israélienne visant des cibles militaires et nucléaires; Netanyahu s’inquiétait alors d’informations des services de renseignement israéliens indiquant que l’Iran prenait des mesures préoccupantes pour reconstituer son programme nucléaire. Il est à noter que cet entretien avec Trump concernant une éventuelle attaque a eu lieu avant que ce dernier ne déclare qu’il ne frapperait pas l’Iran avant les élections de mi-mandat.

Coup d’œil sur les marchés

Les Bourses européennes ont terminé légèrement dans le vert mercredi, soutenues par les prévisions d’ASML, une stabilisation des ‌titres liés à l’intelligence artificielle (IA) et le compartiment obligataire en zone euro, tandis que Wall Street était affectée à la mi-séance par une inflation aux Etats-Unis plus forte que prévu. À Paris, le CAC 40 a fini sur un gain de ​0,58%. Le Footsie britannique a avancé de 0,70% et le Dax allemand a progressé de 0,25%. L’indice EuroStoxx 50 a gagné 0,46%, le FTSEurofirst 300 0,51% et le Stoxx 600 0,47%. ASML a pris 1,84% après avoir indiqué ‌que la demande, stimulée par l’IA, pour ses outils d’impression de puces était si forte qu’elle ne serait pas en mesure de satisfaire pleinement ses clients en 2027 et 2028. Le secteur technologique ⁠sur le Stoxx 600, qui avait chuté mardi, a timidement rebondi mercredi, de 0,19% en clôture, réduisant en fin de séance une bonne partie de ses gains initiaux. Luxe (+1,17%), également chahuté la veille par les résultats de LVMH (+1,43%), a enregistré également un ‌sursaut, malgré des doutes quant à la reprise du secteur après trois années de récession. Dans les autres secteurs, Orsted a reculé de 3,92% en réaction à une information de l’agence Bloomberg selon laquelle les États-Unis ont ⁠décidé de réexaminer le permis accordé au groupe pour son parc éolien près de Rhode Island. La banque suédoise SEB a plongé de 4,59% après que l’autorité ⁠de régulation bancaire du pays a temporairement relevé les exigences ‌de fonds propres de l’établissement en raison de failles dans ses modèles de risque internes.

En Suisse, le Swiss Market Index (SMI) avait gagné 1,45%. Le sous-traitant pharma Lonza (+3,4%) est resté solidement installé sur la plus haute marche du podium, après avoir relevé ses objectifs de croissance organique et ses ambitions financières à moyen terme lors d’une journée des marchés de capitaux. Les valeurs pharmaceutiques et biotechnologiques monopolisaient d’ailleurs les places d’honneur. Le bon Roche a bondi de 3,1%, Sandoz de 3,0% et Novartis de 2,8%. Le laboratoire cosmétique et dermatologique Galderma (+2,7%) a jeté son dévolu sur le spécialiste californien des crèmes ZO Skin Health, pour 1,5 milliard de dollars. Le géant ophtalmique Alcon (1,8%) suivait encore non loin derrière. Le numéro un helvétique des télécoms Swisscom (+0,8%) était aussi bien placé, le Tribunal administratif fédéral (TAF) ayant accepté un recours de l’opérateur et annulé une décision de la Commission de la concurrence qui avait infligé au géant bleu une sanction de 18 millions de francs en raison des modalités de déploiement de son réseau de fibre optique. Nestlé a clôturé sur un gain de 2,1%, juste avant que le procureur du Texas annonce des poursuites à l’encontre de la société et sa filiale de nutrition infantile Gerber pour dissimulation de présence de métaux lourds dans des aliments pour bébés. Entre 2017 et 2019, Gerber a utilisé 67 lots de farine de riz contenant plus de neuf fois la concentration d’arsenic autorisée par le gouvernement fédéral dans l’eau en bouteille, indique le procureur général texan dans un communiqué publié mercredi. Le groupe vaudois n’en est pas à son premier scandale en ce qui concerne la nourriture destinée aux tout-petits. En début d’année, il a émis des rappels en cascade de laits infantiles contaminés à la toxine céréulide. Début janvier, ce rappel touchait 31 pays et pesait moins de 0,5% du chiffre d’affaires du groupe. Depuis, une soixantaine de pays se sont retrouvés concernés, des avis de bébés malades s’étant multipliés notamment en Belgique et au Royaume-Uni et trois morts suspectes de nourrissons ayant bu du lait rappelé ayant été mises à l’enquête en France.

En Europe, le rendement allemand à dix ans, référence de la zone euro, remontait à 3,48% contre 3,47%. Son équivalent français grimpait à 4,87% contre 4,84%, et l’italien à 4,56% contre 4,53%.

