Dans un environnement macroéconomique devenu plus exigeant et marqué par une fragmentation accrue, la solidité des fondamentaux économiques continue de soutenir les marchés et d’offrir des opportunités d’investissement sélectives.

Par Adrien Dumas, Directeur des Investissements et Philippe Tranchet, Directeur Adjoint des Investissements

 

Adrien Dumas
Adrien Dumas

Après une année 2025 largement positive pour les marchés financiers, 2026 s’ouvre sur des fondamentaux économiques solides, mais dans un environnement devenu plus complexe et fragmenté. Les performances de l’an dernier ont été positives sur la majorité des classes d’actifs, tant en actions qu’en obligations, malgré des épisodes de volatilité et des craintes récurrentes autour des politiques monétaires et de la géopolitique. La résilience de la croissance américaine, les attentes de relance en Allemagne et la normalisation progressive de l’inflation ont constitué des soutiens majeurs aux actifs risqués, tandis que certaines poches plus défensives ou structurelles, comme l’immobilier ou les stratégies dites «qualité», ont été pénalisées par la remontée des taux longs et les rotations de styles.

Sur le plan macroéconomique, le contraste entre les grandes zones reste marqué.

Philippe Tranchet

Les États-Unis abordent 2026 avec une croissance encore robuste, soutenue par une impulsion budgétaire significative, et une dynamique d’investissement liée au redéploiement industriel et à l’innovation technologique. La poursuite de la désinflation confère à la Réserve fédérale une marge de manœuvre appréciable, notamment si le marché de l’emploi venait à se dégrader davantage. À l’inverse, la zone euro évolue dans un régime de croissance plus modéré, certes stabilisé, mais dépourvu de véritables catalyseurs structurels à court terme, malgré les plans de relance annoncés, notamment en Allemagne. Dans ce contexte, la politique monétaire européenne devrait rester accommodante, sans perspective crédible de resserrement en 2026.

Les marchés financiers reflètent ces divergences, tant en actions qu’en obligations.

La croissance des bénéfices attendue pour 2026 reste favorable à l’échelle mondiale, mais elle demeure fortement concentrée aux États-Unis autour de quelques grandes capitalisations exposées à l’intelligence artificielle. Cette concentration constitue à la fois un moteur de performance, et un facteur de fragilité en cas de déception sur le rythme de déploiement technologique. À l’inverse, les marchés émergents présentent un profil plus équilibré, combinant baisse des taux directeurs, normalisation de l’inflation, valorisations encore modérées et perspectives de croissance des résultats attractives, dans un environnement potentiellement plus favorable lié à l’affaiblissement du dollar.

Sur les marchés obligataires, le crédit conserve un rôle central dans les allocations, mais avec des équilibres plus délicats.

Les rendements demeurent attractifs en termes réels, notamment sur l’investment grade, qui garde un rôle de stabilisateur en cas de choc macroéconomique. En revanche, la valorisation du high yield appelle à davantage de sélectivité, dans un contexte de spreads historiquement comprimés et de hausse des besoins de financement, en particulier dans le secteur technologique américain. Les tensions persistantes sur les maturités longues, alimentées par l’augmentation des émissions souveraines, et les contraintes structurelles sur la dette publique, limitent le potentiel de détente significative des taux longs en 2026.

Dans ce cadre, notre approche de gestion privilégie plus que jamais l’agilité et la diversification.

Si les fondamentaux macroéconomiques restent globalement porteurs, la montée des risques géopolitiques, la question de la poursuite des politiques budgétaires expansionnistes, les incertitudes institutionnelles (indépendance de la Fed, élections midterm aux États-Unis) et la forte expansion de la dette privée moins régulée constituent autant de facteurs susceptibles de générer des phases de volatilité marquées. Ces épisodes doivent être perçus comme des opportunités de repositionnement plutôt que comme des signaux de rupture de cycle. Une allocation équilibrée, combinant portage, flexibilité et exposition mesurée aux moteurs structurels de croissance, nous paraît la plus adaptée pour naviguer dans un environnement 2026 à la fois prometteur et plus exigeant.

Achevé de rédiger le 13/01/2026


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