Un environnement macroéconomique plus incertain et plus fragmenté modifie la façon dont les investisseurs envisagent la résilience, la diversification et l'accès au marché. Notre équipe macro et ETF examine les principales forces qui façonnent les marchés, notamment la fragmentation géoéconomique, l'impact de l'IA, l'élargissement de la dispersion des rendements - et montre comment les ETF peuvent être utilisés de manière ciblée au sein des allocations d'actifs.
Points clés
- Les tensions géopolitiques, la volatilité et les perturbations de la chaîne d’approvisionnement ont un impact persistant sur les marchés, tandis que l’intelligence artificielle devient un thème macroéconomique et de marché plus large.
- La diversification traditionnelle reste importante, mais le rôle des obligations et autres actifs défensifs dépend de plus en plus du type de choc que les investisseurs cherchent à amortir.
- La dispersion entre les régions, les secteurs et les entreprises élargit l’ensemble des opportunités, augmentant la valeur de la sélectivité, de la flexibilité et d’un accès efficace au marché que permettent des outils tels que les ETF actifs.
La fragmentation et la géopolitique redessinent le paysage macroéconomique
L’environnement macroéconomique actuel est très différent de celui qui a caractérisé la majeure partie de la période qui a suivi la crise financière mondiale. La géopolitique a un impact plus important sur les prix du marché, tandis que l’inflation reste persistante, en particulier aux États-Unis et au Royaume-Uni.
Le récent conflit avec l’Iran a de nouveau mis en lumière ces tensions et leurs répercussions sur les marchés. La contestation du détroit d’Ormuz, la poursuite de la constitution de stocks et des niveaux de droits de douane plus élevés peuvent maintenir une prime géopolitique intégrée dans les prix du pétrole et accentuer la pression inflationniste à l’échelle mondiale. Plus le conflit se prolonge, plus le niveau de volatilité et d’incertitude auquel les marchés devront faire face sera élevé, ce qui aura des conséquences réelles sur la croissance, les prix et l’allocation des actifs.
Dans l’ensemble, les marchés obligataires ont déjà commencé à s’ajuster à ce nouveau régime. Les rendements des obligations d’État de maturité longue ont nettement progressé dans les principales économies, sous l’effet de la hausse des anticipations d’inflation et de la prime de terme. Des rendements plus élevés améliorent le point de départ des rendements obligataires futurs, mais ils rendent également le risque de duration plus important lorsque l’inflation est l’un des principaux moteurs de l’évolution du marché. Un environnement marqué par un risque d’inflation plus élevé et une prime de terme structurellement plus importante diffère fondamentalement du régime de faibles rendements et de faible volatilité auquel de nombreux investisseurs se sont habitués depuis la crise financière mondiale de 2008.
Du côté des actions, l’incertitude demeure, de multiples facteurs convergeant pour générer des niveaux plus élevés de volatilité et de dispersion. Combinée à l’évolution rapide de thèmes macroéconomiques tels que l’intelligence artificielle ou les mutations démographiques, cette situation impose aux investisseurs d’adopter une approche agile afin de naviguer dans des marchés incertains.
La dispersion crée davantage d’opportunités pour la sélectivité
Parallèlement à une inflation plus élevée et à des tensions géopolitiques accrues, la dispersion des marchés est aujourd’hui plus marquée que sur la décennie passée. Les performances ne sont plus portées par un ensemble restreint d’hypothèses ou par un leadership régional unique : de nombreux thèmes établis s’essoufflent, tandis que d’autres continuent de s’affirmer.
Aux États-Unis, la concentration du marché demeure un enjeu central. Les valorisations tirées par l’intelligence artificielle, avec des méga-capitalisations en tête de marché, donnent une impression de cherté qui ne reflète pas pleinement l’ensemble de l’univers d’investissement. En faisant abstraction de ces méga-capitalisations, qui représentent environ 30% de la capitalisation totale, une large partie du marché apparaît plus raisonnablement valorisée. Depuis le début de l’année, les flux se sont ainsi orientés de manière nettement plus marquée vers les ETF indiciels équipondérés, les investisseurs prenant conscience de cette réalité. Dans un marché concentré, se recentrer sur les fondamentaux ou sur des moteurs structurels de long terme peut permettre d’identifier des opportunités : il reste de nombreuses histoires convaincantes plus bas dans l’échelle des capitalisations boursières, même dans un marché dominé par des leaders onéreux.
Dans ce contexte, l’exposition actions de long terme demeure un pilier essentiel de la construction de portefeuille. Sur de longues périodes, les actions ont historiquement présenté une forte probabilité de surperformer l’inflation, ce qui soutient leur rôle central dans l’allocation stratégique d’actifs. Bien que cela n’élimine pas la volatilité à court terme, cela plaide en faveur d’un dépassement des chocs géopolitiques ou de marché à court terme. Rester investi, tout en adoptant une approche plus sélective des expositions, peut aider à naviguer dans l’incertitude et le risque.
