Les conflits géopolitiques produisent souvent leurs effets économiques avec un certain décalage. Pour l’économie mondiale, les conséquences se manifestent moins dans les premières réactions des marchés que par l’intermédiaire des chaînes d’approvisionnement, des structures de coûts et du comportement des entreprises et des consommateurs.

Par Punam Sharma, Head of Equity Research, Europe

 

Le conflit actuel au MoyenOrient en constitue une illustration parlante. Alors que l’attention se concentre fréquemment sur les mouvements de prix à court terme, les effets déterminants se situent plus en profondeur : dans les impacts de deuxième et de troisième ordre.

À première vue, la réaction des marchés financiers apparaît relativement maîtrisée. Certes, les prix de l’énergie ont augmenté et la volatilité s’est accrue, mais les indicateurs à plus long terme — notamment sur les marchés à terme — ne signalent pas, à ce stade, une pénurie durable de l’offre. Il serait toutefois erroné d’en conclure que les conséquences économiques resteront limitées. Bien au contraire: au-delà de l’énergie, des vulnérabilités structurelles apparaissent, essentielles pour l’analyse des entreprises et des investissements.

Les matières premières et les intrants industriels jouent ici un rôle central, souvent sous-estimé dans le débat public. Le Moyen-Orient représente une part significative de la capacité mondiale de fusion de l’aluminium hors Chine. Or l’aluminium est extrêmement énergivore à produire et constitue un intrant clé pour l’emballage, l’industrie automobile et l’aéronautique. Toute hausse de prix ou contrainte de disponibilité se répercute ainsi bien au-delà de secteurs isolés, affectant l’ensemble des chaînes de valeur, les marges et, in fine, les prix finaux.

La même logique s’applique aux produits pétrochimiques. L’augmentation des prix des polymères renchérit les coûts d’emballage, tandis que la hausse des prix des solvants peut entraîner des tensions sur l’approvisionnement en peintures et revêtements. Le secteur agricole est particulièrement exposé: une part importante des flux mondiaux d’engrais transite par le détroit d’Ormuz. Toute perturbation se traduit par une hausse des prix des intrants agricoles, qui se diffuse ensuite vers les prix alimentaires. Dans ce contexte, l’inflation résulte moins d’une demande excessive que de contraintes d’offre.

Ces dynamiques s’exercent dans un environnement où les consommateurs sont déjà fragilisés. La hausse des coûts de l’énergie, de l’alimentation et du financement réduit le revenu disponible et pèse sur la demande. Dans de nombreux pays émergents, ces pressions sont accentuées par la hausse des prix à l’importation, des déséquilibres extérieurs plus marqués et des marges budgétaires limitées, compliquant la stabilisation macroéconomique. Les effets se matérialisent de manière progressive, plutôt que par des chocs immédiats sur les marchés.

L’Europe aborde cette phase avec une meilleure préparation qu’il y a quelques années. La crise énergétique de 2022 a conduit à des investissements importants dans les infrastructures d’importation, la diversification des sources d’approvisionnement et la sécurité énergétique. Parallèlement, les priorités politiques ont évolué: la résilience, la relocalisation partielle des chaînes de valeur et l’autonomie stratégique occupent désormais une place centrale, comme en témoignent les dépenses accrues en infrastructures, en défense et dans les énergies renouvelables.


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