Le renforcement des paris selon lesquels la Fed devra encore relever ses taux pour maîtriser l’inflation a durement pénalisé certaines des plus fortes hausses du marché en 2026. Le S&P 500 reculait de 1,35%. Le Nasdaq cédait 2,02% tandis que le Dow Jones Industrial Average perdait 0,51%.  Huit des 11 indices sectoriels du S&P 500 étaient en baisse, pénalisés en premier lieu par les technologies de l’information, en recul de 2,64%, suivies par les services de communication, qui perdaient 1,77%. Oracle a perdu 7,3%, tandis que les sociétés d’infrastructures liées à l’IA CoreWeave et Nebius ont chuté respectivement de 15% et 10%. Dell a reculé de 12% et Hewlett Packard Enterprise a perdu 7,6% après que Barclays a abaissé sa recommandation sur les fabricants de serveurs pour l’IA, de «surpondérer» à «pondération neutre». L’indice Philadelphia SE Semiconductor a reculé de près de 4%, enregistrant sa sixième séance consécutive de baisse et se dirigeant vers sa plus longue série de pertes depuis mai 2025. Bank of America a chuté de 5,8%. Le bénéfice de la banque a reculé au troisième trimestre, celle-ci ayant mis de côté 1,2 milliard de dollars pour couvrir des amendes réglementaires liées à des manquements dans la détection d’éventuels faits de blanchiment d’argent. Morgan Stanley a perdu 3,8%, malgré une hausse de son bénéfice trimestriel.

Aux Etats-Unis, le CPI a progressé de 3,7% en septembre aux États-Unis, contre 3,6% attendus, et après 3,4% en août. Sur un mois, la hausse atteint 0,6%. Hors énergie et alimentation, l’inflation dite sous-jacente s’établit à 2,6% sur un an, contre 2,5% attendus. Sur un mois, cette inflation sous-jacente progresse de 0,3%, un peu supérieure aux attentes des marchés, qui espéraient la voir ralentir.

Le rendement des bons du Trésor américain à 2 ans a augmenté de 0,9 point de base à 4,802%, après avoir atteint plus tôt 4,9521%, son plus haut niveau depuis le 29 septembre. Le rendement de l’emprunt américain de référence à 10 ans a reculé de 2,7 points de base à 5,19%, après avoir atteint 5,3293% dans les échanges matinaux. Le rendement de l’obligation à 30 ans a reculé de 4,2 points de base à 5,521%, se dirigeant vers une quatrième séance consécutive de baisse. Il avait auparavant atteint 5,6277%.

Le dollar gagne du terrain mercredi, porté par des données d’inflation plus élevées que prévu aux États-Unis, qui confortent les perspectives de resserrement monétaire de la banque centrale américaine. Le billet vert prenait 0,44% face à la monnaie unique européenne, à 1,1149 dollar pour un euro, retrouvant des niveaux plus vus depuis mai 2025. Il avançait aussi de 0,54% face à la devise britannique, à 1,3187 dollar pour une livre.

Le contrat de pétrole brut WTI de novembre clôture en hausse de 0,95 dollar, soit 1%, à 95,09 dollars le baril. Le Brent de décembre était dernièrement en hausse de 0,51 dollar, soit 0,5%, à 106,20 dollars.

Les contrats à terme sur le blé du Chicago Board of Trade (CBOT) ont progressé mercredi, les inquiétudes concernant les perturbations du transport des céréales dans la région de la mer Noire, liées à la guerre entre la Russie et l’Ukraine, ayant soutenu les cours.

Ce matin en Asie : Les marchés ont commencé la journée sur une note négative jeudi à l’ouverture des échanges en Asie, après une accélération plus forte que prévu de l’inflation des prix à la consommation aux États-Unis, qui a renforcé les anticipations d’une intervention de la Réserve fédérale plus tard cette année et pesé sur les actions.  L’indice le plus large de MSCI des actions de la région Asie-Pacifique hors Japon reculait de 1,2%, entraîné par la chute de 5,6% du KOSPI sud-coréen, tandis que le Nikkei 225 perdait 1,3%. En début de séance, l’indice Shanghai Composite a perdu 1,5%, tandis que l’indice de grandes capitalisations CSI300 a reculé de 1,7%. À Hong Kong, l’indice de référence Hang Seng a reculé de 1% en début de séance.

Le cuivre a reculé jeudi, les craintes d’une inflation persistante pouvant entraîner de nouveaux relèvements des taux d’intérêt, tandis que les prix de l’aluminium ont baissé pour la troisième séance consécutive. Le cuivre de référence à trois mois au London Metal Exchange a reculé de 0,4%. L’aluminium au LME a reculé de 0,6% tout comme le zinc. Le plomb a progressé de 0,1%, le nickel a cédé 0,3% et l’étain a baissé de 0,5%.

L’or au comptant progressait de 1,3%, à 4’158,63 dollars l’once, l’argent au comptant a gagné 1,1%, e platine a progressé de 0,3% et le palladium a grimpé de 1,3%.

Les contrats à terme sur le Brent ont reculé de 1,39 dollar, soit 1,31%, à 104,67 dollars le baril tandis que ceux sur le West Texas Intermediate américain ont cédé 1,02 dollar, soit 1,07%, à 94,07 dollars, effaçant les gains de la séance précédente. La hausse de la production en Russie et au Moyen-Orient a contenu les cours. La production de pétrole brut de la Russie a augmenté de 65 000 barils par jour en septembre, à 8,43 millions de barils par jour, mais restait inférieure de 870 000 barils par jour à son niveau d’un an plus tôt, a indiqué mercredi l’Agence internationale de l’énergie (AIE). L’AIE a également déclaré que les exportations de pétrole brut des producteurs du Golfe au Moyen-Orient avaient augmenté de 4,4 millions de barils par jour en septembre, pour atteindre environ 75 % des niveaux d’avant-guerre.