La zone euro s’est montrée résiliente, malgré le choc énergétique qui se poursuit, avec une croissance du PIB au 2e trimestre supérieure aux prévisions, à 0,4% en rythme trimestriel. Aux États-Unis, la croissance du PIB a ralenti au 2e trimestre pour s'établir à 1,5% en rythme annualisé, bien que les dépenses de consommation des ménages soient restées solides.
Europe
La zone euro s’est montrée résiliente, malgré le choc énergétique qui se poursuit, avec une croissance du PIB au 2e trimestre supérieure aux prévisions, à 0,4% en rythme trimestriel. Lors de sa réunion de fin juillet, la BCE a maintenu ses taux directeurs inchangés, laissant son taux de dépôt à 2,25% alors que les prix du pétrole étaient proches de 90 dollars le baril. Cette posture d’attentisme reflète la volonté de l’institution de préserver l’équilibre entre le soutien à l’activité et la maîtrise des pressions sur les prix, alors que les risques d’inflation importée restent élevés. Elle traduit également la volonté d’évaluer avant toute décision importante l’impact de la nouvelle donne énergétique sur l’inflation sous-jacente.
Sur les marchés obligataires, les rendements souverains européens ont terminé le mois de juillet en forte hausse sur l’ensemble de la courbe, atteignant de nouveaux sommets depuis plusieurs années. Ainsi, ceux du Bund allemand à maturité intermédiaire (7–10 ans) ont augmenté de 31 points de base, pour s’établir à 3,11%. La forte dépendance de l’Europe aux importations d’énergie l’a rendue particulièrement vulnérable, accentuant la tension sur les maturités longues. Les marchés du crédit corporate européen ont affiché des performances négatives, pénalisés par le mouvement de vente généralisé sur les taux souverains de référence. À l’image de la tendance mondiale, l’Investment Grade a davantage souffert de cette correction en raison de sa sensibilité intrinsèque aux taux d’intérêt (-0,94%), tandis que le Haut Rendement a mieux résisté (-0,32%), soutenu par un portage plus élevé et des fondamentaux d’entreprises toujours solides. Le rendement du marché corporate européen s’établit en fin de mois à 5,93%.
Etats-Unis
Aux États-Unis, la croissance du PIB a ralenti au 2e trimestre pour s’établir à 1,5% en rythme annualisé, bien que les dépenses de consommation des ménages soient restées solides. Une inflation plus modérée que prévu en début de mois a apporté un certain répit, l’IPC de juin ayant reculé à 3,5% en glissement annuel grâce à la baisse initiale des prix de l’essence, ce qui a brièvement tempéré les anticipations d’un resserrement monétaire à court terme. Cependant, la flambée subséquente des cours du pétrole a plus que contrebalancé cet effet, faisant grimper à la fois les anticipations d’inflation et la probabilité de hausses de taux. Dans ce contexte de tiraillement économique, la Fed a maintenu sa fourchette cible entre 3,50% et 3,75% lors de sa réunion de juillet. Cette décision masque toutefois des divisions croissantes au sein du comité. Le soutien en faveur d’une hausse immédiate des taux s’est renforcé chez certains responsables, débouchant sur un vote partagé de 9 contre 3. Sur le plan géopolitique, la nouvelle flambée entre les États-Unis et l’Iran a donc fait grimper les cours du pétrole, de 21% sur le mois, et ravivé les craintes d’une inflation persistante alimentée par les coûts. Les tensions s’étaient apaisées fin juin, laissant entrevoir un cessez-le-feu durable, mais elles se sont brusquement intensifiées par la suite. Des frappes américaines soutenues et des perturbations dans le détroit d’Ormuz ont paralysé le transit maritime, propulsant le prix du baril vers de nouveaux sommets. Le dollar américain a paradoxalement reculé de -1,3%, malgré la rhétorique restrictive de la Fed et les taux plus élevés. À l’inverse, l’or a légèrement progressé (0,87%), même si la demande pour les valeurs refuges a été largement neutralisés par la hausse des rendements réels.
Le mois de juillet a été marqué par une nette correction obligataire, matérialisée par une forte hausse des rendements des titres du Trésor américain. Le taux de référence à 7-10 ans a progressé de 26 points de base pour atteindre 4,65% sur le mois, tandis que celui à 30 ans a atteint son plus haut niveau depuis 2007, à 5,28%. Ce mouvement, qui a entrainé une pentification significative de la courbe, a été alimenté par la hausse des cours du pétrole, l’inflation sous-jacente toujours soutenue et le ton résolument ferme adopté par le nouveau président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh. Dans ce contexte de tensions sur les taux d’intérêts, les marchés du crédit corporate américain ont eux aussi affiché des performances négatives sur le mois. Le segment Investment Grade (-1,61%) a été bien plus impacté que le Haut Rendement (-0,27%), son profil de duration plus longue le rendant particulièrement exposé à la vague de ventes de titres souverains. Sur le Haut Rendement, les spreads se sont sensiblement élargis, alors qu’ils sont restés relativement stables sur le reste des marchés développés. En fin de mois, le rendement du marché corporate américain s’établit à 7,39%.
