L'envolée des cours pétroliers et des rendements obligataires ont très nettement pesé sur les places européennes la semaine passée, d'autant plus avec la perspective d'une hausse de taux de la BCE cette semaine. Wall Street a en revanche mieux résisté, portée à nouveau par la tech. Avec des anticipations de hausse des taux à quasi 50/50 jeudi soir, suite aux propos de Waller, le rapport mensuel sur l'emploi semble finalement réduire les espoirs d'un statu quo, les créations d'emplois étant très supérieures aux attentes.

Matières premières

Le pétrole signe sa meilleure semaine depuis juillet

La flambée des tensions entre Washington et Téhéran a propulsé le brut à ses plus hauts niveaux de l’été, portant le Brent et le WTI vers leurs gains hebdomadaires les plus marqués depuis la mi-juillet. Les métaux précieux ont suivi, modestement, tandis que le cuivre est resté à l’écart du mouvement.

L’escalade militaire au Moyen-Orient a été le moteur exclusif de la semaine sur les marchés pétroliers. Le Brent a dépassé les 95 USD/bbl (+5%), porté par la reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l’Iran. Des frappes américaines sur le territoire iranien, des tirs de missiles et de drones iraniens contre une base américaine au Koweït, et la poursuite du blocus naval des ports iraniens ont alimenté des craintes croissantes sur la continuité des flux dans le détroit d’Ormuz.

L’or a connu une semaine contrastée, au gré des anticipations sur l’évolution des taux aux Etats-Unis. La remontée des pronostics de resserrement monétaire vendredi, après la publication du rapport mensuel sur l’emploi, a renvoyé l’once à la baisse, autour de 4’400 USD. Jeudi, elle avait repassé brièvement le cap des 4’500 USD.

2026.09.07.chart_nl_pt_hebdo_fr_FR_mat_prem_202636

Macroéconomie

Macro : Cette semaine, c’était l’emploi américain qui était au cœur de l’agenda macro. Au mois d’août, l’économie américaine a créé 162’000 emplois. C’est trois fois mieux que ce que le consensus attendait (55’000). De plus, les révisions des deux mois précédents ont ajouté 55’000 emplois. Le taux de chômage reste stable, à 4.1%. Des chiffres qui ont redonné corps au scénario de hausse de taux lors de la prochaine réunion de la Fed (15-16 septembre). Toutefois, le match n’est pas plié. En effet, ce rapport confirme que tout va bien du côté de l’emploi et que l’inflation est bel et bien le seul sujet d’inquiétude pour la Fed. C’est donc le CPI du mois d’août, attendu la semaine prochaine, qui cristallisera la décision. Un chiffre légèrement en dessous des attentes pourrait pousser le marché à se raccrocher aux commentaires du gouverneur de la Fed Christopher Waller. Ce dernier, considéré comme un centriste au sein du FOMC, s’est dit prêt à soutenir un maintien des taux si l’inflation continue à ralentir.

Crypto : Le bitcoin (BTC) progresse de +2,18% cette semaine et revient flirter avec les 80’000 USD. Le leader des cryptomonnaies est notamment soutenu par les ETF Bitcoin spot, qui ont enregistré plus de 900 MUSD d’entrées nettes cette semaine, dont plus de 700 millions sur la seule journée de jeudi. Un signe que les investisseurs continuent de revenir sur le BTC. La cryptosphère s’agite désormais entre deux scénarios : d’un côté, le possible retour d’un marché haussier après une année morose; de l’autre, un simple piège haussier avant une nouvelle rechute du bitcoin. Plusieurs facteurs devraient permettre d’y voir plus clair dans les prochaines semaines : l’évolution des taux d’intérêt et de l’inflation, le comportement des valeurs technologiques, ainsi que les discussions réglementaires en cours aux Etats-Unis pour encadrer le secteur des cryptos. En attendant, les autres cryptos suivent le mouvement: l’ether (ETH) progresse de +1,46% à 2’450 USD, Solana (SOL) gagne +0,5% à 101 USD et Binance Coin (BNB) bondit de +4,48% à 715 USD.

2026.09.07.chart_nl_pt_hebdo_fr_FR_macro_202636

Le marché continue de spéculer sur le prochain mouvement de la banque centrale américaine, à douze jours d’une décision très attendue. Jusqu’au milieu de la semaine, il anticipait une hausse des taux, dans le sillage d’un discours belliciste de Kevin Warsh. Jeudi, le scénario du statu quo a brusquement regagné du terrain après une intervention nettement plus accommodante de Christopher Waller. Vendredi, nouveau retournement: la publication d’un rapport mensuel sur l’emploi meilleur que prévu a de nouveau renforcé les anticipations de hausse… Une bonne nouvelle (pour l’économie) est une mauvaise nouvelle (pour les taux).

L’agenda des résultats d’entreprises comptera deux rendez-vous majeurs: Adobe et Oracle, jeudi 10 septembre. Ce même jour, la Banque centrale européenne rendra sa décision sur les taux, avec un relèvement de 25 points de base probablement à la clé. Mais la statistique la plus attendue de la semaine arrivera le lendemain, vendredi: l’inflation américaine du mois d’août. Cet indicateur est désormais crucial pour tenter d’anticiper la décision de la Fed sur ses propres taux, attendue le 16 septembre.

2026.09.728x90_lancement_Sept26_FR