La diversité des facteurs de rendement qui émergent non seulement aux États-Unis, mais aussi sur les marchés du monde entier, renforce les arguments en faveur d’une approche plus sélective et axée sur la recherche en matière d’allocations. Ceci est particulièrement pertinent lorsqu’il s’agit d’envisager une diversification régionale délibérée au-delà des segments les plus concentrées du marché actions américain, ou au-delà des secteurs qui ont connu des hausses rapides de valorisation liées à l’engouement autour de l’IA.
Repenser la diversification
Si l’intelligence artificielle et son impact sur les marchés mondiaux mettront probablement du temps à se matérialiser pleinement, les investisseurs doivent également adapter leur approche à l’environnement immédiat. L’une des conséquences les plus évidentes du régime actuel est que la diversification ne peut plus être envisagée uniquement sous l’angle de la répartition traditionnelle entre obligations et actions. Dans un environnement où la volatilité inflationniste est une caractéristique persistante, une exposition large aux obligations d’État peut s’avérer difficile au moment même où les actions sont sous pression, ce qui signifie que d’autres moyens de diversification sont nécessaires. Cela n’affaiblit pas le rôle à long terme des obligations, mais cela change la façon dont les investisseurs doivent envisager les actifs défensifs.
Une approche plus résiliente peut nécessiter un éventail plus large de leviers de diversification. L’or peut toujours jouer un rôle dans la diversification de certains risques géopolitiques et monétaires, et il s’est une nouvelle fois affirmé comme valeur refuge lors des récentes crises internationales. Toutefois, d’autres segments tels que les actifs privés ou les stratégies axées sur les dividendes peuvent offrir un niveau de diversification plus élevé en période de volatilité. Pour certaines de ces approches de diversification, les ETF peuvent permettre une approche plus dynamique et plus agile des allocations – une considération cruciale pour les investisseurs lorsque le paysage macroéconomique évolue rapidement.
L’intelligence artificielle devient un thème macroéconomique et de marché plus large
L’intelligence artificielle gagne aujourd’hui en importance non seulement en tant que thématique technologique, mais également comme force macroéconomique majeure, avec des implications pour la croissance, la productivité, l’investissement et le leadership des marchés. Son impact ne devrait pas se limiter au groupe restreint de sociétés technologiques américaines qui dominent actuellement les marchés. Au contraire, il se déploie dans un écosystème beaucoup plus large qui englobe un plus grand nombre de secteurs que ce que l’on peut voir à première vue.
La dimension mondiale de la transition vers l’IA est particulièrement importante dans l’environnement actuel. Aucun pays n’est autosuffisant sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’IA, et plusieurs marchés asiatiques jouent un rôle clé, notamment dans la fabrication de semi-conducteurs et les chaînes d’approvisionnement en équipements. La Chine, la Corée du Sud, Taïwan et le Japon occupent des positions stratégiques au sein de cet écosystème, ce qui souligne l’intérêt de s’affranchir des seules grandes capitalisations américaines pour repérer des opportunités d’investissement à long terme.
Au-delà de son impact global, les effets économiques de l’IA devraient également être très hétérogènes selon les segments de marché. Les secteurs axés sur les services, tels que la technologie et la finance, pourraient bénéficier plus tôt des gains tout en subissant des disruptions, tandis que des secteurs comme l’industrie manufacturière ou l’agriculture pourraient être davantage concernés via des innovations connexes, comme la robotique intégrant l’IA.
À terme, l’IA pourrait soutenir une croissance plus robuste des bénéfices et contribuer à hisser la croissance économique au-dessus de ses moyennes de long terme, mais les gains ne devraient pas être répartis de manière homogène entre régions, secteurs ou entreprises. La sélectivité est donc déterminante. Si l’univers d’opportunités est amené à s’élargir avec la diffusion et l’adoption de l’IA, il est peu probable qu’il récompense les approches simplistes ou excessivement concentrées, et il pourrait nécessiter une intégration plus approfondie de la recherche dans les décisions d’allocation.
Les ETF offrent un accès efficient aux marchés au service de la sélectivité
Dans l’ensemble, il est de plus en plus difficile de s’y retrouver dans les hypothèses d’hier. L’inflation est plus persistante, la géopolitique constitue une source de risque plus permanente, la diversification traditionnelle est moins automatique, et la concentration des marchés impose une approche plus sélective des allocations.
Des thèmes structurels tels que l’intelligence artificielle peuvent continuer à soutenir la croissance de long terme, mais leurs bénéfices seront probablement répartis de manière inégale et modelés par un système mondial plus fragmenté. Cette dispersion accrue sur le long terme plaide pour une intégration bien plus poussée de la recherche afin d’éclairer les décisions de construction de portefeuille. Dans ce contexte, les ETF peuvent accompagner les investisseurs en leur permettant de réagir avec agilité aux chocs du marché dès qu’ils surviennent, et offrent un moyen à la fois flexible et efficiente de mettre en œuvre des décisions d’allocation fondées sur la recherche.
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