Emergents
Dans les pays émergents, la conjoncture a été dictée au niveau macroéconomique par la remontée des taux d’intérêt mondiaux et l’évolution contrastée des balances commerciales. La flambée des cours du brut a créé une fracture nette au sein de l’univers de cette zone. Elle a lourdement pénalisé les économies asiatiques, très dépendantes des importations énergétiques, tout en améliorant les perspectives budgétaires des pays producteurs. Par ailleurs, la vive tension sur les taux longs américains a agi comme un vent contraire majeur, alimentant les sorties de capitaux sur les marchés locaux et incitant plusieurs banques centrales d’Amérique latine et d’Europe de l’Est à suspendre leurs cycles d’assouplissement monétaire pour défendre leurs devises.
Sur le crédit corporate émergent, ces forces opposées ont engendré des performances contrastées en juillet selon la qualité de notation, mais globalement négatives, s’alignant ainsi sur la tendance des autres géographies. Le Haut Rendement a fait preuve d’une relative résilience, en ne reculant que de -0,30%, porté par la bonne tenue des émetteurs liés au secteur des matières premières. A l’inverse, l’Investment Grade a enregistré une baisse plus significative, de -1,34%, là aussi davantage pénalisé par son profil de duration élevée et sa sensibilité à la hausse des taux obligataires mondiaux. Au niveau des pays, les exportateurs de pétrole ont naturellement affiché une meilleure performance au cours du mois, notamment l’Angola et le Nigeria. En fin de mois, le rendement du marché obligataire émergent s’établit à 7,78%.
Entreprises en vue
Irca SpA (EU)
Irca SpA, fabricant italien d’ingrédients alimentaires, a fait l’objet d’une acquisition majeure par une société de capitalinvestissement lorsque CVC Capital Partners a annoncé un accord pour racheter l’entreprise au début du mois. Pour financer ce rachat, CVC prévoirait d’émettre 1,2 milliard d’euros d’obligations à Haut Rendement, remplaçant ainsi un créditpont initialement fourni par un consortium de banques. La vente d’obligations devrait avoir lieu après l’été, faisant d’Irca l’un des nouveaux émetteurs européens de titres dans le segment Haut Rendement les plus attendus du 2nd semestre 2026.
AdaptHealth Inc (US)
AdaptHealth Inc, l’un des principaux distributeurs d’équipements de santé à domicile aux États-Unis, a annoncé la vente de ses activités de fourniture à domicile pour les soins du diabète et de l’urologie, pour une contrepartie totale en numéraire d’environ 360 millions de dollars, sous réserve d’ajustements du fonds de roulement. Cette vente augmentera la flexibilité d’AdaptHealth pour réinvestir dans ses activités clés et réduire sa dette. Elle améliorera également le profil de croissance attendu des revenus d’AdaptHealth ainsi que l’EBITDA ajusté sur une base prospective. Pour les douze derniers mois se terminant en mars 2026, AdaptHealth a enregistré un chiffre d’affaires total de 3,28 milliards de dollars et un EBITDA ajusté de 635 millions. Le levier financier net s’est établi à 3,15x, tandis que le management vise un levier de 2,5x d’ici la fin de l’année 2026.
Polaris Renewable Energy (EM)
Polaris Renewable Energy, spécialiste des énergies renouvelables axé sur l’Amérique centrale et latine, a signé un accord de co-investissement avec la Comisión Federal de Electricidad (CFE) du Mexique pour développer, détenir et exploiter environ 250 MW de capacité de génération solaire et 62 MW / 192 MWh de stockage d’énergie par batterie dans le pays. Ce programme représente la plus grande initiative d’énergie renouvelable et de stockage d’énergie entreprise au Mexique, et va considérablement accroître la taille de Polaris. De plus, l’émetteur a annoncé des résultats solides pour le 2e trimestre 2026, malgré un chiffre d’affaires en baisse de 7,9%, entraînés par une baisse proportionnelle des ventes d’énergie en raison de conditions hydrologiques exceptionnelles au Pérou et en Équateur l’année dernière. L’EBITDA ajusté s’est élevé à 13,7 millions de dollars (contre 15,4 millions au 2e trimestre 2025). Pour les six premiers mois de 2026, le FCF s’est établi à 14 millions de dollars, quasi stable en glissement annuel, et le levier financier net est resté stable à 2,4x (par rapport à décembre 2025).
Date de rédaction : 12/08/2026
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