Dans un récent podcast, Flavio Matter, responsable des ILS chez Schroders Capital, explique pourquoi la demande pour cette classe d’actifs a augmenté, comment elle a atteint son moment de grâce de 2023 à 2025, et pourquoi il estime qu’elle reste une option attrayante pour un portefeuille d’investissement moderne.
Ces dernières années, le marché des titres liés à l’assurance (ILS) a connu un passage à maturité structurel. Aujourd’hui, c’est un vaste marché mondial – estimé à environ 120 milliards de dollars, les obligations catastrophe représentant à elles seules la moitié de ce chiffre – qui a définitivement perdu sa réputation de simple curiosité de niche.
De fait, aux yeux de nombreux investisseurs, le marché des ILS a été redéfini comme un moteur structurel de performance. Alors, comment en sommes-nous arrivés là ?
La création d’un moment de grâce
Interviewé récemment dans un podcast avec Professionelles Investieren, Flavio Matter, responsable des titres liés à l’assurance chez Schroders Capital, réfléchit à l’évolution et à la maturation du marché.
Selon lui, la hausse des performances induite ces dernières années par l’environnement favorable des rendements n’est pas une simple exception statistique. Au contraire, les conditions idéales réunies en particulier de 2023 à 2025 sont le produit d’une séquence éprouvante d’événements sur plusieurs années qui ont redéfini les mécanismes de tarification.
Le point d’inflexion des tendances qui ont suivi est survenu en septembre 2022 avec l’arrivée de l’ouragan Ian dans le sud-ouest de la Floride. Ian a été l’un des ouragans les plus coûteux de l’histoire des États-Unis, frappant de plein fouet le marché des ILS et entraînant le pire mois de l’histoire de cette classe d’actifs, avec des pertes à court terme de près de 9 %.
«Le marché de la réassurance est très cyclique, observe Matter. Après des événements majeurs, le capital est retiré du marché. Cela signifie aussi que les prix augmentent en conséquence, car le marché de la réassurance, le marché des obligations catastrophe, est finalement dicté par l’offre et la demande.»
«Actuellement, nous constatons un écart supplémentaire de 2,8 points de pourcentage sur les obligations catastrophe par rapport aux obligations à haut rendement. C’est intéressant quand on pense que les probabilités de défaut des obligations catastrophe et des obligations à haut rendement sont probablement du même ordre de grandeur.»
Caractéristiques des obligations catastrophe
La leçon à retenir, c’est que, pour ceux qui ont traversé la volatilité de 2022, les récompenses ont été immédiates : la plupart des stratégies ILS ont depuis généré des rendements à deux chiffres.
Cette classe d’actifs est perçue de différentes manières. Pour le débutant, elle suscite la curiosité – un moyen de capter un spread en s’exposant au risque des ouragans en Floride ou des tremblements de terre au Japon. Pour l’investisseur expérimenté, en revanche, elle est perçue comme un outil de diversification non corrélé, susceptible d’être performant aussi bien lorsque les marchés traditionnels, comme le S&P 500, rencontrent des difficultés que lorsqu’ils prospèrent.
«La nature ne lit pas les cours des actions», explique brièvement Matter.
Exposant l’attrait croissant de cette classe d’actifs pour les allocataires, il souligne que les obligations catastrophe ont généré des rendements annualisés de 7 à 8% sur le long terme, avec une volatilité annualisée de 3 à 4% – un niveau de volatilité nettement inférieur à celui des actions et du crédit à haut rendement. Par ailleurs, les performances ont été positives sur plus de 90% des mois des 20 dernières années.
En réponse aux préoccupations des investisseurs concernant le changement climatique et son impact sur les obligations catastrophe exposées aux événements météorologiques, Matter reste pragmatique.
«Le changement climatique joue un rôle, mais ce n’est pas le seul facteur», déclare-t-il. Comme les obligations catastrophe ont des durées relativement courtes, généralement de trois à cinq ans, et qu’elles font l’objet de réinitialisations annuelles, les gestionnaires peuvent « constamment recalibrer » leurs modèles pour refléter les dernières avancées scientifiques et ajuster les prix en conséquence.
Du «test de résistance» au débouché de capital
Pour comprendre où va le marché, il faut revenir à ses débuts : août 1992, en Floride. L’ouragan Andrew, un monstre de catégorie 5, frappe avec des vents dépassant les 250 km/h. Il cause 27 milliards de dollars de pertes assurées (l’équivalent d’environ 60 milliards aujourd’hui).
«L’ouragan Andrew a été un test de résistance efficace, déclare Matter. On pourrait même dire que l’impact a été systémique… Il y a eu de nombreuses insolvabilités, notamment parmi les assureurs directs locaux. Mais le point clé n’a pas été uniquement la destruction causée par la tempête, mais aussi la prise de conscience que les bilans traditionnels de la réassurance n’étaient pas suffisants pour supporter de façon permanente les risques extrêmes liés aux grands ouragans ou événements tels que les séismes.»
Cette catastrophe a contraint l’industrie de l’assurance à rechercher un capital supplémentaire pour compenser les risques – qu’elle a trouvé via les marchés de capitaux et le transfert de risque inhérent aux ILS.
Alors que les années 1990 ont vu la naissance de ces «prototypes», c’est l’ouragan Katrina de 2005 qui a servi de catalyseur pour la croissance, la maturité et la démocratisation du marché. Depuis Katrina, le marché des obligations catastrophe est passé d’environ 10 milliards de dollars à environ 60 milliards aujourd’hui.
Un marché unique
Comme nous l’avons expliqué dans un Livre blanc récent, le marché des ILS est divisé entre deux structures distinctes : les ILS publics et les ILS privés.
Matter explique : « Les obligations catastrophe sont la partie publique des ILS – plus standardisées, plus transparentes et généralement négociables. Il existe un marché secondaire pour les obligations catastrophe, souvent axé sur les risques extrêmes tels que les ouragans américains ou les tremblements de terre japonais. »
«Les ILS privés sont quant à eux plus personnalisés, moins standardisés et moins liquides, mais plus flexibles. Grâce aux ILS privés, les risques non adaptés aux obligations catastrophe peuvent être transférés au marché des capitaux.»
Avoir accès à une gamme plus large de profils de risque, de liquidité et de rendement peut contribuer à améliorer l’efficacité des rendements – et à maximiser les avantages potentiels du portefeuille des ILS. Les réassureurs peuvent aussi transférer et couvrir un éventail de risques et ainsi renforcer leur capacité à résister aux chocs.
«Je pense sincèrement que les ILS, et les obligations catastrophe en particulier, peuvent apporter une réelle valeur ajoutée aux portefeuilles. Nous l’avons constaté grâce à des rendements ajustés au risque attrayants et à une diversification au sein des portefeuilles», déclare Matter.
Et de poursuivre: «Les investissements ILS ont également un impact réel. Non seulement ils renforcent le secteur de l’assurance, mais ils augmentent aussi la capacité de prise de risques après des catastrophes naturelles. C’est pertinent d’un point de vue social, surtout si l’on dépasse les marchés établis et pense aux régions en développement du monde.»
«Je pense donc que cette classe d’actifs est vraiment attrayante dans un portefeuille d’investissement moderne.»
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